Le Conservatoire National du Jeu Vidéo (CNJV) tiendra son huitième colloque le 10 octobre prochain, au Forum des images à Paris. Baptisée « Quand le jeu vidéo joue sa partition », cette nouvelle édition consacrera toute une journée à la musique et au son dans le médium, sujet vaste s’il en est, entre contraintes techniques, histoire, droit et création.
Un rendez-vous a priori technique et feutré, réservé aux passionné·es d’ingénierie sonore et de composition. Sauf qu’on aurait tort de le lire hors sol, tant son sens premier résonne aujourd’hui d’une actualité toute particulière.
Conserver, un mot qui prend tout son poids en ce moment
Car un conservatoire, avant d’être une institution qui organise de jolis colloques, porte un mandat dans son nom même : conserver. Préserver ce qui, sans intervention volontaire, disparaît. Or, c’est précisément ce que l’industrie du jeu vidéo rend chaque année un peu plus compliqué, à mesure que le support physique recule au profit du tout-numérique, PlayStation en tête avec l’arrêt annoncé de la production des disques dès janvier 2028.
Un disque, c’était un objet physique, autonome, qu’on pouvait faire tourner, archiver, transmettre sans dépendre du bon vouloir d’un serveur distant. Sans lui, c’est une part entière de la mémoire du jeu vidéo, musique comprise, qui devient l’otage d’un accès numérique révocable à tout instant.
Le programme du colloque en dit d’ailleurs long sur l’ampleur du sujet : une table ronde entière sera consacrée à la question « La musique dans les jeux vidéo : que dit le droit ? », animée par Geoffray Brunaux (professeur, droit privé et sciences criminelles), quand une autre s’attaquera aux enjeux de l’édition musicale vidéoludique avec, entre autres, Patrick Giordano (ex-rédacteur chez Amstrad CPC et Player One, membre fondateur de Game One, mais aussi acteur dans France Five !).
Autant de débats qui posent une question bien plus large que celle du seul patrimoine sonore : qui a le droit de décider ce qui mérite d’être conservé, et qui en a les moyens légaux, à mesure que le support physique se raréfie ?
La table ronde animée par Geoffray Brunaux sur le droit musical devrait d’ailleurs offrir l’occasion d’aborder les nombreuses questions juridiques qui entourent la préservation des œuvres sonores du jeu vidéo : multiplicité des ayants droit, contrats parfois complexes et supports toujours plus dématérialisés. Un enjeu qui dépasse largement le seul son, à mesure que l’industrie du jeu vidéo glisse vers des modèles entièrement numériques et des catalogues suspendus au bon vouloir de plateformes, le travail de fond mené par des structures comme le CNJV devient chaque année un peu plus essentiel, et chaque année un peu plus difficile.
Rendez-vous est donc pris le 10 octobre, salle 500 du Forum des images, pour une journée qui promet d’aborder la musique de jeu vidéo sous toutes ses coutures, à l’aune des défis de sa préservation.

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