Roblox se porte bien. D’après la dernière lettre aux actionnaires, envoyée à l’occasion de la fin du troisième trimestre fiscal 2027, le chiffre d’affaires du studio a augmenté de 16% malgré des commandes en baisse. Derrière cette évolution, on retrouve une stratégie privilégiant l’I.A. générative, soulignant le succès de la technologie malgré ses fervents détracteurs.
En soi, ces documents sont surtout le moyen de faire un point temporaire et ne sont pas aussi détaillés que des bilans annuels. Cependant, dans le cas de Roblox, cette lettre permet de mesurer l’adoption de Build, l’outil I.A. mis à la disposition des utilisateurs, par le public déjà acquis au studio. Une donnée précieuse alors que beaucoup de pontes des industries de la technologie se tournent vers des modèles similaires.
Meta en septembre puis Google en octobre : les deux géants lorgnent sur le marché de Roblox. Que ce soit Horizon ou Playground, les deux sites reprennent le même concept. Une plateforme, où n’importe qui peut créer son jeu et le mettre en ligne. Le tout renforcé à grand coup d’I.A. générative, dont l’usage est central au modèle de développement.

Build, le modèle de Roblox intégrant l’IA au système est déjà existant, à l’essai depuis juillet dans plusieurs régions du monde (Nouvelle Zélande, Thaïlande, Singapour et Serbie). C’est donc le seul modèle du genre qui dispose d’un minimum de recul.
L’I.A. générative, solution à tout ?
L’I.A. générative est régulièrement lourdement critiquée par les irréductibles défenseurs de la création humaine, cependant les chiffres racontent une histoire bien plus favorable à la nouvelle technologie. Non seulement Build a très bien été adopté dans les régions où l’outil est disponible, les jeux qui sont produits avec disposent d’une popularité respectable. Concrètement, 500 000 utilisateurs ont produit quelques 70 000 jeux en trois mois.
Plus globalement, ce sont 80% des jeux du top 100 de Roblox dont le développement a été accéléré par l’emploi de l’IA. Cela représente une croissance générale de 50%. Aussi, deux des jeux développés par Build se sont frayé une place dans le top 20 des jeux avec le plus de joueurs concurrents depuis quelque temps.
Deux jeux, cela représente peu, cependant il faut replacer ce chiffre dans son contexte : en moyenne, 15 000 expériences sont publiés sur Roblox chaque jour. Se maintenir dans le top 20 dans ce contexte, ce n’est pas si facile. Ces premiers résultats se placent dans un contexte où David Baszuki, CEO du studio, veut voir son projet comme un pionnier du genre :
« Quand n’importe qui peut créer un jeu, ce qui compte, c’est l’échelle de sa distribution, l’efficacité de ses systèmes de diffusion, une économie robuste, une sécurité d’élite et une infrastructure capable de soutenir tout cela. »
Un intérêt pour l’I.A. générative et la diffusion de ses projets d’autant plus forts que tous les signaux ne sont pas forcément au vert et que Roblox doit, pour maintenir sa courbe de croissance, atteindre de nouveaux joueurs, adultes, prêts à mettre la main au porte monnaie plus généreusement et régulièrement que le public mineur habituel du studio. C’est pourquoi Roblox compte suivre la stratégie de Meta et Google, en rendant ses jeux disponibles en dehors des frontières de la seule application Roblox.
Une stratégie dans laquelle l’I.A. trouverait facilement sa place : à la manière d’un DLSS 5, Roblox prévoit de lancer Roblox Reality, un système d’upscaling qui devrait permettre aux jeux Roblox d’atteindre une qualité photoréaliste. Ce serait, d’après le rapport, le meilleur moyen d’atteindre ce public plus mature. De notre côté, on doute un peu plus : le DLSS5 n’a pas vraiment été accueilli à bras ouverts par les joueurs…

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