Alors qu’Assassin’s Creed Black Flag Resynced vient de dépasser les attentes commerciales d’Ubisoft, l’éditeur français annonce pourtant la suppression de 70 postes au sein de son studio de Singapour, à l’origine du développement du jeu. Et comme une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, RedLynx, studio finlandais racheté en 2011 et notamment connu pour sa série Trials, pourrait lui être contraint de mettre la clef sous la porte. Ces deux annonces viennent s’ajouter à la longue liste de restructurations entamées il y a plusieurs années chez Ubisoft, où même les bonnes ventes d’un jeu ne suffisent visiblement plus à mettre ses développeurs à l’abri.
Black Flag Resynced, un trésor qui ne profite pas à tous
Sorti le 9 juillet dernier, Assassin’s Creed Black Flag Resynced semblait pourtant avoir remis un peu d’air dans les voiles d’Ubisoft. Avec plus de 3 millions d’exemplaires écoulés en une semaine, le remake des aventures du pirate Edward Kenway avait largement dépassé les attentes commerciales de l’éditeur, récoltant au passage des critiques élogieuses.
Mais Ubisoft n’entend pas faire de quartier pour autant, puisque quelques mois seulement après la sortie du jeu, la firme annonce la suppression de 70 postes au sein de son studio singapourien. Ce même studio qui avait pourtant piloté le développement du jeu. Pour justifier cette décision, le géant français a expliqué vouloir restructurer et adapter ses effectifs aux besoins de ses prochaines productions, tout en se voulant rassurant quant à la place que continuera de tenir Ubisoft Singapore dans son organisation.
Difficile pourtant de ne pas tiquer devant une telle décision. Le remake vient à peine de sortir, ses ventes dépassent les attentes et voilà qu’une partie des équipes ayant travaillé à sa conception se retrouve sur le départ. Bien sûr, l’habitude aidant, nous savons que les bons résultats d’un jeu ne suffisent pas à assurer l’avenir de son studio, mais le timing choisi par Ubisoft a tout de même de quoi surprendre. D’autant plus qu’il entre en résonance directe avec le projet de licenciement, au mois de juillet dernier, des salariés d’Ubisoft Barcelona dont nous vous parlions il y a peu.
RedLynx, bientôt au point mort ?
À plusieurs milliers de kilomètres de Singapour, c’est un autre studio historique d’Ubisoft qui voit son avenir menacé. Le mastodonte français envisagerait en effet de fermer RedLynx, studio finlandais qui avait fait les belles heures de la Xbox et de sa grande sœur la 360 avec sa série de courses de motocross Trials. Mais depuis la sortie de Trials Rising en 2019, la série semble avoir quelque peu éteint les moteurs. Aujourd’hui, RedLynx ne plancherait sur aucun nouveau projet et Ubisoft estimerait qu’une simple réduction de ses effectifs ne serait pas suffisante pour assurer sa survie.
Une décision qui pourrait laisser plus d’une cinquantaine de salariés sur le carreau. Et même si rien n’est encore définitivement acté, puisque cette fermeture doit d’abord faire l’objet d’une procédure de consultation avec les salariés, difficile de se montrer optimiste face à cette nouvelle ombre au tableau.
Ces annonces viennent s’ajouter aux nombreux remous qui secouent Ubisoft depuis plusieurs années déjà. Entre les tensions en interne, les choix de la direction qui peuvent parfois laisser songeur et les restructurations à répétition, l’éditeur peine à retrouver un minimum de stabilité. Et le groupe ne semble pas prêt à changer de cap, puisque comme l’a annoncé son PDG Yves Guillemot, la firme entend encore réaliser 200 millions d’euros d’économies sur les deux années à venir.
Ubisoft espère ainsi remettre son navire à flot, quitte à sacrifier une partie de son équipage. Reste à savoir si cette restructuration à marche forcée permettra réellement à l’éditeur de sortir de la crise. Mais en attendant, la liste des postes supprimés et des studios menacés de fermeture continue de s’allonger, sans que l’on sache vraiment où Ubisoft compte s’arrêter.

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