Quelques mois à peine après son lancement, Rainbow Six Mobile tire déjà sa révérence. Ubisoft vient d’annoncer la fermeture définitive des serveurs le 15 janvier 2027. Comment un projet développé pendant six ans et demi par onze studios, avec l’aide du géant Tencent en prime, a-t-il pu se finir en un tel fiasco ?
Un gâchis sans saveur
Pourtant, Ubisoft n’avait pas lésiné sur les moyens pour s’imposer sur smartphone, avec des événements presse en grande pompe et de nombreuses équipes mobilisées. Mais force est de constater que la formule Rainbow Six Mobile n’a pas pris, comme on l’avait prédit lors de l’annonce du jeu.
Pour adapter l’expérience aux joueurs mobiles, les cartes ont été réduites, tout comme les temps de préparation. Tout l’ADN tactique de la franchise a été abandonné au profit de l’action frénétique : le titre n’était finalement qu’un shooter générique parmi d’autres, et a visiblement été boudé par les joueurs.
La transition vers la fermeture se fera toutefois en douceur : les serveurs resteront bien ouverts d’ici là, et la nouvelle saison sortira comme prévu la semaine prochaine. Ubisoft communiquera bientôt les modalités pour la suite des événements.
Une victime de plus sacrifiée sur l’autel d’Ubisoft
On ne peut pas dire que nous soyons vraiment surpris par le naufrage de Rainbow Six Mobile, qui semble n’être qu’une illustration supplémentaire des turbulences que traverse Ubisoft depuis déjà quelques années. Alors que le projet avait été initié bien avant la création de Vantage Studios (l’entité commune avec Tencent dédiée aux mastodontes Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six), l’heure est aujourd’hui au grand nettoyage.
Dans un contexte de réorganisation en « Creative Houses » et de recherche de rentabilité maximale, Ubisoft arrête les frais sans état d’âme plutôt que d’entretenir un jeu-service à perte (on se souvient de XDefiant, lui aussi fermé brutalement car pas assez rentable, même si les joueurs étaient en rendez-vous). Quant aux équipes de développement réparties sur onze studios, elles devraient être réorientées sur d’autres projets. À première vue, on peut se dire que c’est une posture normale pour une entreprise de cette envergure, qui doit optimiser ses dépenses.
Mais entre réorganisations internes à répétition et créations de sous-filiales, Ubisoft semble lancé dans une machine infernale, incapable de donner une vision claire à ses équipes si ce n’est pour les faire travailler sur des projets voués à l’échec. Pendant que les développeurs voient des années de travail balayées d’un revers de la main, la marque continue de se reposer sur ses acquis historiques comme Rainbow Six Siege, sans vraiment renouveler sa proposition créative. Et même lorsqu’un jeu comme le remake de Assassin’s Creed: Black Flag est un succès commercial, ça ne suffit visiblement pas à préserver les travailleurs.

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