En obtenant de la justice les fermetures retentissantes des sites LoveROMs, LoveRetro et RomUniverse, Nintendo envoyait aussi un message, qui disait, en gros, qu’il valait mieux ne pas avoir à se frotter à ses équipes juridiques. Message appuyé par les pénalités que les administrateurs des deux sites ont été condamnés à payer : 2,1 millions de dollars pour Matthew Storman, administrateur de RomUniverse, et 12,2 millions de dollars (!) pour Jacob et Cristian Mathias, administrateurs des sites LoveROMs et LoveRetro.
Mais « la piraterie n’est jamais finie » et Nintendo continue sa croisade. Après avoir fait supprimer sur le site GitHub plus de 8500 posts contenant des clones de l’émulateur Yuzu, lui-même tombé sous la menace des équipes juridiques de Nintendo à l’automne 2024, ce sont à nouveau plus de 400 posts GitHub qui viennent d’être supprimés après une nouvelle plainte de Nintendo pour les mêmes raisons.
Bien entendu, les créateurs de ces émulateurs, et particulièrement des émulateurs Switch, ne sont pas « tout blancs », et le fait que certains ont gagné beaucoup d’argent grâce à la publication de ces programmes a pu aussi rendre Nintendo plus agressif et plus légitime dans ses poursuites.
Néanmoins, alors que la question du tout dématérialisé est particulièrement d’actualité, celle, inhérente, de la conservation du patrimoine se pose plus que jamais. Et sur cette problématique, on n’a pas encore trouvé de meilleure réponse que le « dump » des jeux et l’émulation, même si cette solution reste illégale.
Télécharger des ROMs, non ; les vendre, oui ?!
Et pendant que Nintendo s’acharne sur cette pratique, un commerce très florissant, lui, prospère, en méprisant tout autant, si ce n’est plus que les sites de ROMs, les copyrights et autres droits d’auteurs de Nintendo. On parle ici du commerce des consoles rétro fonctionnant via des émulateurs. De très rares fabricants font les choses bien, voire très bien, comme Analogue, qui construit et vend des machines modernes capables de faire tourner les cartouches d’époque, ou Evercade, qui propose des consoles et rééditions dans un format cartouche propriétaire de jeux « patrimoniaux ».
Mais face à ces bons élèves, des dizaines de produits proposent des expériences rétro basées sur l’émulation, et donc les ROMs. Et il n’est plus question de conservation des jeux, mais bien d’un commerce à grande échelle incluant des milliers de titres contrefaits – soit, des copies, ou plus grossièrement, du piratage. Si la plupart de ces consoles viennent de Chine, certains appareils arborent quand même fièrement un macaron « entreprise française ».
Entre quelques individus qui mettent à la disposition de tous des jeux – encore une fois, certes, trop récents pour certains, et en tirant un revenu (parfois confortable) des sites administrés, ne faisons pas d’angélisme… – et des industriels proposant des produits entièrement conçus autour de copies « pirates » de jeux, Nintendo semble avoir choisi son adversaire. Les premiers contribuant toutefois à la conservation du patrimoine vidéoludique quand les seconds ne contribuent pas à grand-chose, si ce n’est au réchauffement climatique.
Et les fameux services juridiques invincibles de Big N ne semblent pas impressionner un tant soit peu les fabricants de ses consoles rétro, qui s’affichent, eux et les milliers de jeu de « leur catalogue », partout sur les réseaux sociaux (et oui, ils ont même le culot d’évoquer « leur catalogue » !).
On ne sait pas ce qui motive Nintendo à s’attaquer aux uns plutôt qu’aux autres. Peut-être que ses équipes juridiques ne sont pas si invincibles que cela, après tout ?

Un YouTubeur italien risque la prison pour avoir « fait la promo » de ROMs
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Nintendo Switch 2 – Fin de partie pour les pirates de Nsw2u
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