Balatro pourrait changer de main dans les jours à venir : son éditeur, Playstack, sera vendu à Integrated Media Company une fois que les actionnaires de TruFin, l’actuel propriétaire de l’éditeur, auront confirmé l’intention de vente. Bien qu’impliqué dans l’industrie du jeu vidéo, Integrated Media Company a surtout été un acteur à la marge, spécialisé dans le volet médiatique jusqu’à présent.
Pour être plus exact, ce sont 84,5% des parts de Playstack qui devraient être vendues, pour un bénéfice net de presque 130 000 euros. Ce sera un premier pas concret pour Integrated Media Company dans l’édition de jeu, qui fera passer Playstack sous contrôle américain. L’éditeur devrait être intégré dans la stratégie du fond d’investissement, qui possède déjà Gamespot, un média américain, ainsi que Fandom, un hébergeur de wiki particulièrement populaire dont les pages ne se limitent pas au jeu vidéo.
Concrètement, quels changements pour Playstack ?
Que ce soit du côté de Playstack ou d’Integrated Media Company, les déclarations se veulent rassurantes. Harvey Eliott, PDG de Playstack, explique bien qu’il s’agira surtout d’un changement de propriétaire, et que l’impact ne s’en ressentirait pas sur la ligne éditoriale.
Le studio devrait continuer à soutenir des projets indépendants, ce qui lui a bien réussi jusqu’à présent. Forcément, on pense d’abord à Balatro, cependant, ce n’est pas le seul atout de l’éditeur. Lors du dernier bilan financier de TruFin, le fond d’investissement britannique a fait valoir que près de 85% des projets suivis par Playstack étaient rentables, avec un chiffre d’affaire total atteignant les 100 millions de dollars sur Steam et 20 millions de téléchargements cette année, tous titres confondus.
Un élément important à peser dans l’équation : dans ce jeu d’acquisition et de revente, le cas de Playstack et d’Integrated Media Company est un peu moins commun que les grandes acquisitions qui ont pu occuper l’actualité ces derniers mois. Plutôt que d’entrer par la grande porte, c’est en mettant la main sur un acteur plus petit, mais ayant déjà accumulé plusieurs succès et une reconnaissance certaine dans l’industrie que le fond d’investissement arrive sur le marché.
Dans ce cadre, la relation au public est particulièrement importante, ce qui explique la vitesse à laquelle Harvey Elliott s’est empressé de rassurer le public habituel des sorties de Playstack, avant même la confirmation du rachat. En tant qu’éditeur spécialisé dans l’indépendant, il est logique de s’interroger sur la liberté que le studio conservera une fois sous la houlette d’un autre fond d’investissement, qui, par définition, vise une rentabilité rapide et exponentielle.
Ainsi, si, pour l’instant, beaucoup de vœux pieux sont professés, il faudra voir l’évolution et la variété du catalogue de l’éditeur une fois le rachat confirmé. L’environnement proposé par Integrated Media Company est certes attractif car il permet d’avoir accès à un réseau médiatique riche, cependant il faudra s’assurer de ne pas s’aliéner son public originel avec un catalogue plus limité, manquant de richesse.

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