À sa sortie, Arc Raiders a été très bien accueilli par la presse et les joueurs, sans être néanmoins exempt de défauts. Beaucoup reprochaient à son développeur, Embark Studios, d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour générer les voix de son jeu. La polémique a fait du bruit et la société continue de se justifier comme en témoigne le dernier making-of publié il y a quelques jours sur YouTube.
Embark Studios justifie l’IA
Lorsque le jeu est paru en octobre 2025, les joueurs ont été contrariés par la présence de voix générées par l’intelligence artificielle, ce qui avait créé un tollé. Le producteur exécutif Aleksander Grøndal a même légitimé certaines de ces critiques. Et le studio a fini par remplacer un grand nombre de dialogues par des voix réellement enregistrées. Un processus de modification qui continue à l’heure qu’il est.
Bence Pajor, le directeur audio du studio, évoque deux raisons pour justifier l’utilisation de l’IA générative : le calendrier des acteurs qui ne correspondait pas forcément à celui des développeurs ; et le manque de praticité, certaines lignes de dialogue auraient été fastidieuses à réaliser. Selon Pajor, “les comédiens [seraient devenus] fous s’ils devaient lire tout ça”.
Pour autant, cela ne veut pas dire qu’aucun acteur n’a été sollicité. Seulement, leurs voix ont été enregistrées (avec le consentement des parties concernées) afin d’être utilisées par la suite. Diana Gardner, l’actrice de Celeste, émet d’ailleurs un avis partagé sur le sujet. Si elle reconnaît que cette méthode la “libère” et lui permet d’honorer d’autres contrats, sans avoir besoin de les annuler, elle en éprouve également une impression particulière : elle est comme mise à distance du personnage et de sa performance qui, finalement, ne lui appartient pas totalement.
Des excuses de principe
Un sentiment avec lequel un grand nombre d’acteurs devraient forcément composer à l’avenir. Car le cas d’Embark Studios est certainement un exemple de la transformation qui est en train d’avoir lieu dans l’industrie. Aujourd’hui, les studios l’assument avec difficulté et les justifications peu convaincantes de Pajor, qui empruntent plutôt l’apparence d’excuses de commodité, semblent prouver cette gêne.
Embark Studios peut déclarer ne pas vouloir remplacer les “acteurs”, comme il le fait également dans la vidéo, cela ne change pas grand-chose. Ce ne sont que des mots rassurants, visant à apaiser les craintes, qui ne collent pas forcément aux actions passées du studio. En 2023 déjà, une controverse similaire avait accompagné la sortie de The Finals. Elle n’a pourtant pas eu d’incidence dans la manière d’aborder le développement d’Arc Raiders, paru près de deux ans après.
En réalité, ce serait plutôt l’inverse : l’IA est partie prenante de la stratégie d’Embark Studios et de sa maison mère Nexon. Rappelons-nous les propos de Junghun Lee qui avait désigné Arc Raiders comme « cheval de Troie” lors d’un briefing tenu le 31 mars dernier :
« Au-delà de son succès commercial fulgurant, Arc Raiders est un cheval de Troie. […] Un cadeau qui incarne un changement de mentalité : la technologie permet aux développeurs et aux équipes chargées des services en ligne de consacrer plus de temps à la réflexion et moins au codage. Plus de temps pour innover ; moins de temps à écrire du code. »
En substance, on peut l’interpréter ainsi : il fallait probablement voir l’extraction shooter moins comme un divertissement de qualité que comme un laboratoire destiné à rendre l’IA plus acceptable.

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