Serait-ce un sans-faute pour le premier né du studio Rebel Wolves ? Avec des vétérans de The Witcher 3 aux commandes, The Blood of Dawnwalker était dans la ligne de mire des amateurs d’Action-RPG depuis son annonce. Dans la peau de Coen, un hybride humain-vampire luttant contre sa métamorphose et contre le temps, le joueur dispose de trente jours et trente nuits pour sauver sa famille.
En attendant de pouvoir nous-mêmes tester l’aventure, nous avons pu lire la presse internationale, qui semble unanime sur ce récit façon Majora’s Mask. Si l’ombre de Geralt de Riv semble planer sur le jeu, c’est autant pour sa richesse d’écriture que pour ses petits ratés.
Entretien avec un vampire
Globalement, c’est le soin apporté à la narration, aux personnages et à l’univers qui récolte les louanges des premiers testeurs. « The Blood of Dawnwalker est mon nouveau jeu de vampires préférés, et l’un des meilleurs RPG narratifs auxquels j’ai joué depuis très longtemps », peut-on lire dans IGN (Travis Northup). Le Monde (Arnaud Hallet) note toutefois que « à mesure que Coen gagne en puissance, la grande intrigue peine à trouver l’emballement que promettait pourtant son compte à rebours. Le château qui aimantait toute l’aventure ne devient jamais tout à fait le point culminant espéré. »
Pour Eurogamer (Robert Purchese), le côté hybride du protagoniste (dont les capacités changent en fonction du moment de la journée) est une vraie plus-value pour le gameplay : « J’adore ça ! Cette approche ouvre un tout nouveau terrain de jeu [à la nuit tombée], et offre de nouvelles choses à explorer. Certaines choses ne peuvent se faire que de nuit, tandis que d’autres ne sont réalisables que de jour, quand vous devez vous mêler au monde éveillé ».
Le cauchemar des complétionnistes ?
Cette mécanique des trente jours et trente nuits, peut-être le point le plus original du jeu, récolte des avis partagés. Pour Eurogamer, cette horloge suscite d’abord une « panique diffuse » plutôt agréable (à l’inverse d’un Skyrim où chaque quête a l’air urgente mais où on peut prendre tout son temps). Mais elle finit par créer un « choc entre sa portée narrative et la nature d’un RPG » : la structure même du jeu empêche de terminer tout le contenu en une partie, voire même peut faire manquer des pans entiers de l’histoire. Pour Video Game Chronicle (Jordan Middler), « en réalité, c’est loin d’être strict. Quand j’ai terminé le jeu en ayant fait quasiment tout ce qui m’intéressait, il me restait encore une dizaine de jours ».
Là où The Blood of Dawnwalker fait grincer des dents à l’unanimité, c’est sur ses affrontements. Le système de combat est souvent jugé lourd et l’inventaire semble d’un autre âge : des reproches qu’on fait encore aujourd’hui à The Witcher 3… Numerama (Maxime Claudel) trouve également à redire sur les finitions : « Certaines animations manquent de fluidité, et on vous épargne la qualité médiocre des expressions faciales. Pour un titre aussi porté sur l’art de raconter quelque chose, c’est dommage. »
Malgré ces quelques faiblesses, le titre semble déjà poser une base extrêmement solide pour l’avenir du studio. Espérons que Rebel Wolves saura par la suite gommer les lourdeurs pour permettre à The Blood of Dawnwalker de devenir une franchise qui s’émancipera du fantôme de The Witcher 3, un modèle qu’aucune critique n’aura réussi à ignorer.

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