Six ans après un premier épisode qui ne sera pas resté dans les mémoires, Tamsoft et Bandai Namco reviennent avec un nouvel épisode vidéoludique d’Olive et Tom, Captain Tsubasa dans la langue de Yôichi Takahashi (mangaka de l’œuvre). Captain Tsubasa 2: World Fighters vient donc titiller notre nostalgie de (presque) quarantenaire et, malgré un premier épisode globalement moyen, nous avions bizarrement hâte de nous plonger dans cette bataille footballistique mondiale.
Manque de chance cependant, avec une sortie le 28 août sur PS5, Xbox Series, Switch et PC, le titre a raté le coche de la Coupe du monde bien réelle et n’a donc pas bénéficié de l’engouement autour du ballon rond. Il en aurait probablement eu bien besoin car en arrivant à l’aube de la rentrée, il se retrouve au milieu d’un champ de bataille commercial pour lequel il ne semble pas taillé. Alors, avant que les autres champions de 2026 ne se présentent, Captain Tsubasa 2: World Fighters mérite-t-il qu’on lui laisse jouer les prolongations pour un nouveau mondial ?
(Test de Captain Tsubasa 2: World Fighters réalisé sur PS5 à partir d’une version fournie par l’éditeur)
À la conquête du monde
Une fois n’est pas coutume, nous allons commencer cette critique par notre conclusion : nous aurions tant aimé aimer Captain Tsubasa 2: World Fighters. Et pourtant, le titre a su nous accrocher au départ. En dépeignant l’intrigue de World Youth, celle de la coupe du monde U20, c’est sans doute le meilleur arc du manga qui nous est proposé. Chaque joueur est au top de sa forme, dispose de ses techniques les plus impressionnantes et le renouvellement des adversaires fait un bien fou.
Nous suivons donc toute la compétition, depuis ses qualifications jusqu’à la grande finale (et même plus encore avec plusieurs scénarii supplémentaires), en tant que nouveau joueur intégré à la sélection. Un avatar créé de toutes pièces qui arrive dans le même club que Tsubasa, au Brésil. On apprend à (re)découvrir certains de nos futurs adversaires, la formation de l’équipe du Japon et l’entraînement de nos anciens équipiers de la New Team.
Mais hélas, le titre souffre des mêmes problèmes que Rise of New Champions, à savoir son manque de rythme. Le titre est tellement bavard que cela en devient soporifique. Les tunnels narratifs s’enchaînent pendant de très (trop) longues minutes et on ne fait que lire des conversations qui, la plupart du temps, ne sont guère intéressantes.
Et si au début on se laisse prendre par le récit, les innombrables et répétitives conversations parviennent à venir à bout de notre patience et on finit par passer bon nombre de scènes. De toute façon, il n’y a globalement pas grand-chose à comprendre : une nouvelle équipe à affronter, certains de ses joueurs sont extraordinaires et vont nous donner du fil à retordre. Et ainsi débute le vrai match.
La bataille du terrain
Enfin, parler de « vrai » match serait exagéré. Les affrontements n’ont pas grand-chose à voir avec le football et c’est là que le sous-titre du jeu prend tout son sens, involontairement. Captain Tsubasa 2: World Fighters, sur le rectangle vert, est une véritable bagarre. Oubliez les règles, c’est la loi du plus fort qui règne, et qu’il s’agisse d’attaque spéciales ou normales, le but est d’écraser son adversaire tout en gérant nos ressources pour enchaîner tacles et tirs spéciaux.
Intéressante sur le papier, cette bataille rangée finit par être un joyeux bordel, où chaque joueur qui prend le ballon se retrouve à devoir esquiver les tacles à la gorge de l’adversaire dans le but de s’ouvrir une fenêtre de tir, une technique prenant quelques secondes à charger, pour tenter de battre le gardien adverse. Et au fil du match, quand chaque joueur a rempli sa barre de compétences, on entre dans le grand n’importe-quoi.
Bon, évidemment, ce n’est pas que cela, et le titre propose même à chaque chapitre des dizaines de défis à réaliser (marquer X buts avec tel personnage, réaliser une combinaison entre deux joueurs, effectuer une action précise…). Dans cette optique, il conviendra donc d’attribuer les bonnes techniques à notre avatar et de le placer correctement sur le terrain (jusqu’au poste de gardien parfois). De quoi ajouter de la variété dans les matchs.
Pour autant, au final, la formule ne fonctionne pas. C’est certes amusant sur les premiers matchs, mais la compétition avançant et la difficulté augmentant, les limites de ce gameplay se font plus présentes et, au bout du compte, chaque match se ressemble et finit par être moins intéressant que le précédent.
Un constat encore plus criant lors des parties en ligne (pour les rares matchs où nous avons pu trouver un adversaire). Captain Tsubasa 2: World Fighters n’est pas mauvais en soi, mais n’arrive pas à trouver son équilibre entre fidélité et fun, cherchant trop à taper dans le fan service et à titiller la fibre nostalgique plutôt que de proposer une expérience à la hauteur de la licence.
Captain Tsubasa 2: World Fighters a certes raté le coche de la Coupe du monde, mais il a surtout raté sa proposition. L’idée de base est intéressante, et en reprenant l’arc World Youth, méconnu mais néanmoins excellent, le titre se mettait dans la poche les fans de la première heure de la licence. Dommage d’ailleurs que cet arc soit notamment si mal mis en scène à cause de ces interminables dialogues.
Et quand il s’est agi de nous faire jouer, le résultat n’était pas plus glorieux. Bien loin d’un jeu de football ou même de stratégie, nous avons assisté à des affrontements où seule la loi du plus fort prévalait, avec des enchaînements de tacles et charges à l’épaule jusqu’à ce qu’un des joueurs finisse par s’échapper du piège tendu par ses adversaires.
Bien sûr, le fan-service est là, omniprésent même, et quand on parvient à réaliser les attaques emblématiques de l’anime, de la catapulte infernale des frères Taki au tir du tigre de Hyuga, on apprécie à sa juste valeur le shoot de nostalgie procuré. Mais Captain Tsubasa 2: World Fighters n’a hélas que cela ou presque à proposer, et à moins d’être un fan inconditionnel de la licence, il serait peut-être plus sage de passer votre chemin et de lui préférer l’excellent Inazuma Eleven : Victory Road, bien plus recommandable.


