Annoncé en 2022 sous le titre Project LLL, et alors prévu pour sortir en 2024, Cinder City est, depuis le début de son développement, un projet très ambitieux. À l’origine, il y avait la volonté de créer un jeu qui saurait se détacher des looter shooter et autres Battle Royale. Les plantages à répétitions de jeux de tir multijoueurs, de Concord à Marathon, en passant par Last Flag, n’étaient pas encore la norme, mais le studio Big fire Games, propriété du coréen NCSOFT, avait prophétiquement senti la nécessité d’offrir quelque chose de différent.
Lors des premières présentations du projet, le studio expliquait qu’il souhaitait combiner des éléments de jeux de tir, de MMO et d’open-world. Autant d’ingrédients qui se retrouvent aujourd’hui dans le dernier trailer de Cinder City.
On y découvre une Séoul anéantie, post-apocalyptique, territoire de créatures mutantes que ne renieraient pas les derniers épisodes de Resident Evil. Le joueur y incarne un super-soldat, un Cinder Knight (un Chevalier de Cendre, littéralement) dont la tâche est de protéger les survivants. Après plusieurs années de développement, l’ambition initiale du studio est intacte, et le jeu tel que présenté aujourd’hui reste un TPS en open world avec une forte composante MMO. Si le jeu se présente comme une expérience solo, la description du jeu sur Steam précise :
« Boss de terrain, donjons instanciés, immenses raids mondiaux — les menaces qui frappent Séoul ne s’arrêtent jamais, et vous non plus.
Répartissez les rôles, mettez votre stratégie à exécution et façonnez votre personnage selon votre style de jeu. Qu’il s’agisse d’explorer un donjon ou de participer à un raid d’envergure, la coopération est au cœur de l’expérience. »
Autant d’éléments clairement empruntés aux mécaniques du MMO. L’ambition du jeu se voit ainsi dans le mélange des genres qui la compose, mais également à travers la variété des situations que l’on aperçoit dans la bande annonce : filer comme le vent en moto, voler un hélicoptère ou combattre aux commandes d’un mecha surpuissant sont autant de possibilités offertes par le gameplay (si ce dernier tient toutes ses promesses d’ici la sortie du jeu).
Cependant, cette ambition a un coût, et la fiche technique du jeu réclame une configuration minimum de 32gb de RAM, et même une configuration conseillée de 64gb de RAM ! Cinder City serait ainsi le premier jeu « next gen », quitte à laisser du monde sur le bord de la route.
Un jeu pour 5% des joueurs seulement
Nombreux sont en effet les joueurs à jouer avec 16gb de RAM ou moins (plus de 50% des utilisateurs de Steam, d’après la page « Sondage sur le matériel et les logiciels » de la boutique), et moins de 5% d’entre-eux sont équipés de 64gb de RAM ou plus. Ce qui signifie qu’à l’heure actuelle, moins de 5% des utilisateurs de Steam sont en mesure de jouer à Cinder City dans les conditions imaginées par les développeurs. Cela pourrait évoluer, mais pas tout de suite.
Est-il réellement utile de rappeler que nous vivons une crise majeure touchant les composants, la RAM et le stockage en particulier, dont les prix se sont envolés ? La plupart des articles sur le sujet nous préviennent que non seulement les tarifs ne vont pas perdre d’altitude prochainement, mais qu’ils vont même continuer à grimper au moins jusque 2028, et peut-être « ne jamais retrouver leur prix normal » (dixit Lenovo).
Cinder City n’a pas encore de fenêtre de sortie, tout juste un « prochainement ». Et étant donné les conditions actuelles, s’il souhaite que le jeu se vende et se joue dans de bonnes conditions, son éditeur serait bien avisé d’attendre au moins la next gen pour le publier…

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