Le premier Warhammer 40,000: Mechanicus, sorti il y a 8 ans, avait marqué les amateurs de la licence de Games Workshop avec une approche du tactical RPG plutôt maligne qui se rapprochait de l’ambiance et des sensations d’une partie de Warhammer sur table. Sans atteindre la profondeur d’un Warhammer 40,000: Rogue Trader, Mechanicus était un X-COM like très sympathique à la mécanique de course contre la montre qui forçait le joueur à effectuer les bons choix en sillonnant les différentes tombes Necrons.
Aujourd’hui, Warhammer 40,000: Mechanicus 2 débarque avec deux campagnes, un nouveau système de niveaux pour nos troupes et des combats tactiques qui promettent toujours plus de dilemmes stratégiques. Mais ce second opus se démarque-t-il suffisamment de son aîné pour justifier une nouvelle plongée dans les cryptes Necrons ?
(Test de Warhammer 40,000: Mechanicus 2 réalisé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur)
Deux campagnes, deux points de vue, deux manières de jouer
Première nouveauté de Warhammer 40,000: Mechanicus 2 : les deux campagnes distinctes. Les valeureuses machines de l’Adeptus Mechanicus sont à la recherche d’un monde pouvant leur fournir suffisamment de ressources pour continuer de servir l’Omnimessie. Mais dans leur recherche d’un monde exploitable, le chapitre réveille sans le vouloir un dieu Necrons endormi depuis 600 ans.
Chaque campagne suivra la même histoire, mais adoptera le point de vue de chacun, découvrant ainsi les motivations des uns et des autres. Une pirouette scénaristique simple, mais permettant d’incarner plus de personnages et de factions dans cette suite.
Passé le prologue mettant en place le scénario et les enjeux, nous avons le choix entre incarner les agents de l’Adeptus Mechanicus ou les machines éternelles Necrons. Chaque classe possède sa manière de jouer, mais surtout une façon d’aborder les menaces et les situations. Sans grandement bousculer la boucle de gameplay, les Mechanicus comme les Necrons se jouent d’une manière différente. Les premiers sont plus en lien avec la technologie et peuvent plus facilement déstabiliser les Necrons grâce aux différentes capacités des agents de l’Imperium. L’Adeptus Mechanicus comprend et ressent l’esprit de la machine, ce qui en fait un adversaire redoutable contre les troupes Necrons.
Les Necrons quant à eux comptent plus sur le nombre et l’agressivité. Véritable ruche de machines mortes-vivantes, les disciples de Szarekh sont très efficaces à longue distance, peuvent se réveiller après avoir été mis hors combat et peuvent appeler des nuées de Canoptek lors des affrontements. Plus simple à jouer que les Mechanicus, les Necrons ont pour eux la force de frappe et du nombre, mais restent toutefois relativement fragiles face à certains adversaires.
Un X-COM like certes, mais avec quelques variantes
Dans les faits, que valent Warhammer 40,000: Mechanicus 2 et ses deux campagnes ? Force est de constater que les deux campagnes et les deux factions différentes ne sont pas qu’un simple cosmétique apposé à l’un ou à l’autre. Les deux campagnes sont réellement différentes et le gameplay se trouve légèrement changé, suffisamment pour avoir une impression de deux jeux en un.
Sans atteindre le niveau d’action d’un Warhammer 40,000 Chaos Gate, la campagne Necrons est celle qui demande le moins d’investissement stratégique. Très souvent, en fonçant au cœur de la mêlée ou en se contentant de tirer à tout va sur le premier Mechanicus venu, les Necrons sortent vainqueurs. De plus la compétence leur permettant de ressusciter au bout de 3 tours une fois tombé au sol, le tout appuyé par un pouvoir du chef d’escouade pouvant annuler l’attente, vous ne serez que très rarement à court de troupes.
