Nous vous le disions hier, PlayStation va stopper la production de jeux sur disques dès 2028. La prochaine console Sony sera donc 100% dématérialisée, comme l’est le jeu sur PC aujourd’hui. Une décision lourde de conséquences quand on regarde la place qu’occupe PlayStation sur le marché : on parle d’un ratio de 8 contre 1 pour les précommandes de GTA 6 respectivement sur PlayStation et Xbox (même si Microsoft dément ces chiffres).
Cette décision peut-elle encore être révisée ? Bien entendu, les boutiques, en ville comme les Micromania ou les magasins indépendants, mais aussi en ligne (Play Asia, par exemple) vont probablement essayer de se faire entendre et appeler à une forme de « résistance » : c’est leur activité même, déjà fragile, qui pourrait disparaître. Tout comme certains éditeurs, on pense à Limited Run Games ou Red Art Games, dont le métier est de publier des éditions physiques collector de jeux sortis uniquement en numérique, risquent aussi de disparaître. Enfin, les gros éditeurs, comme Capcom, Plaion, ou Bandai Namco, pourraient avoir également beaucoup à perdre en voyant disparaître les coûteuses éditions collector (même s’ils avaient plus ou moins anticipé la chose en commençant à vendre d’aberrantes éditions collectors sans jeu !).
Sans PlayStation, Microsoft et Nintendo peuvent-ils continuer à vendre des boîtes ?
Car si PlayStation est aujourd’hui le seul à avoir décidé de stopper le format physique, les autres consoliers vont sans aucun doute suivre. On pourrait s’imaginer que Xbox aurait une carte à jouer en devenant l’unique constructeur de consoles de salon à proposer ses jeux en boîtes. Il inverserait ainsi la situation vécue lors de l’E3 2013, lorsque Xbox avait mis en place un protocole hyper complexe pour authentifier les copies de ses jeux, moqué par Sony dans la vidé devenue culte « comment prêter un jeu PS4 ».
Cependant, l’américain, qui déçoit rarement quand il s’agit de prendre de mauvaises décisions, ne semble pas souhaiter se saisir de cette opportunité. On rapporte déjà des tests pour permettre aux joueurs de numériser leurs jeux sur disques afin de pouvoir passer au tout numérique sans (totalement) abandonner leur ludothèque.
On imagine que Nintendo n’hésitera plus longtemps à passer le pas, lui qui a déjà commencé à vider les cartouches de leur contenu pour ne proposer que des Game Key Cards. Même si le constructeur est peut-être le plus populaire auprès des enfants, et que le format physique a chez lui, de ce fait, un rôle un peu particulier (les cadeaux de Noël, d’anniversaire…), les boutiques en ville ne survivront pas en ne vendant que des jeux Switch.
#PhysicalResistance
On va probablement assister dans les heures et les jours qui viennent, sur les réseaux sociaux et ailleurs, à une levée de boucliers des collectionneurs, des associations de consommateurs et des militants pour le jeu physique (on rappelle que la question de la propriété du jeu dématérialisé se pose : on n’achète jamais un jeu dématérialisé, mais une licence d’utilisation), ou encore des acteurs du format cités plus haut, et simplement des joueurs attachés aux boîtes. Reste à voir si leur voix et leur poids seront suffisants pour peser dans la balance, face aux économies imaginées par Sony, qui met ainsi fin au marché de l’occasion, reprendra les marges consenties aux distributeurs, et bénéficiera d’un monopole sur la vente de jeux pour ses machines.
En 2013, Microsoft avait fini par abandonner son protocole contraignant l’utilisation des disques. Tout espoir n’est donc pas complètement perdu, mais la décision annoncée par Sony est certainement mûrement réfléchie, et la future PS6 a probablement été conçue sans lecteur optique, en prenant en compte l’abandon du format. C’est une véritable révolution dans la façon de vivre le jeu vidéo qui se prépare, et pas une des plus heureuses.

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