C’est un véritable coup de tonnerre : après plusieurs mois de flou, Electronic Arts acte la fermeture du studio BioWare, bastion historique du RPG à l’occidentale. Baldur’s Gate, Dragon Age, Mass Effect… autant de licences qui ont façonné le genre. Pourtant, un tel poids historique ne représente que trop peu face à l’inexorable marche de la finance.
Car ce n’est pas qu’une question de jeux vidéo. La fermeture de BioWare est une conséquence du licenciement de 400 travailleurs au sein d’Electronic Arts, qui vise une réduction de 3% de sa masse salariale. Il s’agit de la suite logique, déjà annoncée ici, de l’acquisition d’EA par des investisseurs privés pour laquelle le studio s’était endetté à hauteur de 20 milliards de dollars.
BioWare, un passé glorieux pour un présent difficile
Si la fermeture de BioWare est aussi marquante, c’est bien car le studio fait partie de ceux qui ont marqué l’histoire du jeu vidéo dès les premières années après sa création. Déjà à travers Baldur’s Gate en 1998 puis avec Neverwinter Night en 2002, les développeurs ont participé à poser les fondations solides de ce que doit être un RPG sur ordinateur. Des fondations qui seront transposées sur console avec les sorties de Star Wars: Knights of the Old Republic et, sous la houlette d’Electronic Arts, Mass Effect en 2007.
Pour autant, c’est bien là qu’ont été plantées les graines d’un problème qui, en 2026, a fait de BioWare un studio méconnaissable. Sous la direction d’Electronic Arts, BioWare est poussé vers des projets courant après les tendances : un Dragon Age qui fait la girouette, tantôt jeu service, tantôt jeu solo, Anthem poussé à la sortie malgré ses défauts… le studio apparaîtrait comme n’étant que l’ombre d’un passé glorieux. Avec les échecs critiques et économiques qui en découlent.
Par un effet de chaîne, le studio perd dans le même temps beaucoup de ses développeurs vétérans, têtes pensantes de ses premiers succès, tels que David Gaider ou Mike Laidlaw. Une tendance qui continue en 2020 et culmine en 2025, avec une dernière vague de départs en janvier, alors que le studio travaille sur Mass Effect 5, considéré comme un projet de la dernière chance par beaucoup. Projet qui, en fin de compte, n’aura même pas le temps de voir le jour.
Plus que BioWare, Electronic Arts lâche le RPG
En réalité, il est certain que le destin de BioWare était scellé dès l’acquisition. Le RPG est un genre coûteux, en argent certes, en temps surtout. Electronic Arts ne dispose ni de l’un, ni de l’autre. Dans un studio devant rationaliser ses coûts, l’abandon du RPG apparaît évident. Le studio prévoit, plutôt, une stratégie centrée sur ce qui peut rapporter un maximum d’argent, le plus vite possible.
Dans sa communication, tout en annonçant la fermeture, la firme affirme concentrer son action autour d’Apex, Battlefront et EA Sports. Pour ce qui est du reste, les jeux d’action-aventure et les jeux lifestyle, l’objectif sera surtout de survivre en l’état. Des coupes dans les budgets et les équipes ont également lieu.
Au sein de toutes ces coupes, BioWare représentait une cinquantaine de postes. Lentement asphyxié par les ambitions d’Electronic Arts, siphonné de ses talents, sa fermeture représente un symbole. Un symbole dont il est difficile de mesurer l’impact, mais qui résonne déjà à travers l’industrie. Larian, CD Projekt Red, Bungie, Telltale Games… tant de studios qui ont déjà tenu à rendre hommage à l’histoire de BioWare.

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