Après la récente décompilation d’Animal Crossing, c’est au tour de Zelda: Twilight Princess d’avoir droit au traitement. Pendant que les joueurs attendent depuis le lancement de la Switch une hypothétique ressortie de la version HD du titre, disponible uniquement sur Wii U, les passionnés ont une fois de plus pris les devants avec un travail titanesque.
Le projet serait le plus ambitieux jamais réalisé autour d’un titre Nintendo. Pour rappel, la décompilation est le processus consistant à transformer un code compilé pour le restituer en un code source lisible et équivalent à l’original. Après plus de cinq ans de développement, le résultat est à la hauteur de l’effort fourni. D’autres titres ont déjà bénéficié de ce traitement, comme Ocarina of Time et Majora’s Mask, mais l’échelle de ce projet dépasse largement ses prédécesseurs.
Un travail qui ouvre de nouvelles perspectives
Plus un jeu est récent, plus son code est complexe et plus le temps nécessaire à sa décompilation est important. Le défi était donc considérable. Twilight Princess est désormais jouable sur PC, Linux, iOS et Android, à condition d’utiliser sa propre copie du jeu (on précise que le procédé reste illégal même s’il part d’une bonne intention). Le fait qu’il soit open source le rend également entièrement modulable, ouvrant la porte aux mods et à bien d’autres possibilités, de quoi le redécouvrir sous un jour nouveau.

Il est admirable de voir une telle prouesse se concrétiser, d’autant que les projets futurs sont déjà en cours, notamment autour de Wind Waker. La préservation est évidemment la première préoccupation qui vient à l’esprit quand on évoque des titres aussi importants. Quand on sait que la version HD de Twilight Princess est tristement restée bloquée sur Wii U, il est rassurant de voir des équipes chevronnées prendre les choses en main. Pour Wind Waker, il est certes possible d’y jouer sur Switch 2 via l’émulateur GameCube (via abonnement).
Tant de possibilités, sans jamais de solution rassurante pour les joueurs soucieux. Le récent retour physique de la Neo Geo illustre cette attente : les joueurs ne veulent pas être contraints à un abonnement pour accéder à leurs anciens titres. Les éditeurs, de leur côté, savent exploiter la nostalgie, parfois à prix élevé, comme avec la compilation Mario 3D All Stars, sortie pour une durée limitée avant d’être retirée de la vente sans justification. Un comble pour une sortie supposée contrecarrer ce type de démarche, et une preuve supplémentaire que les éditeurs ne sont pas toujours au rendez-vous.
Les game-key cards, qui inquiètent une partie des collectionneurs, incarnent cette crainte de manière concrète : si les serveurs ferment un jour, elles ne deviendront plus qu’un bout de plastique inutilisable. Ce jeu du chat et de la souris entre passionnés et éditeurs perdurera tant que des projets comme celui-ci n’auront pas prouvé leur valeur au-delà des cercles de fans. Sans eux, nous aurions sans doute affaire, tôt ou tard, à des titres injouables.
Les musées font de leur mieux pour préserver le média. Mais il est révélateur d’en être réduit à compter sur eux pour conserver ce qui était à l’origine un simple divertissement. Si ce n’est pas la preuve que le jeu vidéo mérite pleinement son statut de huitième art, difficile de savoir ce qu’il lui faudrait de plus.

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