En 2023, la licence Warhammer 40,000 se la jouait boomer shooter avec le très sympathique Boltgun. Run & gun très inspiré du Doom de 1993, le jeu était du pain béni pour les fans de la licence Warhammer, mais également pour les plus nostalgiques d’entre nous à la recherche d’un FPS fiévreux et mené sans temps morts. Beaucoup de reproches pouvaient être faits à l’opus de 2023 : un sentiment de lassitude arrivait rapidement de par la structure répétitive des missions et une impression de toute-puissance qui rendait beaucoup d’affrontements caducs. Warhammer 40,000: Boltgun 2 ambitionne de remanier la formule en proposant quelque chose de plus dynamique et moins monotone.
Amis de la finesse, de la légèreté et du bon goût, abandonnez tout espoir car Warhammer 40,000: Boltgun 2 poursuit sa démarche d’hommage aux FPS d’antan avec une volonté de frapper toujours plus fort et d’y aller encore plus loin dans la surenchère. Mais cette démarche bulldozer suffit-elle encore pour faire de Boltgun 2 un bon jeu dans une ère où les hommages pullulent ?
(Test de Warhammer 40,000: Boltgun 2 réalisé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur)
Encore et toujours pour l’Empereur !
Le Space Marine du chapitre des Ultramarines, Malum Caedo, est de retour ! Armé de son épée tronçonneuse, de son pistolet bolter et de son casque Corvus typique des Sternguards venus d’Ultramar, Malum revient vaporiser des légions entières d’hérétiques. Mais cette fois-ci, il n’est plus seul ! Il est accompagné par la Soeur de Bataille Nyla Veyrath et des troupes du Death Korps de Krieg pour empêcher un seigneur du Chaos de mettre en marche une machine pouvant convoquer les forces du Warp et annihiler des planètes alliées de l’Empire de l’humanité. Il n’en faut pas plus à nos deux héros du jour pour partir marcher sur les corps bouillants de leurs ennemis au nom de la démocratie et de l’Empereur, bien évidemment !
Tout comme celui de son aîné et celui de Doom, le scénario de Warhammer 40,000: Boltgun 2 n’est qu’un prétexte, à peine digne d’une série Z de science-fiction, à un déploiement toujours plus « over the top » de violence et de cartouches. Mais est-ce vraiment différent de ce que propose la licence en règle générale ?
Qu’il s’agisse des romans édités chez Black Library, des séries d’animation disponibles sur Warhammer+ ou même des jeux vidéo, le monde de Warhammer 40,000 est foisonnant et riche, mais les histoires y sont souvent réduites à leur plus simple expression. Dans le cas de Boltgun 2, cela a du sens et s’inscrit parfaitement dans la démarche d’hommage aux FPS du siècle dernier.
Toujours plus rapide et furieux !
Deux héros pour deux fois plus de carnage, c’est un peu comme ça que nous pourrions résumer la boucle de gameplay de Warhammer 40,000: Boltgun 2 qui s’est fluidifiée et améliorée par rapport au premier opus.
Chaque héros possède deux capacités qui lui sont propres. Nyla peut effectuer une très longue glissade en pointant son épée énergétique en avant et ainsi mettre quelques coups bien placés dans les jambes des adversaires. Cette glissade est également utile lors de l’exploration des niveaux et des phases de plateformes. Du côté de Malum, l’Ultramarine peut lancer des grenades à impact et effectuer un dash en avant en plantant brutalement son épée tronçonneuse dans le premier obstacle venu.
Le soldat à l’armure bleue est plus lourd, encaisse mieux les dégâts et possède un arsenal nettement plus dévastateur que celui de la Soeur de bataille. Sans pour autant parler de deux boucles de gameplay radicalement différentes, ces deux approches permettent de rendre un peu moins monotones les sessions de découpage d’hérétiques.
