Ça y est, le rachat d’EA par le PIF saoudien et d’autres investisseurs privés est officiellement acté. Voilà des mois que cette transaction historique à 55 milliards de dollars se préparait, avec toutes les questions qu’elle posait sur le soft power de l’Arabie saoudite et sur les éventuels risques d’ingérence. Auprès de nombreux joueurs et syndicats, la pilule ne passe toujours pas. Et alors qu’Electronic Arts a officiellement changé de mains ce 4 août, la facture s’annonce salée pour les équipes, qui risquent déjà le licenciement.
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Dans le communiqué officiel publié sur le site d’EA, c’est le festival des déclarations enthousiastes. Le PDG Andrew Wilson parle d’investissements audacieux à venir pour « bâtir la future génération de jeux et d’expériences pour des millions de joueurs ». Les autres membres du Consortium mettent eux aussi en avant l’innovation, la croissance, la création et « ce que l’IA peut faire pour améliorer le développement des jeux ».
En coulisse, la direction se restructure déjà avec la nomination de fidèles du groupe, tandis qu’Andrew Wilson vient d’encaisser une rémunération record de 38,5 millions de dollars pour l’année. Tout est présenté comme une transition placée sous le signe de la stabilité et de la puissance financière.
Entre les lignes, la réalité économique derrière ce rachat est bien différente. Pour comprendre ce qui attend EA, il faut décortiquer les mécanismes financiers en jeu. Tout d’abord, EA quitte le NASDAQ, la Bourse américaine où l’entreprise était cotée, et devient une entreprise entièrement privée. Les nouveaux propriétaires ont racheté cash 100 % des actions auprès des investisseurs et des employés.
EA is dEAd?
Les investisseurs, si riches soient-ils, n’ont pas sorti les 55 milliards de dollars de leur poche. En réalité, Electronic Arts a dû s’endetter à hauteur de 18 milliards de dollars. L’entreprise devra rembourser sa propre acquisition, avec environ 1,8 milliard de dollars d’intérêt à payer chaque année.
Selon Jason Schreier (journaliste chez Bloomberg) sur Bluesky, le calcul est vite fait : le bénéfice opérationnel brut annuel d’EA tourne autour de 1,5 milliard de dollars. Aujourd’hui, l’entreprise ne génère donc pas les revenus nécessaires pour couvrir ses dettes. La direction n’a pas tardé à rassurer les créditeurs.
Toujours selon Schreier, c’est un plan de réduction des coûts de 700 millions de dollars par an qui a été promis. Dans cette enveloppe, 170 millions sont réservés à « l’efficacité organisationnelle ». Si on retire la langue de bois, on comprend que ça se traduit en licenciements massifs, annulations de projets et fermeture de studios secondaires.
Et si on se doute qu’une telle transaction n’a pas été faite à la légère, on sait déjà qui paiera les pots cassés. La feuille de route semble donc être toute tracée : miser sur l’IA pour produire au moindre coût, essorer les grandes licences pour rembourser les dettes et se débarrasser de ce qui ne rapporterait pas assez.

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