Les vagues de licenciements qui secouent l’industrie du jeu vidéo depuis 2023 ne semblent pas vouloir se calmer. Le cabinet de recrutement spécialisé Skillsearch vient de publier son rapport annuel « Salary & Satisfaction » pour 2026, et le constat est encore une fois douloureux.
Mille professionnels ont été interrogés partout dans le monde entre novembre 2025 et février 2026, majoritairement au Royaume-Uni et en Europe de l’Ouest. Le tableau qui en ressort est celui d’une industrie toujours sous une extrême tension, qui se demande de plus en plus si elle vaut encore la peine qu’on y reste.
La saignée continue dans le secteur
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 22 % des répondants ont été licenciés au cours de la dernière année, et 12 % supplémentaires l’avaient déjà été auparavant. Seulement 35 % déclarent n’avoir été ni personnellement touchés ni témoins de licenciements dans leur studio. Autrement dit, deux tiers de l’industrie ont vécu la crise de près. Les causes principales ? Réduction des financements, coupes budgétaires, manque de projets.
Résultat logique, 44 % des professionnels interrogés ont envisagé de quitter le secteur. Au Royaume-Uni, le pays le plus touché selon le rapport et qui représente 43 % des répondants, ce chiffre grimpe à 76 % de personnes qui envisagent de chercher un emploi en dehors de l’industrie en 2026.
Parmi ceux qui ont déjà été licenciés et ont retrouvé un poste, seulement 27 % se sentent en sécurité dans leur nouveau rôle. Trouver un emploi a pris entre un et trois mois pour un tiers d’entre eux, mais 8 % ont attendu plus d’un an.
L’IA, toujours moteur d’inquiétude
L’autre sujet qui traverse le rapport, c’est évidemment l’intelligence artificielle. Près de la moitié des professionnels interrogés se disent préoccupés par sa montée en puissance, et 64 % estiment qu’elle a un impact négatif sur la créativité de l’industrie.
Les craintes principales tournent autour de la sécurité de l’emploi, de la perte d’authenticité créative et des questions éthiques. Ironie du sort, plus de la moitié des répondants déclarent que leur entreprise a déjà adopté des outils d’IA, mais seulement 29 % indiquent que leur studio dispose d’une politique éthique claire sur le sujet.
Le rapport pointe également les métiers les plus exposés aux licenciements : les postes artistiques arrivent en tête, suivis des profils seniors et des employés comptant plus de dix ans d’expérience. C’est-à-dire exactement les profils que l’IA est censée pouvoir remplacer ou compresser en premier.
Au-delà du tableau d’ensemble, le rapport regorge de données (salaires par poste, par région, par niveau d’expérience, etc.), qui peuvent s’avérer très utiles pour quiconque travaille dans l’industrie du jeu vidéo.
Connaître la moyenne des salaires, ou savoir ce que gagne un profil junior dans sa spécialité, c’est le genre d’information qui ne se trouve pas facilement ailleurs et qui peut devenir une arme redoutable au moment de négocier une augmentation, d’évaluer une offre ou simplement d’avoir des revendications. Et dans un secteur aussi secoué, savoir exactement où l’on se situe est devenu une nécessité.

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