Une semaine de plus s’achève et nous conduit vers l’inexorable déclin du jeu vidéo. Une introduction amère, et assez pessimiste, il faut bien le reconnaître, mais une introduction à l’image de cette semaine d’actualité qui a poursuivi l’œuvre des précédentes en nous abreuvant à nouveau de nouvelles toujours aussi déprimantes.
Car le choc de l’annonce de PlayStation d’arrêter de physique à l’horizon 2028 ne s’est pas atténué, bien au contraire, et la fin de Mario Kart Tour annoncée par Nintendo nous montre aussi les conséquences d’un monde 100% numérique. Et pendant ce temps-là, la purge continue du côté de Xbox et du grand reset d’Asha Sharma.
Fin de course pour Mario Kart Tour
Pendant sept années, les joueurs mobiles ont pu se la donner sur les pistes de Mario Kart Tour, un épisode exclusif aux smartphones qui a connu son heure de gloire à ses débuts, mais dont la fin semblait inéluctable. Une fin annoncée pour le 30 septembre prochain, date à partir de laquelle il ne sera donc plus possible de jouer au jeu, aucune version offline n’étant prévue. C’est donc un jeu vidéo de plus qui va disparaitre sur l’autel du tout numérique.
Alors, ce n’est ni le premier, ni le dernier jeu qui subit cette funeste destinée, mais en plein débat sur la préservation du jeu vidéo et sa place dans notre société, il est un exemple supplémentaire des conséquences désastreuses du 100% dématérialisé. Une œuvre disparait, purement et simplement, tout comme les achats effectués tout au long de sa vie. Est-ce bien vers ce standard de consommation de notre média préféré que nous souhaitons tendre ?
La stratégie de l’autruche de PlayStation
Si on peut au moins remercier PlayStation en ce moment, c’est d’avoir remis à plat le débat latent entre dématérialisé et physique. La colère provoquée par l’annonce du constructeur de stopper la production de Blu-ray à partir de janvier 2028 a eu le mérite de montrer à quel point les joueurs, à travers le globe, sont attachés à ce support, bien loin des chiffres mensongers brandis par les financiers.
Et quelle fut la réponse de PlayStation à cette colère ? Le silence. Plusieurs jours sans la moindre communication, puis une reprise comme si de rien n’était. Une stratégie de l’autruche qui attise encore plus l’animosité des joueurs qui tentent de s’organiser pour faire infléchir la décision de PlayStation. Et si les différents analystes les plus réputés craignent que cette lutte ne soit vaine, la gène est palpable du côté des studios first party qui tentent de faire retomber la pression, à l’image de l’annonce presque venue de nulle part d’une version disque pour God of War Laufey.
Pour autant, le mouvement ne semble pas ralentir pour le moment. Reste qu’on assiste là à ce qui ressemble à un combat de David contre Goliath. Même la commission européenne avoue son impuissance. Il faut dire que si une pétition de près d’1,3 millions de signatures, Stop Killing Game, a pu être réduite à néant au sortir d’une simple réunion avec des représentants du lobby du jeu vidéo, il n’y a pas grand-chose à attendre du législateur européen.
Xbox poursuit sa purge
C’était annoncé, mais la pilule a quand même du mal à passer. Dans son projet de grand reset pour Xbox, Asha Sharma a confirmé que 3200 employés seraient remerciés. Un nombre déjà délirant alors que plus tôt dans l’année, le constructeur avait déjà licencié plusieurs milliers d’autres personnes. Dans la foulée, cinq studios sont aussi en passe de se séparer de Xbox. Compulsion Games et Double Fine retrouvent leur indépendance et Ninja Theory et Undead Labs sont vendus, bien qu’on ne sache pour le moment pas à qui. Reste ainsi Arkane Lyon dont le destin n’est pas encore connu.
Et donc, le géant américain confirme sa nouvelle stratégie qui consisterait à se concentrer sur ses licences les plus porteuses : Halo, Gears of War, The Elder Scrolls, Fallout… Même Id Software, pourtant salué pour la qualité de ses jeux (le DLC de Doom: The Dark Ages Revelations qui vient de sortir étant un grand succès critique) a subit la loi de son propriétaire.
Xbox, PlayStation, Nintendo, chacun des trois constructeurs poussent leurs pions pour définir leur jeu vidéo de demain. Et malheureusement, plus les contours de leurs stratégies respectives se dessinent, plus on appréhende ce futur, lequel se déshumanise de plus en plus. Le jeu vidéo est censé nous faire rêver, mais il se rapproche de plus en plus d’un cauchemar dont on ne voit pas la fin…

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