Pas de sauveur du côté de Bruxelles pour les amoureux·ses du disque physique. Interrogé à Strasbourg sur la décision de Sony de mettre un terme à la production de jeux PlayStation en boîte dès janvier 2028, le commissaire européen à la protection des consommateurs a été sans détour : les entreprises restent libres de proposer leurs produits comme elles l’entendent, tant que le droit européen est respecté.
Une réponse qui douche les espoirs des 290 000 signataires de la pétition réclamant un revirement, et qui confirme que rien, sur le plan réglementaire, ne viendra contraindre le géant « japonais » à revenir sur sa décision.
Le silence de Bruxelles
Le commissaire a précisé que la question avait bien été examinée dans le cadre d’une initiative citoyenne européenne portant sur la pérennité des jeux après le retrait d’une édition. Mais la conclusion reste la même : la liberté commerciale et contractuelle prime, du moment que les droits des consommateur·rices sont formellement préservés. Une position qui laisse peu de marge de manœuvre et qui, selon plusieurs analystes du secteur, ne devrait pas faire dévier Sony de sa trajectoire du tout numérique, jugée bien trop rentable pour être remise en question par une quelconque mobilisation.
Si acheter n’est pas posséder, alors pirater n’est pas voler
Privés de recours institutionnel, une partie des joueur·euses semble avoir choisi une autre voie. Depuis l’annonce du 1er juillet, les recherches liées au jailbreak de la PS5 ont remarquablement augmenté, tout comme la fréquentation des communautés spécialisées dans le contournement des protections de la console, certaines voyant leur nombre de visiteurs hebdomadaires grimper de plusieurs milliers en quelques semaines.
Le principe reste le même depuis le début de l’année : exploiter une faille de sécurité pour injecter du code non officiel, ouvrant la voie aux émulateurs, aux applications maison et aux copies locales de jeux numériques déjà achetés.
Fin décembre 2025, un précédent était déjà venu fragiliser les défenses de la PS5 : la fuite des clés BootROM, cette brique de sécurité la plus basse de la console, censée garantir son intégrité dès l’allumage. Une faille d’un genre différent des exploits habituels : gravée directement dans le silicium de chaque puce déjà fabriquée, elle ne peut être corrigée par un simple correctif, et laisse planer une menace durable sur les 84 millions d’unités déjà en circulation. Six mois plus tard, cette brèche latente pourrait bien trouver, avec la colère des joueur·euses, l’étincelle qui lui manquait.
La méthode demeure toutefois réservée aux firmwares plus anciens, reste techniquement ardue, et ferme évidemment l’accès au PlayStation Network, sacrifiant de fait tout le multijoueur en ligne. Mais le climat de défiance dépasse largement ce cercle : le récent retrait, sans remboursement, de centaines de films et séries des comptes des utilisateur·rices a achevé de convaincre une partie du public que rien de ce qui est acheté numériquement ne lui appartient vraiment.

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