En 2023 (déjà !) le jeu Goldorak aura passablement déçu les fans du robot géant numéro 1 dans le cœur des quadras et des quinquas. L’hommage était bien là, mais la réalisation et le gameplay, peut-être pas assez à la hauteur de la légende (même si, confessons-le, nous avions passé un bon moment). Heureusement débarque 70s-style Robot Anime Geppy-X, dont le titre à lui seul est tout un poème.
Sur une ligne de crête aigüe entre hommage et parodie, le jeu reprend tous les codes des séries animées japonaises des années 70. Au risque de ne s’adresser qu’à un public très restreint.
(Test de 70s-style Robot Anime Geppy-X réalisé sur PC via une copie commerciale du jeu)
Goldorak, faux !
70s-style Robot Anime Geppy-X (ou simplement Geppy-X, ainsi que nous allons le désigner dans les lignes qui suivent) appartient au genre du Super Robo, un sous-genre de l’animation mettant en scène des robots géants et super armés, qui donnera naissance ensuite au Gattai Robo, dans lequel des véhicules se combinent pour former un robot encore plus géant.
Le représentant le plus célèbre du Super Robo en France est bien entendu Goldorak, mais c’est son cousin Mazinger Z, signé également par Go Nagai, qui fut à l’origine du genre avec une série animée diffusée au Japon dès 1972. Et c’est exactement ce à quoi ressemble Geppy-X. Tout dans le jeu est fait pour pasticher ce type de séries, et c’est tellement proche de l’expérience originale qu’on pourrait croire à une adaptation d’un dessin animé rétro. Mais non, Geppy-X est bien une création originale du studio Aroma, par ailleurs un peu obscur.
Autour des phases de gameplay, on trouve donc un collage merveilleux fait de scènes d’animation classique, de cinématiques in-game prolongeant ces extraits d’anime, de fausses pubs en prises de vue réelles, de résumés des épisodes précédents, de génériques de début et de fin… Il faut d’ailleurs noter la participation à la B.O. de monuments du genre, avec notamment Akira Kushida, à qui l’on doit par exemple l’opening en V.O. de X-Or, ou encore Hironobu Kageyama, célèbre pour le cultissime « Cha-La Head-Cha-La » de Dragon Ball Z. C’est un feu d’artifice pour le fan nostalgique ou l’amateur enthousiaste ; ce sera un immense WTF pour le jeune joueur n’ayant été que peu en contact avec ce genre d’anime old school.
C’est aussi un jeu vidéo
Au milieu de ce spectacle en perpétuel renouvellement, le gameplay en deviendrait presque accessoire. Geppy-X est néanmoins un shoot’em up à défilement horizontal, plutôt rétro, sans pour autant être aussi rétro que l’univers qu’il pastiche.
Power-up, tempête de boulettes et boss de fin de niveau : nous sommes en terrain connu. Le jeu propose toutefois trois petites originalités. D’abord un nombre de points de vie assez élevé qui permet de rapidement progresser sans se casser les dents sur le premier boss (voire avant !). Les puristes crieront peut-être à la trahison (les différents modes de difficulté laveront peut-être cet affront), mais les autres en profiteront pour découvrir le jeu un peu plus loin que la première moitié du premier niveau.
Autre petite originalité qu’on ne voit pas souvent dans les shoot’em up : la possibilité de se retourner. Le jeu défile traditionellement de la gauche vers la droite, mais en pressant un bouton, on peut demander au robot de faire face au bord gauche de l’écran, et ainsi mieux gérer la menace qui nous arrive de derrière.
Enfin, on contrôle non pas un robot, mais une escouade de 3, et l’on passe de l’un à l’autre à la volée. Chaque machine a sa spécialité et des armes différentes (tir classique, laser perçant, attaque de contact), et le changement de robot offre une petite fenêtre d’invincibilité que les habitués du genre sauront probablement exploiter pour esquiver une vague de boulettes qui ne laisse pas beaucoup d’espace au personnage…
« You’re from the 70s, but I’m a 90’s bitch… »
S’il ne date pas réellement des années 70, Geppy-X n’est pas non plus tout à fait un jeu de 2026. L’édition qui nous occupe aujourd’hui est en effet le portage d’un jeu sorti en 1999 sur PlayStation mais jamais sorti hors du Japon.
Les phases de gameplay assument ainsi leur âge, avec cette esthétique très pixellisée, et ces sprites réalisés en 3D précalculée façon Donkey Kong Country. Mais les séquences d’anime ont elles été entièrement remastérisées, et épurées de toute pixellisation qui apparaissait sur PlayStation (dont les images étaient en 240p !). On parle ici de la restauration en HD de 8000 planches dessinées à la main ! Un travail étonnant pour un jeu qui semble ne s’adresser qu’à à une typologie assez restreinte de joueurs, mais un travail plus que bienvenu pour faire découvrir ce titre aussi bizarre que jouissif.
On pourra compter aussi sur les outils de « quality of life » généralement présents sur ce genre de portage, et permettant de les aborder plus sereinement, comme la possibilité de sauvegarder instantanément à tout moment (quick save), le retour en arrière pour corriger une mauvaise décision, ou encore l’auto-fire. Des filtres CRT (plutôt convaincants, pour une fois) et des sous-titres en français apportent les dernières finitions à l’expérience.
C’est un petit miracle qu’un tel jeu connaisse une (re)sortie aujourd’hui. Un peu bizarre, très fun, mais aussi très beau dans son genre, 70s-style Robot Anime Geppy-X est un « no brainer » pour les boomers élevés par récré A2 et le Club Dorothée. Reste un défaut de taille : son tarif, approchant de très près les 40€, risque de faire réfléchir, voire de faire reculer.
On l’a dit, le gameplay est presque une excuse pour tout le reste, l’anime, les pubs… Et même si le scoring est un aspect important du shmup, ici, il est probable qu’on n’y revienne pas si souvent après en avoir vu la fin. Geppy-X est disponible sur toutes les machines, y compris d’ancienne génération (PS4 et Switch), à noter qu’une démo est proposée un peu partout.


