Un véritable coup de foudre ! À une époque où internet n’était pas encore, il arrivait souvent qu’on achète un jeu « à la jaquette ». On a désormais perdu cette magie, mais les premières images de Mouse: P.I. for Hire, dévoilées lors de l’été 2024, nous ont rappelé cette ère et le titre a instantanément été propulsé dans la liste des jeux que nous attendions le plus. Initialement prévu pour 2025, le titre du studio polonais Fumi Games a finalement été repoussé de quelques mois pour atterrir sur PS5, Xbox Series, Switch 2 et PC le 16 avril 2026.
Pour autant, tout aussi envoutante que soit la direction artistique d’un jeu, nous avons plus d’une fois été déçu lorsqu’il s’agissait de nous faire jouer. Alors, Mouse: P.I. for Hire parvient-il a entretenir la magie maintenant qu’on le découvre manette en main ? Y a-t-il plus à y trouver qu’une simple satisfaction visuelle ?
(Test de Mouse: P.I. For Hire réalisé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur)
Plongée dans les années 30
Impossible donc de ne pas immédiatement évoquer la direction artistique du titre, tout simplement brillante. Visuellement, Mouse: P.I. for Hire est une réussite, nous proposant des décors et animations charmantes. L’impression d’évoluer dans un véritable dessin animé en noir et blanc, tels les vieux Mickey des années 30, est saisissante. Un hommage à cette époque qui se traduit même dans le nom de la ville dans laquelle Jack Pepper, protagoniste de l’histoire, évolue : Sourisville.
On y incarne donc Jack, souris anthropomorphe et détective privé engagé de prime abord pour une simple enquête sur la disparition d’un magicien mais qui va finir par devoir faire la lumière sur les agissements des gangs et autres mafias de la région. Un véritable polar interactif, le rapprochant dans son esprit du Faucon Maltais ou, plus récemment, d’un Sin City. Tous les clichés y passent, de l’appartement délabré du détective jusqu’à la plantureuse souris jouant de son charme dans le bureau pour engager Jack.
À ce titre, Mouse: P.I. for Hire parvient parfaitement à retranscrire cette ambiance si caractéristique des films du genre, notamment par sa musique, particulièrement réussie. On s’est même souvent surpris à fredonner les morceaux du titre, signe que les compositions proposées par Patryk Scelina ont su faire mouche. On ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous proposer d’écouter son thème principal, délicieusement jazzy, en poursuivant votre lecture.
On pourrait continuer longtemps encore à encenser l’ambiance générale du titre, tel Jack philosophant sur les conséquences de son enquête à chaque fin de niveau (autre inspiration des polars de cette époque). Pourtant, on ne peut s’empêcher d’applaudir le jeu d’acteur exceptionnel de Troy Baker qui double à merveille un Jack Pepper dur à cuire à la fois caustique et investi dans son travail.
Une interprétation qui ne serait sans doute pas aussi réussie sans une écriture du personnage et de l’univers tout aussi magistrale. Entre sérieux et bons jeux de mot, on s’est vraiment délecté de toutes ces lignes de dialogues, dont la localisation mérite au passage d’être saluée. Il y a bien quelques petites fautes par ci par là, mais vraiment pas de quoi en faire un fromage.
Un jeu à l’ancienne
L’auteur de ces lignes n’est généralement pas très attiré par les jeux de tir à la première personne. Pourtant, Mouse: P.I. for Hire a réussi à nous prendre dans ses filets. Il faut dire qu’on nous propose là une formule assez simple : une série de niveaux à parcourir où s’enchaînent les affrontements contre les mafias locales.
On pourrait d’ailleurs facilement lui reprocher sa structure trop sage (alors même que les niveaux sont parfois complètement fous), et il est vrai qu’on aurait aimer disposer de plus de liberté durant les stages. Il y a bien un paquet de secrets à découvrir, généralement cachés derrière des passages dérobés, mais cela nous a semblé trop peu, et surtout rarement bien récompensé.
Pour autant, cela ne nous a pas empêché de passer un excellent moment à les visiter, et même si le bestiaire est très restreint, c’est dans la variété des armes, à améliorer, à la fois très différentes et parfois très loufoques, que nous avons pu trouver notre compte. Malgré tout, on ne peut nier que l’expérience ne se renouvelle que trop peu. Et si pour un jeu de quelques heures, ce problème ne n’en est pas vraiment un, on parle ici d’une aventure s’approchant de la vingtaine d’heures pour être bouclée.
Alors, il y a bien des mini-jeux pour tenter de varier les plaisirs, mais ils n’y parviennent qu’à la marge. Il faut dire que quand on en est au dixième crochetage dans un niveau, le plaisir de la nouveauté s’estompe rapidement. Idem pour le jeu de carte proposé qui s’est révélé beaucoup trop simpliste pour qu’on y trouve un quelconque intérêt après quelques parties, au-delà de la récompense finale.
On retrouve dans ces mini-jeux en quelque sorte le ressenti global du gameplay. Mouse: P.I. for Hire est trop sage, même dissonant par rapport à son ambiance générale (on y revient toujours) et aux idées scénaristiques proposées. Pourtant, il y a bien quelques bonnes idées, notamment dans le dernier tiers du jeu, et les affrontements à main nue à la « Popeye » ou aux « Pistodoigts » sont rafraichissant, mais on sent qu’il manque un truc.
Et ce truc aurait pu passer par offrir aux joueurs une véritable participation aux enquêtes réalisées. Malheureusement, on se contente simplement de ramasser les indices sur notre chemin et à observer Jack faire le lien entre les différentes preuves amassées. N’aurait-il pas été intéressant de nous laisser déduire ces liens (via des QCM par exemple) ou même nous proposer un mini-jeu supplémentaire en ce sens ?
Le charme a opéré. Nous avons passé un excellent moment sur Mouse: P.I. for Hire. Nous avons été envoutés d’un bout à l’autre de l’aventure par sa direction artistique et son ambiance portées par un travail d’écriture, des compositions musicales et le jeu d’acteur d’un Troy Baker magistral. Pour un premier titre, Fumi Games met déjà la barre très haut, multipliant les hommages à ses pairs et on attend déjà impatiemment sa prochaine production.
D’autant que le studio possède encore une belle marge de progression, notamment lorsqu’il s’agira de travailler sur le gameplay. Car si Mouse: P.I. for Hire est un FPS « à l’ancienne », simple et efficace, on aurait apprécié un bestiaire plus étendu et globalement une folie plus en adéquation avec l’univers proposé. Reste que jusqu’en fin de compte, nous nous sommes régalés à suivre les enquêtes de Jack Pepper.


