Parmi les moyens mis en place par Gamescom pour s’octroyer une place de choix au sein de l’industrie, le salon s’exporte : désormais, en plus du salon habituel de Cologne en août, on retrouve une date en Asie, lors du mois d’octobre, et une date à Sao Paulo, qui avait lieu ce week-end. La Gamescom Latam est l’occasion de mettre en valeur l’industrie sud-américaine, ses studios et ses projets.
C’est surtout la scène indépendante qui a brillé. Si, bien entendu, les grands studios et éditeurs avaient fait le déplacement, c’était surtout pour s’afficher, sans réelle annonce à faire. Les indépendants ont donc pu prendre la majorité de l’espace, qu’il soit question des jeux à l’essai, ou des jeux présentés.
Mais à quoi peut-on jouer à la Gamescom Latam ?
Logiquement, beaucoup de jeux mis en valeur lors de l’événement mettent en scène la culture des pays d’Amérique du Sud dans des ambiances variées. Pour les amateurs de Metroidvania, on pouvait donc retrouver Mariachi Legends, qui propose au joueur de prendre le rôle d’un détective faisant un pacte avec la Mort pour traquer des criminels dans sa ville.
En restant du côté des récits plus sombres, Black Sailors: Bay of all saints a été particulièrement remarqué. Le jeu invitera les joueurs à prendre la direction d’une flotte d’anciens esclaves devenus pirates pour réécrire l’histoire sur l’océan atlantique à coup de batailles navales au tour par tour.
Dans une ambiance plus loufoque, Caravana 2000 sera un rogue-like nerveux, au récit imprévisible et surprenant, dans une tradition brésilienne typique. Le jeu a particulièrement été remarqué dans sa représentation d’une esthétique colorée et surréaliste. Si le jeu s’est fait discret lors de la présentation, il est plutôt attendu grâce à sa proposition, qui est pleine de promesses, à voir s’il réussira à les accomplir.
Enfin, dans une atmosphère plus calme, on note deux derniers projets. Abigail, un jeu narratif, mènera le joueur à réconcilier un groupe d’amis en jouant à un jeu typique de la région, l’Azulejo. Dans un autre style, Sunny Trails se vend comme un RPG cozy qui invitera les joueurs à explorer une île brésilienne.
Bien sûr, les studios sont aussi influencés par toutes les cultures étrangères, c’est pourquoi on retrouve trois titres fortement influencés par le Japon : Hyperyuki, jeu de course à snowboard, Gurei, composé de combats de boss exigeants transportant le joueur à travers le folklore shintô et Koseki, qui raconte l’histoire de Hayato, un samurai déchu. On retrouve aussi, bien entendu, les Etats-Unis, avec le jeu d’enquête The Shadow Syndicate, fortement influencé par les films noirs. Enfin, la culture celtique s’illustre avec Soul Quest, jeu d’action où le joueur devra affronter différentes divinités pour sauver sa bien-aimée.
Il ne s’agit que d’une sélection de jeux, toutefois, cela souligne la richesse de la scène, en plein essor. Le consensus actuel, notamment soutenu par des exécutifs d’Epic Games, Sony ou Blizzard lors d’une présentation lors de cette Gamescom Latam, place l’Amérique du Sud dans un moment à la croisée des chemins.
L’industrie sud américaine est suffisamment développée pour être remarquée et appelée en renfort sur les projets de gros studios américains ou européens. Elle reste cependant trop fragile pour voler de ses propres ailes. Et de fait : quand on regarde la scène indépendante présentée lors de cette Gamescom Latam, la créativité est là.
D’après Eliana Russi, gérante de la zone réservée aux professionnels lors de l’événement, c’est avant tout une question d’argent. Comme d’habitude, avoir les moyens de ses ambitions, c’est le nerf de la guerre. Elle estime que la première solution, ce serait d’impliquer plus fortement le gouvernement dans le financement, notamment à travers des avantages qui seraient proposés aux investisseurs étrangers qui viendraient injecter de l’argent dans l’industrie locale.
Quelques histoires démontrent déjà que l’investissement à l’échelle locale par le gouvernement fonctionne : le studio derrière Black Sailors n’a pu tenir le cap uniquement grâce à une bourse régionale reçue par le développeur principal du titre, Tiago de Melo Prudente.
Alors que le public faisant le déplacement pour la Gamescom Latam est en essor (l’édition 2025 avait vu une hausse de 30% par rapport à 2024), Eliana Russi fait valoir que l’espace sud américain dispose déjà de ce qu’il faut pour fonctionner. Des talents aux réseaux de communication, tout est là. Maintenant, il ne reste plus qu’à voir si, comme le souhaitent les acteurs du milieu, l’industrie recevra un petit coup de pouce.

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