Co-fondateur de Rockstar Games avec son frère Sam, Terry Donovan et Jamie King, Dan Houser est celui qui a fait de GTA le plus grand jeu vidéo du monde, et peut être désormais le produit culturel le plus important de la planète. En 2001, il est co-scénariste et producteur de GTA III, le titre qui définit réellement ce que sera le monde ouvert pour les 25 ans qui suivront. Viennent ensuite Vice City, San Andreas et GTA IV, dont il est responsable de l’écriture. On le retrouve en 2010 en charge de la narration de Red Dead Redemption et de sa suite, deux titres exceptionnels dont l’écriture est particulièrement saluée. Il sera aussi directeur créatif et scénariste principal de GTA V, le deuxième jeu le plus vendu de l’histoire derrière Minecraft.
Alors, quand en 2020 il quitte Rockstar, tout le monde se demande si le studio et la série GTA vont pouvoir garder leur identité, tant Dan Houser était un pilier (l’actualité nous prouve, si l’on en avait encore besoin, que ces inquiétudes étaient probablement infondées…). Avec un tel CV, peut-être avait-il le sentiment d’avoir fait le tour, d’avoir dit tout ce qu’il avait à dire avec le média jeu vidéo ?
Toujours est-il qu’il n’abandonne surtout pas l’idée de raconter des histoires, et fonde Absurd Venture en 2021, un studio transmedia qui promet séries télé, podcasts, romans, jeux vidéo, BD… Et American Caper, sa première BD, est enfin sur le point d’être publiée. « Caper » en anglais signifie arnaque, magouille. D’où le sous-titre français à double sens, « La grande arnaque américaine ». Mais un Caper, c’est aussi un sous-genre du polar, de ceux remplis de criminels un peu minables et/ou de plans foireux, avec un aspect comique. On pense à Snatch, par exemple… Le ton de la BD est donné.
American Caper met en scène Hamilton, un avocat qui se voyait changer le monde mais qui doit se contenter d’être le porte-flingue d’un patron sans scrupule qu’il déteste. Hamilton est de plus coincé entre sa femme, Trumpiste dernier degré, abreuvée de fake news et ne vivant plus qu’enfermée dans la bulle algorithmique de ses réseaux sociaux, et sa fille qui le méprise, rebelle et opposée à tout, surtout à ses parents.
Sa condition de loser le déprime d’autant plus qu’il doit se comparer au quotidien à son voisin mormon, dont la maison, et surtout l’épouse parfaite, sont tellement plus belles que les siennes. À moins que les apparences ne cachent une vérité bien différente ?
On retrouve dans American Caper l’un des ingrédients principaux de GTA : la satire, dont la cible est l’Amérique fracturée, avec d’un côté le camp MAGA et de l’autre ses ennemis jurés, et personne au millieu. Aucun personnage n’est le héros de cette histoire où il n’y a pas de gentil.
Pour cette première BD à la mise en page finalement un peu sage, Dan Houser confie le dessin à David Lapham, surtout connu pour sa série Stray Bullets, et est secondé au scénario par Lazlow Jones, lui aussi transfuge de chez Rockstar Games. Publié par Dark Horse aux Etats-Unis (une division de DC Comics), c’est Urban Comics qui se charge de l’édition française. Le premier tome de la série qui en comprendra 3 sort dès ce vendredi 4 septembre. Le tome 2 le suivra de très près avec une publication déjà programmée pour le 6 novembre prochain.

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