Et si les investisseurs commençaient enfin à comprendre que l’I.A. générative était surtout le buzzword du moment, et que non, ce n’est pas demain qu’on réaliserait un film ou développerait un jeu en deux prompts sur Gemini ? Et s’ils se rendaient doucement compte que finalement, les créatifs dont on espérait pourvoir se débarrasser ont peut être bien quelque chose de plus à offrir qu’un LLM ?
C’est en effet le sens d’une info de Bloomberg relayée par The Next Web cette semaine : Nintendo, dont le cours de l’action avait souffert de l’annonce des augmentations de prix de la Switch 2, a repris 6,8% à la bourse de Tokyo, tandis que Bandai Namco et Konami ont tous deux vu leur cours grimper de plus de 9%. Et dans le même temps, des groupes très liés à l’intelligence artificielle, qui depuis quelques temps attiraient à eux toute la lumière et les investissements, ont « sous performé ».
Retour à la raison, ou, au moins, aux fondamentaux
La lecture croisée de ces deux données est simple : les investisseurs commencent à se détourner de acteurs de l’I.A. pour revenir à des secteurs technologiques plus « traditionnels ». Un mouvement qui se remarque de façon plus large, comme l’explique l’article de Bloomberg qui parle de « AI fatigue ». Les investisseurs se demandent si les promesses de l’I.A. vont être tenues, et si les retours sur investissements seront à la hauteur des sommes folles engagées – ce qui, jusqu’à présent, tarde à se vérifier.
Ainsi, comme un investisseurs reviendrait à la valeur sure que représente l’immobilier (« la pierre »), les capitaux se redirigent vers des entreprises dont le savoir faire est reconnu, et dont les catalogues sont une valeur plus tangible.
Pour autant, cela n’annonce pas du tout que l’I.A. va finir par disparaître. Les outils sont là, certains sont utiles et efficaces et peuvent représenter une vraie nouvelle façon de travailler. C’est le « tout I.A. » qui, pour reprendre l’expression de Bloomberg, « fatigue » les investisseurs, mais aussi les utilisateurs. Entre la menace sur de nombreux emplois, le coût environnemental démentiel, la prise en otage des composants et l’explosion des prix induite, ou encore le slop à tous les étages (des illustrations postées sur LinkedIn aux pubs TV pour un discounter, en passant par les très problématiques Skibidi Tentafruits…), c’est l’overdose d’une technologie qui ne fait rien pour se rendre aimable.
Dans le même temps, Arthur Mensch, patron du champion français de l’I.A. Mistral, a été entendu, dans le cadre d’une audition sur la souveraineté numérique, par une Assemblée Nationale quasiment vide. Parce que nos députés sont, sur le sujet, complètement dépassés, ou parce qu’il ont déjà deux coups d’avance ?

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