Difficile de passer à côté de Tomodachi Life : Une vie de rêve depuis sa sortie. Treize ans se sont écoulés depuis le premier opus sur Nintendo 3DS. Autant dire que les attentes étaient immenses pour les fans, ravis de retrouver son univers si atypique. Les trailers laissaient entrevoir une personnalisation infinie, des situations loufoques comme on les aime, et des Mii toujours plus singuliers. Le retour de Tomodachi Life est-il à la hauteur de toutes ses promesses ?
(Test de Tomodachi Life : Une vie de rêve réalisé sur Nintendo Switch à partir d’une version fournie par l’éditeur)
Ma petite four-mii-lière
Le gameplay de Tomodachi Life est assez unique en son genre. À la croisée des chemins entre les Sims et Animal Crossing, le jeu a la particularité d’être plus basé sur l’observation que sur l’action, comme une fourmilière fascinante à regarder. Ici, on crée ses Miis, on les installe sur une île, et on voit ce qui se passe. Impossible de contrôler les personnages ou de choisir leurs actions (même si on peut fortement les influencer) : il s’agira plutôt de s’occuper d’eux et de s’amuser à découvrir les interactions entre eux.
Chaque Mii s’installe dans sa maison, prêt à vivre sa petite vie sur notre île. À nous d’acheter des aliments qu’il aimera, de lui offrir des vêtements et de la décoration qui lui plairont, et de lui faire rencontrer d’autres personnages. Deviendront-ils amis ? Formeront-ils un joli couple ? C’est un peu le hasard qui en décidera.
Quand les Miis sont heureux, ils gagnent des niveaux qui permettent de leur offrir des cadeaux pour les rendre encore plus uniques : objets à utiliser sur l’île, démarche, expression… les possibilités sont nombreuses, les combinaisons infinies. Le bonheur accumulé des Miis sert ensuite à améliorer l’île et à débloquer de nouveaux bâtiments, comme un restaurant ou une grande roue, où les personnages auront de nouvelles interactions.
Mario, ma grand-mère et Jul entrent dans un bar
Tout l’intérêt de Tomodachi Life : Une vie de rêve réside justement dans cet aspect aléatoire. Les Miis peuvent représenter absolument n’importe qui, que ce soit des personnages bien connus de la pop culture ou des proches du joueur. La seule limite est l’imagination, et les options de personnalisation sont assez poussées pour recréer fidèlement qui on veut.
On s’amuse donc à voir ses amis interagir avec ses personnages de fiction favoris ou avec des célébrités, dans des situations toujours complètement loufoques. Au fil du jeu, le « lexique de l’île » s’étoffe avec les mots et expressions qu’on aura nous-mêmes écrits, et que les Miis utiliseront naturellement dans leurs conversations. C’est un plaisir de découvrir sans cesse de nouvelles petites scènes, de voir des amitiés improbables se créer ou d’assiter à la formation de triangles amoureux.
Mais ne nous voilons pas la face : Tomodachi Life reste un jeu relativement répétitif. Même si les objets proposés dans les boutiques changent tous les jours, et que les Miis proposent régulièrement quelques mini-jeux à faire avec eux, les parties se limiteront généralement à des sessions courtes, mais régulières. On regrettera également la disparition des concerts qu’on pouvait organiser avec nos Miis dans l’opus 3DS, ainsi que la fin des bébés, qui deviennent immédiatement des enfants sans nous laisser la possibilité de jouer avec.
Personnalisation infi-mii
La grosse nouveauté de ce Tomodachi Life : Une vie de rêve, c’est la possibilité de personnaliser absolument tout sur notre île ! Si on pouvait déjà customiser les Miis dans le premier jeu, les options sont beaucoup plus poussées ici. Nintendo permet enfin de faire des personnages LGBT, pour coller davantage à la réalité. Il était temps ! Mais c’est surtout la nouvelle option « maquillage » qui est impressionnante. Grâce à elle, on peut totalement redesigner les personnages pour ajouter autant de détails que l’on veut.
L’île de cet opus Switch est elle aussi complètement modulable. On peut placer les bâtiments où l’on veut, ajouter des décorations, ou tracer des routes à volonté. Là encore, l’imagination est la seule limite, et c’est en améliorant le niveau de son île qu’on débloquera toutes les options.
Une fois l’atelier de création obtenu, on peut absolument tout dessiner. Nouveaux bâtiments, vêtements, animaux de compagnie, objets, nourriture… C’est le même menu que celui du maquillage qui sert à créer ce dont on a besoin pour rendre notre île et ses habitants totalement uniques.
Nintendo a choisi de ne rien restreindre à ce niveau. Aucun personnage, aucune image, aucun mot n’est interdit pour nous permettre d’être totalement libres avec nos créations. Le retour de bâton, c’est que le partage ne peut se faire qu’en local pour limiter le contenu non approprié en circulation. Là où Tomodachi Life sur 3DS permettait de télécharger n’importe quel Mii avec un QR code, c’est une vraie régression, autant qu’une frustration pour les joueurs qui n’ont pas une âme d’artiste et qui aimeraient avoir toutes ces belles créations sur leur île.
Toujours aussi inclassable qu’efficace, ce Tomodachi Life : Une vie de rêve est une réussite, par son humour et par ses options de personnalisation plus abouties. Le gameplay reste unique en son genre, et pourra demander un temps d’adaptation même aux habitués des jeux cosy plus classiques. Malgré tous les ajouts qui en font un jeu beaucoup plus complet que son prédécesseur, on regrette simplement que des éléments pourtant présents dans la version 3DS il y a treize ans manquent à l’appel sur cette version Switch.


