Nous venons de vivre une semaine noire dans l’histoire du jeu vidéo, et la suivante ne s’annonce pas forcément plus joyeuse. Après l’annonce d’un GTA VI sans édition physique fin juin, Sony sonne officiellement le glas du jeu sur disque avec un passage assumé au 100% dématérialisé. Dans le même temps, on apprend la fermeture des stores PS3 et PS Vita, illustrant non sans ironie les limites de ce modèle. De son côté, Xbox met fin à des partenariats avec des studios historiques.
Sony franchit le Rubicon et annonce la fin du disque
La question n’était pas vraiment de savoir si ça allait arriver, mais quand et qui serait le premier à oser. C’est Sony qui s’est décidé en annonçant qu’il ne produirait plus de jeux sur disques à partir de 2028. Les joueurs PlayStation devront donc passer au tout dématérialisé, comme c’est déjà le cas sur PC. Les implications de cette nouvelle sont nombreuses : impossible de prêter ses jeux, de les revendre, de les acheter d’occasion ou tout simplement de les posséder réellement. Les revendeurs ou les éditeurs d’éditions physiques collector vont eux aussi souffrir de cette décision.
Selon Shawn Layden, ancien dirigeant de PlayStation interrogé par Eurogamer, il s’agirait là d’un simple arbitrage financier, les supports physiques ne représentant plus qu’une minorité des ventes chez Sony. Tout cela interroge aussi sur la future PlayStation 6 : on imagine qu’elle n’aura pas de lecteur pour profiter des anciens jeux. Les réactions des joueurs, acteurs de l’industrie et personnalités politiques ne se sont pas fait attendre, la nouvelle sonnant comme un immense coup de massue pour la préservation du patrimoine vidéoludique.
Les stores de la PS3 et de la PS Vita ferment leurs portes
Dans la foulée, Sony explique également que les stores de ces deux anciennes consoles vont fermer définitivement. Et si on se doute que les maintenir a un coût et devenait de moins en moins rentable à mesure que la PS3 et la PS Vita étaient délaissées par les joueurs, la nouvelle ne peut qu’avoir un goût amer dans le contexte de cette semaine.
Les joueurs devraient garder la propriété des titres déjà achetés, mais rien n’est moins sûr quand on se souvient qu’il y a à peine une semaine, on apprenait que plus de cinq cents films allaient disparaître du PlayStation Store suite à la fin d’un accord avec Studio Canal, et ce, même si les films ont déjà été achetés. Plus que jamais, le modèle 100% dématérialisé montre ses limites et nous rappelle que sans support physique, nous ne sommes finalement propriétaires de rien.
Xbox continue à couper ses partenariats
En pleine clôture de son exercice fiscal, Xbox envisage de se séparer de plusieurs studios partenaires. Double Fine (Psychonauts), Compulsion Games (South of Midnight), Ninja Theory (Hellblade), Arkane (et son future Blade) sont déjà sur la sellette depuis plusieurs semaines. On apprend maintenant que IO Interactive perd également son partenariat, malgré le succès de 007 First Light. Il semblerait que personne ne soit à l’abri, les rumeurs évoquant aussi Obsidian dans les potentielles fermetures.
Sans le soutien économique de Xbox, difficile pour ces studios de tenir le coup. La solution étant souvent soit de se racheter eux-mêmes, soit de fermer. Dans tous les cas, des licenciements sont à prévoir, et les projets créatifs pourraient également être mis en péril. Des négociations ont eu lieu ces derniers jours, mais on s’attend à davantage de mauvaises nouvelles dans les jours à venir.

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