Vous aussi en avez plus qu’assez des mauvaises nouvelles à répétition, de la grisaille automnale, de la morosité ambiante du secteur où licenciements et perspectives peu enthousiasmantes s’enchaînent ? Dans ce cas, peut-être avez-vous simplement besoin d’une cure de mignonnerie. Voilà qui tombe bien puisque Woodo vient de sortir sur consoles et PC.
Annoncé il y a près de deux ans déjà, il s’agit du premier titre du studio arménien Tiny Monks Tales et de Yullia Prohorova et Timur Bogotov dont l’ambition est de nous proposer une évasion dans un monde paisible et rassurant via des mécaniques accessibles. La définition même d’un cosy game nous direz-vous. Alors, qu’est-ce qui pourrait démarquer Woodo de la pléthore de jeux du genre ? Mais surtout, parvient-il à ses fins en nous offrant un chouette moment de détente ?
(Test de Woodo réalisé sur Switch 2 à partir d’une version fournie par l’éditeur)
Retour en enfance
Quoi de mieux pour nous détendre qu’un shot de nostalgie. C’est en somme l’objectif de Woodo, nous replonger en enfance, lors de vacances paisibles, loin de tout, loin des technologies de notre quotidien dont la première victime est notre innocence. Tout n’était-il pas mieux lorsque, enfant, un rien nous amusait, le moindre enfant rencontré dans le voisinage devenait notre copain avec qui nous imaginions de folles aventures ?
Ainsi, on suit l’aventure de Foxy, jeune renarde anthropomorphe envoyée en vacances à la campagne. Une fillette démunie, sans réseaux et, dans son imagination du moins, entourée de créatures hostiles. Et si ces premiers jours furent difficiles pour la citadine, sa rencontre avec Ben, l’un des villageois, marqua le début d’une belle amitié estivale.
D’un bout à l’autre de son récit, Woodo a su nous toucher, visant avec beaucoup de justesse notre fibre nostalgique. On se revoit nous-mêmes enfants, partageant avec nos copains de l’époque le même genre d’aventure. Un chapeau, un morceau de bois et nous voici devenus aventuriers à la recherche d’un trésor.
Une histoire sans prétention, certes, mais au fil des événements, on restait là, devant notre écran, à sourire en suivant les péripéties de nos deux amis. Il faut dire que la narration est efficace, notamment grâce à une bande sonore et à une localisation des voix en français particulièrement réussies. Une aventure courte (comptez 4 à 5 heures pour en voir le bout) que l’on conseille vivement de suivre avec un enfant, le chapitrage de l’aventure permettant des sessions relativement rapides.
Un puzzle-game tout choupi
Nous l’avons évoqué initialement : Woodo propose une boucle de gameplay extrêmement simple, l’idée étant probablement qu’il puisse être joué avec un enfant. Dans l’idée, on se trouve face à un jeu de puzzle, littéralement, où l’on doit reconstruire pièce par pièce un diorama mettant en scène l’histoire contée.
Une fois assemblé, le diorama permet alors d’admirer en couleur la superbe direction artistique du titre. Les décors en bois sont du plus bel effet et participent à l’ambiance « feel-good » de l’ensemble. Et même si on pourrait arguer que l’ensemble reste simple, la matérialisation de l’imagination de Foxy reste magnifique et cohérente avec la vision naïve de l’enfant que l’on accompagne dans ses aventures.
Pour autant, tout n’est pas si rose, et au fil des niveaux, malgré quelques bonnes idées, la partie ludique de Woodo devient progressivement moins convaincante. À chaque nouveau stage, davantage de morceaux du diorama sont à replacer, mais certaines pièces semblent toutefois avoir été ajoutées simplement pour frustrer le joueur.
Régulièrement, on pourra caler sur le placement de minuscules éléments, comme cette libellule planquée derrière un roseau, ou un porte-clé difficilement discernable dans le décor. Bien sûr, il est possible d’observer en détail chaque environnement, de zoomer à loisir sur chacun de ces éléments. Dommage cependant que la prise en main soit aussi chaotique et qu’il se révèle souvent pénible d’atteindre précisément les points que l’on souhaite examiner de près (notons par ailleurs l’absence d’un mode souris voire tactile sur la console de Nintendo, ce qui aurait pu améliorer l’ensemble).
D’autant que sur les derniers niveaux, cela se révélera nécessaire et un enfant seul aura bien du mal, faute de patience, à tout reconstituer. Heureusement, pour compenser ce problème, il est possible d’utiliser librement un indice qui, dans les faits, nous montre l’endroit où placer la pièce sélectionnée. Reste que compenser un problème par une mécanique annexe ne corrige pas ledit problème, et le titre n’avait pas besoin d’intégrer ce genre de difficulté un peu bête.
Woodo est un titre charmant, une replongée en enfance qui a su nous toucher jusqu’à son terme en réveillant avec douceur nos plus beaux souvenirs de joies simples et d’amitiés estivales. La direction artistique de l’ensemble et la bande-son de Don Roberts participent à la merveilleuse ambiance du jeu, au même titre que les voix françaises qui transforment l’ensemble en un véritable conte interactif, à suivre de préférence en famille.
Reste que si vous cherchez un jeu du niveau d’Unpacking par exemple, auquel il emprunte en partie sa narration environnementale, le titre n’est pas à la hauteur, a fortiori quand il nous demande de replacer des pièces minuscules, planquées derrière un élément de décor par exemple. On se rapproche alors plus d’un « cherche et trouve » dont l’intérêt ludique est discutable.
Et nous n’avons pas encore évoqué son prix. Car si l’expérience reste globalement agréable et nous a offert un moment de nostalgie et de cocooning particulièrement satisfaisant, le tarif affiché de 20 euros nous semble un peu disproportionné. Ainsi, à moins que vous ne soyez en manque important d’une aventure cosy, peut-être serait-il plus sage d’attendre que Woodo affiche un prix aussi doux que son aventure.


