Avec l’acquisition d’ActiBlizz, Xbox est devenu le plus gros éditeur de jeux vidéo au monde. Cependant, avec deux fois plus de PlayStation 5 écoulées que de Xbox Series, il est loin d’être le plus gros constructeur (et on ne fait même pas entrer Nintendo dans la comparaison !). Un constat qui aboutit rapidement à la conclusion d’une forme de gâchis : à quoi bon posséder toutes ces licences majeures (Doom, Diablo, Fallout, Call of Duty, Forza, Halo, Gears…) si c’est pour les cloîtrer dans un parc de machines si peu étendu ?
Une problématique à laquelle Phil Spencer avait répondu avec une décision en forme de petit séisme dans l’industrie : la fin des exclusivités chez Xbox. Les jeux first party de l’américain sortiraient désormais également sur PlayStation, et même sur Switch.
Depuis, Phil Spencer a été mis à la retraite, et sa remplaçante, Asha Sharma, entend – outre taillader les effectifs à grands coups de machette, ce dont elle ne s’est pas privé – retrouver un modèle économique plus traditionnel. Fini la campagne marketing « This is an Xbox », qui disait, en gros, qu’on n’avait plus besoin de console pour jouer, et fini, peut-être la fin des exclusivités.
En effet, le site Windows Central a repéré un sondage qui veut recueillir le sentiment des joueurs sur la disponibilité des jeux first party Xbox sur les machines concurrentes. Les questions s’adresseraient aussi bien aux joueurs possédant une Xbox qu’à ceux jouant aux jeux Xbox sur d’autres consoles. Microsoft cherche essentiellement à savoir si un joueur serait prêt à acheter une Xbox si les grosses licences first party étaient exclusives, ou si, dans ce cas, ce même joueur se résoudrait à abandonner certains titres. Dans le même temps, le consolier voudrait mesurer à quel point l’abandon des exclusivités (ou leur rétablissement) pourrait influencer l’attachement des joueurs déjà clients de l’américain.
A priori, on peut imaginer qu’un joueur PS5 accueillerait plutôt favorablement le portage de jeux concurrent sur la console qu’il possède : on préfèrera toujours un catalogue le plus étoffé possible. Dans le cas contraire, ce même joueur serait-il prêt à passer sur Xbox ? La situation commerciale des deux consoles, même avant la politique de fin des exclusivités chez Xbox, répond un peu à la question…
Quant aux joueurs Xbox, on pourrait réduire à une bête gueguerre de clochers puérile leur potentiel refus de voir porter les licences « maison » sur les consoles de la concurrence. Et l’attitude de beaucoup d’utilisateurs des réseaux sociaux alimentent très généreusement cette idée. Cependant, on peut aussi se dire que les exclusivités font le succès d’une machine, et que les joueurs ayant investi dans une console coûteuse souhaitent que cette machine fonctionne commercialement, car c’est à ce prix que les éditeurs s’y intéresseront, et donc, que l’offre de jeux sera suffisante.
Ce sondage montre que Microsoft s’interroge, mais ne présage en rien de la politique d’Xbox pour les mois et années à venir. De toute façon, une machine ne vaut que pour son catalogue. Si Xbox veut attirer de nouveaux joueurs, avant de réfléchir à conserver ou non l’exclusivité de tel ou tel jeu, il doit d’abord s’assurer de publier de bons titres. Et les fermetures à répétition de studios talentueux n’envoient pas forcément le bon message de ce point de vue là.

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