L’événement de la semaine est probablement le lancement du grand barnum qui durera jusqu’au lancement de GTA 6. D’ici là, la moindre miette d’info fera la une des sites d’actualité jeux vidéo. On se souvient que Cyberpunk 2077 avait entraîné un déluge de publication durant les mois précédent sa sortie, et on peut s’attendre à la même chose, en pire, pour GTA 6 (« Un doubleur de GTA 6 a claqué sa porte en laissant les clés à l’intérieur ! »). Mais l’autre événement de la semaine, plus tangible, c’est la révélation du prix et et de la configuration de la Steam Machine.
Machine de luxe pour un public de niche, la console ne compte pas sur sa puissance pour séduire (certains benchmarks la place un cran en dessous de la PS5), ni sur le fameux couple 4K-60FPS (qui restera difficile à atteindre, quoi qu’en dise la brochure commerciale), mais sur une expérience globale incluant un form factor discret, un silence religieux, SteamOS, et la prise en compte native de la manette Steam Controller (non incluse, évidemment !).

Hélas, ce même SteamOS pourrait être le détail qui fera la différence à la fois dans le bon sens (cohérence, stabilité…), mais aussi négativement. Le système d’exploitation de Valve, basé sur Linux, empêche en effet de nombreux jeux multijoueurs de tourner. Ainsi, Fortnite, les jeux Riot Games (Valorant, Apex Legends), les Call of Duty, le « nouveau FIFA » EA Sports FC, Battlefield 6 ou encore GTA Online ne pourront très probablement pas être lancés sur Steam Machine, et pas pour des histoires de puissance, mais à cause de leurs composantes anti-triche.
Tous ces titres, et d’autres, sont en effet munis de petits logiciels dits anti-cheat qui s’installent et démarrent en même temps que le jeu, pour s’assurer que celui-ci est bien conforme à la version distribuée par l’éditeur, sans « mod » permettant par exemple de toucher sa cible à tous les coups ou d’éliminer des ennemis à travers les murs. Or, ces programmes anti-cheat sont rarement, pour ne pas dire jamais, compatibles avec Linux, et ne sont donc pas compatibles avec SteamOS et la Steam Machine.
Bien entendu, des bidouilleurs ont pu trouver des moyens détournés de lancer tout de même certains des jeux concernés sous SteamOS, mais le bidouillage en question n’est peut-être pas accessible à tout le monde, et viendrait un peu en contradiction avec la promesse de simplicité « plug & play » de la console de Valve.
GTA 6 vient de démarrer la phase la plus intensive de sa promo. Aujourd’hui, le jeu est annoncé comme une « expérience solo », mais étant donné les revenus faramineux générés par GTA Online (autour de 100 millions de dollars par mois !), l’expérience multijoueurs devrait suivre rapidement. Sauf pour les joueurs qui seront sur la Steam Machine.
Au-delà du fait que la console de Valve n’est très probablement pas le moyen le plus confortable de jouer à un titre aussi gourmand que s’annonce GTA 6, cette impossibilité de lancer une partie multijoueurs en ligne risque de faire une mauvaise publicité à la machine, déjà décriée pour sa position tarifaire. Ce qui, néanmoins, ne l’empêchera probablement pas de s’afficher rapidement « sold out ».

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