Ce début d’année 2026 fut riche en propositions éclectiques. Du looter-shooter avec Marathon au RPG avec Crimson Desert en passant par le survival horror tartiné d’action avec Resident Evil: Requiem, nous avons eu le droit à des propositions toutes différentes et intéressantes. Et aujourd’hui, c’est encore vers tout autre chose que les joueurs vont pouvoir s’orienter avec Le jour où je suis devenu un oiseau. Quelque part entre le visual novel, le jeu d’aventure narratif et le puzzle game, cette adaptation de l’album jeunesse d’Ingrid Chabbert est une petite curiosité qui ne laissera personne indifférent.
Derrière cette curieuse adaptation se trouve le développeur Numskull Games qui a eu à cœur de proposer une expérience de prime abord douce et orientée pour un plus jeune public. Mais Le jour où je suis devenu un oiseau n’est-il que cela ? Ou propose-t-il une expérience plus profonde qui nous replonge avec tendresse dans les méandres de l’enfance ?
(Test de Le jour où je suis devenu un oiseau sur Nintendo Switch réalisé à partir d’un code fourni par l’éditeur)
Frank, ou l’odyssée du cœur
Frank est un petit garçon espiègle, curieux et joyeux qui évolue dans un univers entièrement composé au crayon et à l’aquarelle. Quand il se lève le matin, il câline son chien et se prépare sagement pour aller à l’école. Entre deux frappes dans son ballon de foot, Frank enfourche son vélo et part à toute berzingue dans les rues de sa ville en direction de l’école primaire. Mais ce matin-là n’allait pas être comme les autres. Après une chute à vélo, le jeune protagoniste croise la route de Sylvia, une petite fille qui semble être très intriguée par un arbre dans lequel sont nichés plusieurs oiseaux. Frank n’ose pas approcher et reprend sa route.
Mais quelle ne fut pas sa surprise une fois arrivé en classe de croiser le regard de la petite Sylvia. Le cœur de Frank bat la chamade. Mais que se passe-t-il ? Pourquoi le monde semble s’arrêter de tourner quand il la regarde ? Frank ne le comprend pas encore du haut de son jeune âge, et les petits papillons qu’il croit sentir dans son ventre sont le témoin de sentiments naissants pour Sylvia. Mais voilà, la jeune fille ne semble avoir d’yeux que pour les oiseaux. Qu’à cela ne tienne ! Frank deviendra un oiseau et le plus beau de tous pour enfin plaire à Sylvia. Est-ce les plumes ou l’amour qui donne des ailes ?
Le gameplay comme simple fil narratif
Le jour où je suis devenu un oiseau est divisé en 4 jours qui représentent grossièrement 4 niveaux. Tout au long des différentes journées, vous prendrez le contrôle de Frank qui devra effectuer plusieurs petites tâches dans son environnement : trouver des morceaux de dessins déchirés, mettre la main sur différents objets dans un parc… Les contrôles sont simples et réduits à leur plus simple expression. Ces petits objectifs aident à comprendre un peu mieux le monde qui entoure le jeune protagoniste et sont autant de chemins vers d’autres phases de gameplay qui tendent à un seul et unique objectif : devenir un oiseau !
Les autres petites phases de gameplay consisteront à découper des planches de carton ou à trouver les meilleurs matériaux pour fabriquer son costume. Toutes ces phases sont scriptées, l’expérience n’étant pas un jeu de craft, mais elles illustrent tout de même un autre propos qui est central dans Le jour où je suis devenu un oiseau : la créativité et l’imaginaire des enfants.
Pour encore plus appuyer sur la dimension imaginaire, toutes les nuits Frank rêve de Sylvia mais également de ce qu’il devrait faire pour convaincre la jeune fille de s’intéresser à lui. Ces rêveries sont représentées sous la forme de puzzles qui verront le nombre de pièces augmenter au fur et à mesure des nuits. Une fois complétés, les puzzles représentent ce que Frank espère et permettent au jeune garçon de passer sereinement la nuit. Toutes les phases de gameplay sont donc essentielles au bon déroulé de l’odyssée de Frank. Chaque choix, chaque énigme, chaque puzzle réalisé par le joueur permet à Frank d’avancer un peu plus encore vers son rêve.
Immersif et touchant, un jeu où vous n’êtes pas que spectateur
Bien que les différentes phases de gameplay soient courtes et relativement simples, elles ne sont pas inutiles pour autant. Dans Le jour où je suis devenu un oiseau, vous n’êtes pas que spectateur des aventures de Frank. En réalisant toutes ces petites actions qui peuvent paraître anodines, nous sommes directement plongés dans l’histoire de Frank et bien que le jeu puisse se terminer en une petite heure, nous sommes plus que jamais attachés à ce jeune garçon et investis dans sa mission. Les puzzles nous permettent d’accompagner Frank dans son cheminement, les recherches d’objets nous permettent de l’aider de manière plus frontale… Tout est mis en œuvre pour que nous soyons investis.
Nous sommes directement plongés dans le bain de l’enfance et bon nombre d’entre vous se souviendront, en accompagnant Frank, de certains moments de la leur. Le courage d’entreprendre quelque chose de fou et les moqueries qui s’en suivent, la naissance des sentiments mais aussi la perte d’une certaine forme d’innocence liée à l’enfance.
Le jour où je suis devenu un oiseau est un jeu qui ne plaira pas à tout le monde, c’est un fait. Mais c’est un jeu qui a beaucoup de cœur, qui arrive à faire que l’on s’investit dans son histoire et qui nous replonge en enfance le temps d’une petite heure. Rien que pour cela et même s’il se destine avant tout à un jeune public, le travail de Numskull Games est chargé de bonne volonté et respecte son matériau d’origine. L’amour donne bel et bien des ailes et ça, personne ne pourra dire le contraire. N’est-ce pas Frank ?
Le jour où je suis devenu un oiseau n’est pas un jeu comme les autres. C’est une expérience, un petit moment de douceur qui nous ramène aux bons souvenirs de nos premiers amours, de nos premières expériences avec de forts sentiments. Juste, touchant et simple, le jeu est un véritable cocon de bonheur qui nous prouve qu’un bon jeu ce n’est pas qu’un gameplay, mais aussi une histoire qui nous parle et qui nous attendrit comme celle de Frank et de son amoureuse Sylvia. Les choses les plus simples sont souvent les meilleures et Le jour où je suis devenu un oiseau en est le parfait exemple.


