Sorti en mars dernier, Crimson Desert n’a rien d’un feu de paille. Cinq mois après son lancement, le RPG en monde ouvert signé Pearl Abyss continue d’occuper le terrain et d’investir dans la durée : des mises à jours régulières, un DLC calé pour cette fin d’année, une version Switch 2 en approche, et un bilan financier positif qui font de Kliff et sa troupe de Crinières Grises les héros d’ un studio qui n’est pas prêt de les lâcher de sitôt. Retour sur une actualité aussi dense que le continent de Pywel.
Un troisième trimestre généreux, à l’image de l’année déjà écoulée
Annoncé lors d’une feuille de route du studio, c’était le gros morceau attendu par la communauté de joueurs : une première extension majeure. Mais que contient ce fameux DLC ? Pearl Abyss reste avare en détails, mais vient enfin de poser une croix sur le calendrier. Dans son dernier rapport aux actionnaires, le studio confirme que l’extension est « actuellement en cours de développement » et vise une sortie « cette année », le temps de peaufiner « l’orientation de son contenu et sa qualité globale ». Prix, contenu et date précise seront eux dévoilés au troisième trimestre 2026.
En attendant, le peu qu’on en sait laisse présager une extension qui ne se contentera pas de rajouter deux donjons et un skin d’armure. Pearl Abyss avait déjà prévenu par la voix de son responsable communication que ce DLC serait « très différent » du jeu de base, sans plus de précisions. De quoi nourrir les spéculations d’une communauté qui réclame depuis longtemps d’explorer davantage les personnages secondaires comme Oongka ou Damiane, restés en retrait derrière l’arc principal de Kliff. Une chose est sûre : après un suivi post-lancement particulièrement soigné, avec mises à jour régulières comprenant corrections, ajouts de contenu et de fonctionnalités, la marque de fabrique du studio reste la même : surprendre par sa force de frappe et la rapidité avec laquelle il vient enrichir son nouveau jeu phare.
Will Powers, directeur marketing et relations publiques de Pearl Abyss, expliquait notamment plus tôt dans l’année que la cadence de mises à jour de Crimson Desert venait directement de l’expérience acquise avec leur MMO Black Desert Online, que Pearl Abyss met à jour de façon très régulière depuis des années . Crimson Desert avait d’ailleurs commencé comme une suite MMO de Black Desert avant de devenir le jeu solo qu’on connaît.
« Il n’y a pas de Black Desert sans joueurs, et il n’y a pas de Crimson Desert sans Black Desert. L’ADN de l’entreprise repose sur l’écoute des joueurs. »
Depuis le lancement de Crimson Desert, c’est pas moins de 17 mises à jour gratuites qui sont venues enrichir l’aventure avec, entre autres, 120 nouveaux familiers à adopter, plus de 70 nouveaux équipements, 20 nouvelles fonctionnalités et contenus, ainsi que des ajustements sur le combat et le gameplay. Et beaucoup de ces ajouts ont directement été inspirés par les demandes et réclamations des joueurs. Un suivi colossal en quelques mois seulement, et qui se poursuivra avec ce nouveau DLC mais également d’autres corrections mentionnés par la feuille de route de Pearl Abyss, dont la promesse d’une amélioration du rythme et de la qualité de la quête principale. Un sacré chantier, surtout quand on sait que c’est l’un des plus gros points noirs du titre actuellement.
Direction la Switch 2, mais pas tout de suite
Deuxième chantier évoqué dans ce même rapport : le portage Switch 2, dont l’existence n’était plus vraiment un secret. Le studio se veut rassurant sur ses intentions : pas question de brader l’expérience open world qui a fait la réputation du jeu. Le communiqué précise que le titre est déjà « à un stade où il est jouable » sur la console hybride, et que les équipes planchent désormais sur l’optimisation des performances et la conformité aux standards de qualité attendus. Objectif visé : la première moitié de 2027.
Un calendrier qui a de quoi rassurer, quand on se souvient de l’état parfois hasardeux des versions PS5 standard et Xbox Series S au lancement (pour rappel, même le simple fait d’ouvrir la carte pouvait faire planter votre console). Faire tenir un monde aussi dense que Pywel dans la poche d’un joueur nomade est un défi technique de taille, et Pearl Abyss semble avoir choisi la prudence plutôt que la précipitation. Un luxe que peu de studios peuvent se permettre aujourd’hui.
Le désert fait pleuvoir les billets
C’est peut-être la nouvelle la plus joyeuse du lot, et elle ne concerne pas directement le jeu mais ceux qui le fabriquent. Dans un secteur où les plans de licenciements s’enchaînent depuis des mois, Pearl Abyss a choisi la direction inverse. Le studio sud-coréen a vu ses charges salariales bondir de 94,8 % par rapport au trimestre précédent, pour atteindre environ 55 millions de dollars. Une hausse directement liée au versement de primes de performance exceptionnelles à l’intégralité de ses 1 035 salariés.
La raison de cette générosité collective ? Un jeu qui a très largement dépassé les attentes : Crimson Desert a représenté à lui seul près de 70 % des revenus de Pearl Abyss sur ce seul trimestre, avec environ 2,11 millions d’exemplaires écoulés entre avril et juin, majoritairement en dématérialisé. De quoi transformer un succès commercial en reconnaissance très concrète pour les équipes qui ont porté le projet pendant des années (environ 8 ans au total, lors desquels le jeu est passé de MMO à jeu d’aventure solo).
L’angle mérite d’être souligné tant il détonne avec le reste de l’actualité du secteur : pendant que d’autres éditeurs licencient après des succès pourtant solides, Pearl Abyss a préféré réinvestir dans son capital humain. Une philosophie qui, si elle n’est pas propre à la Corée du Sud, y trouve un écho particulier, et qui pourrait bien expliquer pourquoi le studio semble aussi peu pressé de brusquer le développement de son DLC ou de sa version Switch 2. Quand on prend soin de ses équipes, on peut aussi se permettre de soigner son travail.
On peut toutefois nuancer le tout en rappelant à quel point le développement avait été dur pour les employés, lors duquel luttes de pouvoir et manque de cohérence avaient abouti à un projet un peu fourre-tout, avec un scénario ajouté à la va-vite et des fonctionnalités à outrance (les défauts majoritairement relevés par les critiques lors de la sortie du jeu). Toutefois, force est de constater que Pearl Abyss fait tout pour ajuster ces lacunes, et l’avenir semble plus radieux pour le jeu comme pour ses développeurs.

Pearl Abyss – Le studio de Crimson Desert aborde l’avenir avec quiétude
Al

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Test Crimson Desert – De MMO à solo, mais pas sans accroc
Kivy