Un Metroidvania qui met en scène des petites créatures plutôt mignonnes dans un univers sombre et violent, le tout enrobé d’une D.A. proche du monochrome… La comparaison avec Hollow Knight Silksong allait fatalement arriver. Ce qui était un peu moins couru d’avance, c’est que Well Dweller ne soit pas du tout écrasé par cette comparaison, bien au contraire.
(Test de Well Dweller réalisé sur Xbox Series X via une copie commerciale du jeu)
Conte de fée pour public averti
Glimmer (« lueur » en français) est un petit oiseau qui vit dans un conte cruel, lui-même raconté au sein d’un conte cruel. Dans le monde qui est le sien, ses congénères ont presque tous disparus, chassés pour leurs plumes par une reine sans cœur.
Dans ce contexte, en allant tenter de trouver à manger pour sa famille, Glimmer va réveiller un chasseur, qui capturera toute sa famille, le forçant à se réfugier tout au fond du puis du titre. Il lui faudra maintenant tenter de sauver la fratrie, mais aussi, simplement, retrouver son chemin en faisant face aux dangers et aux créatures pas toujours amicales qui peuplent cet univers.
Malgré les petits animaux et les références aux contes de fées, Well Dweller est presque aussi sombre que le puis dans lequel on est plongé. Le titre a parfois des allures de Little Nightmares, voire même des accents dark fantasy. Si c’est un conte de fées, c’en est un dans sa version originale d’avant le filtre Disney, où les enfants sont dévorés par leurs parents (Le Genévrier, des Frères Grimm), et les princesses violées par des Princes pas si charmants (Sole, Luna e Talia, de Giambattista Basile, publié en 1634, qui servit de modèle à la Belle au Bois Dormant).
Mais la comparaison qui s’impose, c’est bien entendu avec Hollow Knight Silksong.
Un chant non pas de soie, mais de plumes
Avec une direction artistique pas si éloignée et des créatures qui pourraient tout à fait avoir leur place dans le titre de Team Cherry, Well Dweller, surtout, s’inscrit en effet dans le même genre qu’Hollow Knight sans être pour autant exactement le même type de jeu. Loin d’être une promenade de santé, le jeu n’est néanmoins pas aussi exigeant, et contrairement à son illustre aîné, jamais rageant.
Autre différence marquée, le personnage progresse très vite. Les nouveaux outils et nouvelles compétences s’acquièrent les uns derrière les autres, renouvelant avec une belle fluidité, permettant de faire évoluer tout aussi rapidement le gameplay, et, comme le veut le genre du Metroidvania, ouvre dans le même temps la carte.
Le résultat, c’est qu’on ne s’ennuie jamais, et que l’on n’a jamais l’impression d’être perdu ou de tourner en rond.
20/20
Point particulièrement plaisant : Well Dweller profite à fond de son installation platformer en 2D, et convoque différents styles de gameplay. On court, on saute de plateforme en plateforme en évitant des pics, bien entendu, on combat aussi des boss à certains points clés du jeu, mais le titre nous propose aussi des tableaux qui tirent vers le puzzle-platformer : comment atteindre cette zone apparemment inaccessible en conjuguant les outils mis à notre disposition ?
Malin, le titre joue de sa qualité de Metroidvania pour brouiller les pistes. Le couloir à droite de l’écran est il hors de portée en attendant un nouveau pouvoir (double saut…), ou demande-t-il de se creuser la tête pour l’atteindre dès maintenant ? La multiplication des mécaniques de jeu va jusqu’à nous faire piloter un petit sous-marin !
On pourra reprocher au jeu un côté un peu scolaire, mais peut-être aussi parce qu’il fait tout bien ! Les personnages que l’on rencontre sur le chemin sont surprenants et attachants, la carte est lisible et réussit à limiter les immanquables allers-retours inhérents au genre… Et il faut garder à l’esprit que c’est un jeu « solodev ».
C’est peut-être, finalement, l’élément le plus surprenant. Comment un développeur (quasi) seul, se chargeant de la programmation, du level design, des superbes illustrations peintes à la main qui forment décors et personnages, comment a-t-il pu livrer un jeu aussi solide ? Et d’autant plus en si peu de temps. Kyle Thompson, puisque c’est de lui dont il s’agit, avait en effet sorti Crypt Custodian en 2024, soit hier sur la temporalité de développement d’un jeu vidéo !
Well Dweller est un « must play » pour tous les amateurs de jeu de plateforme en 2D et/ou de Metroidvania. Son scénario et sa D.A. peinte à la main sont charmants, et la progression est fluide et très satisfaisante, notamment grâce à une progression rapide qui renouvelle en permanence le gameplay.
On lui reprochera peut-être de faire « trop bien », d’être trop scolaire, mais il faut se souvenir que le titre est l’œuvre d’un seul homme. Ne restera alors qu’à lâcher la manette quelques secondes pour applaudir.








