Vous n’en avez pas assez des mauvaises nouvelles autour du jeu vidéo ? En quelques années, on s’est bien trop habitué aux annonces de licenciements par milliers, aux polémiques et débats stériles nés d’une polarisation extrême des avis (amplifiée par les réseaux sociaux), aux décisions anticonsommateurs qui se succèdent à un rythme effréné depuis plus de six ans, etc. Dans un tel contexte, comment le jeu vidéo, le dixième art, pourrait continuer de s’épanouir ?
En 1983 déjà, le jeu vidéo s’est effondré sur lui-même. Son industrie était florissante, un véritable Eldorado pour les investisseurs de tous bords qui cherchaient à accaparer une part du gâteau. Une mainmise des financiers au détriment des créatifs. Cela fait tristement écho à la situation que nous vivons actuellement, même en mettant de côté la décision controversée (et c’est peu dire) et purement mercantile de PlayStation vis-à-vis des disques.
Mêmes causes, mêmes effets ?
Même GTA VI, qui aurait pu être une fête formidable pour les joueurs et provoquer un regain d’enthousiasme pour le média, ressemble à une mauvaise blague. Communication affligeante, décisions incompréhensibles (version « code dans la boite » pour les magasins, trailer payant…) et autres polémiques telles que ces licenciements d’employés supposément liés à leurs engagements syndicaux (un procès se tiendra dès septembre), il n’y a rien qui va avec cette sortie.
Et comme à l’époque, c’est aujourd’hui le rendement qui est au cœur des préoccupations : une course perpétuelle vers une croissance plus importante chaque année et une marge bénéficiaire à deux chiffres. Partant de ce postulat, l’avenir ne s’annonce pas glorieux. On pressent que les consoles de nouvelle génération pourraient atteindre, voire dépasser, les mille euros.
Pire, avec la disparition du support physique (l’absurdité écologique des codes dans une boîte en plastique ne pouvant durer bien longtemps), la perspective de voir les prix encore grimper sur les stores numériques, faute de concurrence, semble évidente. Comment cette situation globale pourrait-elle se finir bien ?
Car aussi passionnant soit-il, le jeu vidéo reste un loisir, et la majorité des personnes qui font la richesse des studios, éditeurs et constructeurs pourraient très bien s’en détourner demain au profit d’autres occupations. Qui pourra se permettre d’acheter demain le prochain Halo, God of War ou Resident Evil si le ticket d’entrée frôle le SMIC mensuel ?
Toutes les conditions paraissent réunies pour reproduire le krach de 83. La solution, certes radicale, ne serait-elle pas finalement que le jeu vidéo s’éteigne ? Une crise profonde qui permettrait d’assainir un marché qui, malgré les chiffres ronflants de certains, dépérit année après année.
Une (re)chute qui détournerait (enfin) ces financiers, qui ne comprennent ni n’aiment le jeu vidéo, d’une bête qu’ils auront siphonnée jusqu’à la rendre exsangue. Après quelque temps, le média repartirait sur de meilleures bases. Cesser de produire pour produire (plus de 20 000 jeux sortis sur Steam en 2025, soit 55 par jour en moyenne…) et revenir à l’essentiel : des jeux par et pour les joueurs.

Contre la fin du physique, les joueurs appellent au boycott de PlayStation : une méthode efficace ?
broccomilie

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Rob
