Novembre est enfin là, et autant s’y préparer : nous allons manger du GTA VI et du Zelda: Ocarina of Time à toutes les sauces au moins jusqu’à la fin du mois. L’espace médiatique s’apprête à être totalement saturé par ces deux géants, ne laissant que quelques miettes au reste du secteur. Et pendant qu’on s’apprête à être submergés par ce raz-de-marée, l’industrie continue d’être marquée par des mobilisations de fans, des crises sociales et des décisions politiques hors-sol.
Les fans au secours de Mass Effect
La fermeture de BioWare par EA la semaine dernière, et donc l’abandon du prochain Mass Effect, n’a pas fini de laisser un goût amer dans la bouche des joueurs. Une pétition « Save Mass Effect » a été lancée et rassemble aujourd’hui plus de 290.000 signatures ; elle encourage « le studio qui reprendra la saga à faire participer les développeurs ayant travailler sur le jeu ».
L’initiative a reçu le soutien de grands noms de l’industrie, notamment Jennifer Hale et Mark Meer, les deux voix du commandant Shepard. Certains fans ont également réclamé à Pocketpair de racheter la licence pour pouvoir continuer l’aventure dans l’espace. Mais malgré toute la ferveur des joueurs, la décision de revendre la saga reste entre les mains d’Electronic Arts, et tout cela ne rendra pas leur emploi à la cinquantaine de salariés de BioWare.
Des licenciements de masse chez Don’t Nod
Le studio derrière Life is Strange ou Lost Records: Bloom & Rage est toujours dans la tourmente et s’apprête à licencier jusqu’à 90 de ses 140 salariés. D’après le Syndicat des Travailleureuses du Jeu Vidéo (STJV), la sonnette d’alarme avait pourtant été tirée depuis bien longtemps chez Don’t Nod : la liquidation serait actée depuis près d’un an mais cachée aux équipes, et les employés ont continué à travailler sans savoir que leur post était déjà condamné. Pour couronner le tout, toujours selon le STJV, le plan cible quasi exclusivement les créatifs (découpés artificiellement en 47 catégories professionnelles pour viser des individus précis) tout en épargnant les fonctions de management.
Alors que le studio bénéficie de 5,6 millions d’euros de crédit d’impôt sous fond de condamnations pour harcèlement, ce sont une fois de plus les employés qui payent la note. Le CSE doit rendre son verdict le 3 novembre, avant que la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) ne donne son feu vert pour l’envoie des premières lettres de licenciement.
Taxe sur les gigaoctets : une Assemblée nationale à côté de la plaque ?
Passé de justesse en première lecture à l’Assemblée nationale avec 11 voix contre 10 dans un hémicycle pratiquement vide, un amendement proposant une taxe de 5,5 centimes par gigaoctets a provoqué un tolet parmi les Internautes. La mesure est censée cibler les géants de la tech pour les faire participer à l’effort fiscal, mais personne n’est dupe : c’est évidemment sur les consommateurs que ce surcoût va se répercuter.
Si on sort les calculatrices, on se rend par exemple compte que le simple téléchargement d’un jeu comme GTA VI ajoutera 11 euros à la factures. On vous laisse faire les comptes pour l’installation de n’importe quel jeu AAA, d’une mise à jour jusqu’alors gratuite où tout simplement d’une soirée film sur votre plateforme de streaming préférée. Ne nous affolons pas trop vite : cette mesure a peu de chances d’être réellement validée dans le budget, mais elle révèle surtout que notre classe politique semble bien déconnectée des réalités numériques.

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