Vous reprendrez bien un peu de slop ? Après Roblox et Meta, c’est au tour de Google d’annoncer une plateforme de jeu IA. Sur Playground, les utilisateurs peuvent générer, modifier et publier des jeux avec l’assistance des modèles de Google (Gemini, Nano…). Bien que l’utilisation de la plateforme soit gratuite, certaines fonctionnalités sont réservées aux abonnés Google One.
Comme ses deux rivaux, Google brandit le drapeau de l’accessibilité pour essayer de vendre la plateforme. Ce serait un moyen de rendre la création de jeu vidéo plus simple et accessible. Très concrètement, Playground ne propose rien de très créatif : il est encore une fois question de taper son idée, puis de laisser l’IA faire tout le travail.
Google semble vouloir se démarquer sur deux points. D’abord, la plateforme met le paquet sur l’accessibilité, puisque les modèles IA et les jeux en eux-même seront disponible directement sur navigateur. Ensuite, le projet cherche une forme de légitimité, en travaillant de concert avec Unity et leur modèle Spark.

Vous créez, ils empochent
Comme toujours, la génération de contenu par intelligence artificielle pose plusieurs questions épineuses : droits d’auteur, les limites de ce qu’il est possible de représenter… sur Playground, l’utilisateur est entièrement responsable de ce qui sort de l’IA. Google a un droit de regard, cela reste cependant à l’utilisateur de s’assurer que son produit est en accord avec les limites légales.
« Produit », c’est bien le mot, car dès à présent, alors même que la plateforme est expérimentale, il est déjà question de la monétiser. Google met un point d’honneur à mettre en avant les jeux en ligne, notamment ceux compétitifs avec des tableaux de high score.
Le géant veut des jeux qui favorisent l’engagement, qui poussent les joueurs à relancer une partie. Ce n’est bien entendu pas un hasard puisqu’il est dès maintenant prévu de mettre des publicités en pop-up entre les différentes parties.

Alors, ce n’est rien de révolutionnaire. Google, comme ses rivaux cherche à rentabiliser les investissements faramineux mis en jeu dans le développement de ses modèles IA. Il y a aussi (et peut-être surtout) une question d’image ici. L’objectif, c’est aussi de démontrer l’importance et l’efficacité de son IA aux investisseurs, pour pouvoir avoir de nouveaux financements.
Ainsi, difficile de voir Playground comme quelque chose ciblant avant tout les joueurs. La plateforme ne répond d’ailleurs pas vraiment à un besoin, ce n’est pas comme si on manquait de jeux aujourd’hui. Bien au contraire, même. Cette usine à gaz, qu’elle soit chez Meta ou chez Google d’ailleurs, existe avant tout pour alimenter un algorithme.
Seul reste le cas de Build qui se démarque du lot par l’historique de Roblox. Plateforme déjà pensée pour le développement et la publication de jeux amateurs, c’est bien là que ce genre d’IA fait le plus de sens. D’ailleurs, depuis le lancement de l’outil en Nouvelle Zélande fin juillet, ce sont quelques 90 000 jeux qui ont été publiés par les 100 000 élus du test.

Cependant, est-ce vraiment l’avenir de ce modèle créatif ? Sur Roblox, sans l’IA, ce sont en moyenne 15 000 jeux qui sont publiés par jour. Difficile de voir Meta (Horizon) et Google (Playground) réussir à se creuser un nid là-dedans, alors que Roblox, leader du marché dans le domaine des jeux UGC, dispose déjà d’un public aussi actif.
Pour autant, une chose est claire : l’IA est présentée comme l’avenir du modèle UGC chez ces trois concurrents. Reste à voir si, sur Roblox comme chez les autres, le modèle réussit à prendre de l’ampleur ou s’il sera, comme les NFTs, aussitôt sorti, aussitôt oublié par le public.

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