Entre les Space Marines du Chaos, les démons de Khorne, le Nurgle, les Emperor’s Children ou encore les créatures de Tzeentch, le bestiaire est nettement plus diversifié que dans le jeu de 2023. Nous ne sommes plus face à un unique ennemi, mais bel et bien à toutes les crapules qui se baladent dans l’immensité de l’univers Warhammer 40,000, et l’impression de répandre la justice divine de l’Empereur se fait encore plus ressentir.
Les combats sont dynamiques, les munitions ne manquent pas et la possibilité d’utiliser rapidement les différentes capacités de nos soldats de l’Empereur permet d’enchaîner les arènes sans difficulté et toujours avec une impression de démesure dans les combats qui fait plaisir à voir, en parfaite adéquation avec l’esprit Warhammer.
Les déambulations dans les niveaux sont nettement moins cryptiques que par le passé, alors que Warhammer 40,000: Boltgun 2 s’essaie à des zones plus ouvertes qu’à l’accoutumée. Les phases d’obtention de clés se résument à purger la présence hérétique dans une zone, et il nous suffit globalement de suivre les explosions et les corps qui explosent pour se diriger rapidement dans la bonne direction. Plus Doom que Quake de ce côté-là, Boltgun 2 corrige l’un des principaux reproches que nous pouvions faire à son aîné.
Une expérience hommage épuisante
Tout comme son prédécesseur, Warhammer 40,000: Boltgun 2 n’est pas sans défauts, et ces derniers sont, en partie, directement imputables au genre qu’il adopte : le boomer shooter. Dans cette suite, l’aventure est plus dense et vivante que jamais, mais son rythme s’essouffle bien trop vite et sa mécanique, bien trop vite exploitée.
Les modes et les envies évoluent, et depuis plusieurs années maintenant, nous assistons à un retour en force d’un style très ancré et emprunté aux jeux des années 90 et du début des années 2000. Doom, les premiers Elder Scrolls, Resident Evil, Hexen… Les genres et le gameplay sont passés à la moulinette d’une nostalgie et d’un sentiment que beaucoup affectionnent et recherchent dans leur partie.
C’est ce que représentent les deux opus de Boltgun : le retour à du run & gun pur et dur fait pour, et par les aficionados des aventures du Doomguy et autres figures mythiques du jeu vidéo. Mais les gloires d’antan sont ce qu’elles sont : des reliques vieillissantes aux boucles de gameplay, certes toujours efficaces et divertissantes, mais à la peine face aux propositions actuelles.
C’est exactement le cas de figure de Boltgun 2. Le jeu est une très bonne expérience régressive et jouissive, parfait hommage aux FPS d’id Software. Mais nous n’avons pas pu éviter une certaine lassitude en parcourant les terres désolées de l’univers infecté par le Warp. Les échanges de coups de feu s’enchaînent à une vitesse folle et le plaisir d’être aux commandes d’un Ultramarine et/ou d’une Soeur de bataille est bel et bien présent, mais c’est un sentiment de trop-plein qui se dégage de l’ensemble.
Contrairement à un Warhammer 40,000: Space Marine 2 qui savait parfaitement jongler entre passage de pur mise en scène et de contemplation et de destruction en règle, Boltgun 2 fait le choix de la surenchère à outrance. Pas jusqu’au dégoût, mais jusqu’à l’épuisement.
Le constat est sans appel : Warhammer 40,000: Boltgun 2 est une expérience incroyablement jouissive et simple à prendre en main. Les fans de l’univers créé par Games Workshop (votre testeur du jour en est un fervent défenseur) seront aux anges, et les joueurs désireux de retrouver une expérience proche de celle de Doom et Wolfenstein 3D ne seront pas en terres inconnues. Toutefois, nous sortons épuisé de la déambulation bourrine proposée par Boltgun 2. En imitant ses illustres modèles, le boomer shooter fait aussi le choix d’adopter ses points noirs et notamment l’installation d’une certaine lassitude et une absence de mise en scène qui ne permet pas de respirer entre les arènes. Délicieusement bourrin, mais trop pour réellement être pleinement efficace.


