C’est le genre de timing dont Take-Two se serait bien passé, à deux mois à peine de la sortie de GTA VI. Le procès au prud’hommes opposant Rockstar Games à 34 de ses anciens employés vient de s’ouvrir à Glasgow. L’affaire remonte à octobre 2025 : convoqués un par un pour faire un point d’étape, ces salariés se sont vus remettre une lettre de licenciement pour faute grave avant d’être escortés vers la sortie. Si le studio invoque des fuites d’informations confidentielles, les employés dénoncent quant à eux une vaste opération de répression syndicale.
Grand Theft Employment Rights
Pour les employés et leur syndicat, l’IWGB (Independent Workers Union of Great Britain), la direction aurait infiltré une taupe dans un serveur Discord privé dès février 2024. Sur ces salons, qu’ils pensaient réservés aux salariés, les membres discutaient de leurs conditions de travail et qualifiaient la direction de « connards » et autres noms d’oiseaux. La taupe aurait donc transmis comptes-rendus, listes de membres impliqués et captures d’écran au management pendant plusieurs mois.
Toujours selon l’IWGB, la rafle aurait été déclenchée au moment où le syndicat venait de franchir les 10 % d’adhérents parmi les effectifs (soit le seuil légal au Royaume-Uni pour exiger une reconnaissance officielle). Le signe évident d’une répression syndicale selon les travailleurs.
Rockstar Games et Take-Two évoquent un « effondrement irréparable de la confiance » et réfutent toutes les accusations. « Si l’objectif avait été d’écraser le syndicat, ça aurait été stupide d’attendre qu’il atteigne les 10 % pour virer 31 membres d’un coup ».
Pour le studio, ces licenciements sont justifiés par des fuites découvertes sur le Discord non sécurisé des employés : des informations sur le mode Online ou les retards de productions y aurait été partagées, dans des salons avec plus de 350 personnes (dont d’anciens employés potentiellement partis chez la concurrence et un journaliste).
Pour convaincre le tribunal de la légitimité de sa réaction, Rockstar a étalé l’arsenal sécuritaire hallucinant déployé autour de GTA VI, comparant la protection du jeu à la formule secrète du Coca-Cola ou aux secrets de fabrication d’Apple… On parle de filtres installés aux fenêtres pour empêcher les photos de drones et de la présence permanente de cinq enquêteurs internes chargés de traquer la moindre faille.
Ce procès ne fait que commencer, et nul doute que d’autres rebondissements seront rendus publics durant les cinq prochaines semaines. Les plaignants réclament leur réintégration ou des indemnités financières, mais ils cherchent surtout à faire reconnaître les méthodes d’intimidation de Rockstar. Quel que soit le verdict qui sera rendu en Écosse, l’affaire semble s’inscrire dans une tendance de fond dans l’industrie du jeu vidéo, où les initiatives syndicales se multiplient face à la crise.

GTA VI – De nouvelles fuites, ou un manifeste anti-consumériste qui vise Rockstar ?
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ElMama
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