Dis comme ça, Mechanicus pourrait passer pour un simple RPG d’action où les placements et la stratégie ne comptent pas, mais nous aurions bien tort de le penser. En effet, la vie de nos troupes ne se régénère pas entre les escarmouches et si le début de la descente dans les tombes Necrons se fait dans une effusion de métal et de destruction, la suite des événements peut bien vite devenir plus compliquée. Qu’il s’agisse de l’Adeptus Mechanicus ou des Necrons, le placement et le choix des différentes attaques sera primordial pour atteindre la fin du donjon sans encombres. Ces derniers se clôturant irrémédiablement par un combat de boss.
Comme pour encore plus nous inciter à ne pas foncer tête baissée, une dimension aléatoire est toujours présente lors des phases d’exploration des tombes. Parfois, des événements se présentent à nous comme la découverte d’un cadavre ou d’une porte et en choisissant une des options à notre disposition, un jet de dès virtuel décide de l’issue de notre choix nous octroyant ou non des bonus pour améliorer nos unités une fois la mission terminée ou bien un malus qui nous rendra plus vulnérable aux assauts de nos ennemis. Le système d’amélioration de nos unités dépendra aussi du chef d’escouade avec lequel nous partons au casse-pipe, les unités allouées et autres compétences différeront selon le héros choisi. Enfin, un arbre de compétence très simple complète l’ensemble et permet d’attribuer des capacités spécifiques concernant les statistiques du chef de guerre, mais aussi aux soldats l’accompagnant.
L’Omnimessie à encore quelques branchements à revoir
Pendant nos parties sur PlayStation 5, nous avons subi à de nombreuses occasions des ralentissements plutôt gênants. À chaque mort d’un adversaire, le jeu freeze et le changement entre la vue tactique et la vue normale occasionne quelques ralentissements. Ces bugs ne sont l’affaire que de quelques secondes, mais coupent l’immersion et la satisfaction d’avoir triomphé d’un ennemi. Le jeu ne permettant pas de basculer entre les modes performances et qualité, nous nous sommes retrouvés forcés de subir ces nombreux ralentissements. De plus, lors des chargements entre les missions, il est arrivé au jeu de simplement crasher avant de retourner à l’écran d’accueil de la PlayStation.
Enfin, Warhammer 40,000: Mechanicus 2, malgré une formule toujours aussi efficace, montre relativement vite ses limites au bout de quelques heures. Après avoir effectué plusieurs missions aux côtés de l’Adeptus Mechanicus et des Necrons, nous avons très vite compris quelle faction serait la plus simple à jouer pour découvrir le fin mot de l’histoire. De plus, les différents points d’amélioration des troupes ne servent pas à grand chose à partir du moment ou nous comprenons exactement ou il faut nous placer durant les escarmouches. Les combats deviennent vite très simples et l’avancée dans les tombes Necrons très rapide.
Simple mais pas simpliste, voilà ce qui pourrait résumer ce Warhammer 40,000: Mechanicus 2. Le jeu a pour lui d’être plus simple que son aîné pour aller recruter un nouveau public voulant se lancer dans l’expérience Warhammer 40,000 par le biais d’un RPG tactique. Décevant pour les fans de la première heure, mais idée relativement séduisante pour les néophytes de l’univers et du genre.
Warhammer 40,000: Mechanicus 2 est une très bonne suite du premier opus. Sans pour autant révolutionner la formule, le jeu reste solide sur ses appuis et nous offre une descente en territoire Necrons addictive et tactique qui a le pouvoir de nous accaparer plusieurs heures durant sans nous en apercevoir. Reste que Mechanicus 2 souffre encore des mêmes problèmes techniques que son aîné. Le bond d’une génération de machine à une autre aurait pu arranger les choses, mais il n’en est rien. Espérons que pour un éventuel Mechanicus 3, ces problèmes soient réglés et que le jeu s’accorde une folie créative pour encore plus accrocher les fans de Warhammer que nous sommes (et que vous êtes aussi probablement).


