Un jeu représente à lui seul le genre de la simulation de vie : depuis vingt-cinq ans, ce sont les Sims qui ont posé les jalons et forgé les habitudes des joueurs. Les titres qui peuvent lui faire concurrence sont pour ainsi dire inexistants, et les fans du genre, parfois lassés, scrutent avec attention les nouvelles propositions qui viendraient enfin les libérer d’EA. Mais les rares tentatives ces dernières années se sont cassé les dents, entre un Life by You avorté et un InZOI prometteur, mais déjà délaissé par les joueurs.
C’est donc avec une impatience prudente qu’on attendait Paralives. Le jeu, développé par une petite équipe québécoise et financé par la communauté, avait de quoi attiser notre curiosité. Les images montrées au cours de ces sept dernières années réussissaient à vendre du rêve à tout fan frustré des Sims : plus de personnalisation, une liberté quasiment infinie dans le mode construction, et surtout la promesse d’un jeu qui serait mis à jour gratuitement, sans avoir à sortir la carte bleue pour des dizaines de DLC. Aujourd’hui en accès anticipé, Paralives parvient-il à être une bonne simulation de vie, ou est-ce simplement un joli jeu de construction de maisons destiné, lui aussi, à l’oubli ?
(Test de Paralives en accès anticipé sur PC à partir d’une clé fournie par l’éditeur)
Liberté, j’écris ton nom !
C’est dans un train que s’ouvre la partie de Paralives. Le jeu nous propose de choisir une famille parmi les passagers présents, ou de créer notre propre Para pour s’installer en ville. La création de personnages donne tout de suite le ton : ici, on aura une liberté totale. Chaque partie du visage peut être modelée à l’envie avec des dizaines de sliders, on peut donner des traits asymétriques à notre Para, et même personnaliser sa taille. De petits détails qui permettent pourtant de faire des personnages plus uniques et réalistes.
Une fois arrivé en ville, on peut emménager dans un logement déjà existant ou construire le nôtre. Le mode construction est sans doute le meilleur du genre : absolument tout est libre et personnalisable. Chaque mur, chaque fenêtre, chaque meuble peut être étiré, réduit, positionné sans restriction. Une roue de couleurs et de textures permet de modifier tous les éléments comme on le veut : si le catalogue d’habits et de meubles semble encore un peu vide aujourd’hui, toute cette personnalisation vient combler cette sensation de manque.
Bien installé chez lui, notre Para peut commencer à vivre sa vie. Paralives nous propose de vivre dans une charmante petite ville, avec son centre historique, sa plage et sa campagne. Le tout en monde ouvert ! On peut facilement passer d’un foyer à l’autre, entrer dans les lieux publics ou visiter les boutiques, quasiment sans temps de chargement. L’expérience est très agréable, et on prend plaisir à explorer la ville, à faire ses courses et à se balader avec notre personnage.
Une simulation de vie sans vie ?
Niveau gameplay, Paralives propose tout ce qu’on attend d’une simulation de vie : notre personnage peut travailler, développer ses compétences, fonder une famille… Le jeu a également un système de collections pour remplir le musée de la ville, et des panneaux permettant de récupérer tous les jours des quêtes à réaliser pour les autres habitants.
Malheureusement, aussi charmante soit la ville, l’exploration tourne vite en rond. Les autres Para sont des PNJ qui n’interagiront pas avec le nôtre ou entre eux sans qu’on leur demande. Les activités sont pour l’instant assez limitées, avec des Para qui semblent dénués de vraie personnalité malgré les options censées permettre de leur donner un caractère unique.
Les interactions sociales sont particulièrement frustrantes, et n’aident pas cette sensation de lenteur et de limitations. Au lieu de choisir un sujet de conversation, on ne peut que parler et regarder une jauge se remplir. C’est seulement là qu’on nous proposera quelques options de dialogue. Certaines fonctionnent à la manière d’un jet de dés pour voir si l’interaction est réussie, avec des bonus ou des malus en fonction de notre humeur. Dans l’ensemble, cela rend les dialogues très mous et ennuyants. Mais le jeu étant encore dans sa phase d’accès anticipé, on imagine que tout cela sera amélioré au fil du temps.
Toutes les nuits, un narrateur nous propose de tirer une carte censée pimenter la partie : une nouvelle envie pour le Para, un bonus d’argent… Malheureusement, c’est insuffisant pour rendre les journées intéressantes. Comme souvent avec les simulations de vie, il faudra utiliser son imagination pour créer des histoires.
Paralives est un jeu très cosy, qui devrait plaire aux fans de simulation de vie qui aiment avancer doucement dans leurs parties. Les joueurs qui préfèrent avant tout construire ou créer des personnages se régaleront. Ceux qui jouent surtout pour se raconter des histoires pleines de rebondissements et de chaos risquent cependant d’être déçus.
Difficile de juger Paralives sans le comparer aux Sims 4. C’est un jeu à part entière, et il n’a pas à rougir face au géant du genre. Aujourd’hui, les deux titres sont au coude à coude sur Steam en termes de nombre de joueurs ! N’oublions pas que Paralives est encore en accès anticipé : les quelques bugs et animations manquantes devraient être corrigés dans les prochaines semaines. D’autres fonctionnalités (les saisons, les animaux, le calendrier…) sont aussi prévues durant cette phase. Le problème du jeu ne réside pas là, mais bien dans son aspect simulation, encore un peu sommaire. Et c’est bien là le défi le plus colossal qui attend les équipes.


