En ce mois de novembre, une chose est sûre : deux sorties feront un bruit monstre. D’un côté, il y a GTA VI, que certains osent déjà nommer comme le jeu de ce siècle ; et de l’autre, on a le monument des années 90 en provenance de chez Nintendo. Et ce retour de The Legend of Zelda : Ocarina of Time ne pouvait pas être raté. La preuve : son arrivée a été célébrée par l’ensemble de la presse internationale, qui, unanimement, le porte aux nues avec un 96/100 de moyenne sur Metacritic.
L’expérience ultime
Pour la majorité des critiques, ce remake magnifie l’expérience originale sur tous les plans. Quand ElDesmarque salue « la beauté des graphismes, les améliorations en matière de narration et de gameplay », GamesRadar + en fait de même ou presque et attire l’attention sur « un gameplay plus digeste et un visuel incroyable ». Et les éloges sur l’apparence prolifèrent également chez plusieurs autres médias, tels que Destructoid ou GamingBible qui encensent les performances de la Nintendo Switch 2.
Pour certains, cet Ocarina of Time de 2026 s’apparente même à une référence en matière de remake. D’ailleurs, Shacknews n’hésite pas à comparer le travail accompli par Nintendo à la recette établie par Capcom en ce qui concerne sa série phare des Resident Evil :
“The Legend of Zelda : Ocarina of Time 2026 établit une nouvelle référence en matière de remakes, se plaçant au même niveau que les meilleures réalisations de studios tels que Capcom ces dernières années : des modifications qui améliorent et valorisent ce qui est proposé, plutôt que de bouleverser ce qui a rendu l’original si vénéré et révolutionnaire.”
Une fraîcheur pas si fraîche
Dans cette ferveur unanime, on trouve tout de même des voix (très légèrement) dissidentes. Que les fans se rassurent cependant, il ne s’agit pas de critiques virulentes, juste quelques réserves. Gamekult, par exemple, regrette que Nintendo ait simplifié davantage l’expérience par l’introduction de la caméra libre. Ce qui a tendance à faire “perdre le caractère labyrinthique des donjons” de l’Ocarina of Time initial.
Le site français reproche également au jeu un certain archaïsme dans le level design qui ne se distinguerait finalement que très peu du résultat initial. Une doléance qui se retrouve dans le jugement de NPR qui, lui, pointe un manque de prise de risque et énonce plus ou moins un paradoxe : “là où il était novateur, [Ocarina of Time] représente désormais le choix le plus sûr qui soit”.
L’aveuglement de la nostalgie ?
Que ce remake ne s’essaie pas à de grands risques n’est nullement surprenant. La finalité est ailleurs, et la philosophie qui l’accompagne est différente. Cependant, la presse semble manquer d’audace dans son approche. Elle est comme figée dans son admiration, coupée de son temps. À peu de choses près, par le panégyrique dressé par certains, on se croirait en 1998 où tout un chacun prônait les avancées techniques, comme un IGN qui (à cette époque) était alors époustouflé par le cycle jour/nuit.
Toutefois, contrairement à ce temps révolu, il ne s’agit plus de louer le jeu pour sa faculté d’invention, mais plutôt pour sa capacité à sublimer l’héritage et ainsi rendre accessible un monument à un public plus jeune. Un aspect que souligne notamment VGC qui y voit un excellent moyen de découvrir un monument du jeu vidéo.
Ceci étant, l’avis général n’est-il pas façonné par un regard biaisé ? Certes, Ocarina of Time a marqué l’histoire du jeu vidéo. Cependant, il y a de fortes chances que ce passé conditionne la réception de ce remake nouvellement arrivé. Beaucoup parlent de nostalgie comme d’une qualité, mais quid de ceux qui justement n’ont pas connu cette époque ? L’épopée ne serait-elle pas trop fastidieuse, ennuyeuse ou sans intérêt pour un public désormais nourri aux standards apportés par Breath of The Wild et Tears of Kingdom notamment ?
Ce regard neuf manque dans les nombreuses réactions qui ont paru. Mais peut-être est-ce juste impossible d’atteindre une telle objectivité… Pour nombre de joueurs, Ocarina of Time est un objet proustien, une merveilleuse mélodie des souvenirs oubliés de notre enfance. Et le remake réussit effectivement, selon la presse du moins, à ressusciter ce passé endormi. Est-ce vraiment le cas ? On ne saurait tarder à vous livrer notre avis…

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