Il n’est pas rare de parler de jeux dont les premiers pas sont difficiles, c’est même un poncif de la critique. Pourtant, on évoque rarement les titres ridiculement accessibles. Ces derniers sont généralement relégués au constat global qu’un jeu se doit d’être facile à aborder, sans aucune considération pour les développeurs qui mettent un point d’orgue à créer des boucles de gameplay absurdement efficaces.
Aujourd’hui, nous parlons de Kaz, une création signée Kimeria Games, studio dont le précédent projet, Linkito, avait su convaincre les adeptes de puzzle-games et de programmation.
(Test de Kaz réalisé sur PC via une copie du jeu fournie par l’éditeur)
Un peu plus de quinze secondes pour tout casser
Kaz est un jeu, comme supputé plus haut, particulièrement simple : vous disposez d’une quinzaine de secondes pour vous déplacer avec les flèches du clavier (ou ZQSD pour les plus gamers) sur une grille. L’objectif étant d’entrer en collision avec un maximum d’adversaires tout en évitant les pièges. Si vous n’atteignez pas le score fixé qui croît d’étage en étage, la run se termine.
Sur votre chemin, vous rencontrerez parfois des boucliers qu’il faudra briser avant de pouvoir abattre le monstre caché derrière, tandis que d’autres créatures tenteront de fuir vos assauts par tous les moyens. Ces derniers sont rarement impactants tant les grilles sont serrées, ce n’est qu’après un certain stade d’une run que le terrain de jeu s’agrandit suffisamment pour laisser un peu d’espace. Il est d’ailleurs un peu dommage d’avoir un tiers des monstres qui n’ont pas d’utilité directe, bridés par le design des arènes.
Rogue-lite oblige, le titre vous propose de choisir un objet à ajouter à votre build une fois ces quinze secondes écoulées. Rien de bien sorcier, et pourtant le choix peut s’avérer cornélien : plus de points en éliminant un monstre, du temps supplémentaire pour gigoter sur la grille, un combo plus long ou qui s’accumule plus vite… La liste d’objets est suffisamment dense et variée pour ajouter juste ce qu’il faut de peps à vos parties. Du moins, pendant environ deux heures.
Le gros pan déblocable de Kaz se découvre par le biais de quêtes mêlant accomplissement de succès et farming intensif. Grâce à elles, vous grappillez des pièces permettant d’acheter des skins. Fait notable : chacun d’eux modifie le jeu dans des proportions bien plus différenciantes que ce que l’on est en droit d’accorder au mot « skin ».
Personnage, adversaires, fond d’écran, bande-son et bonus passifs : un seul cosmétique bouleverse suffisamment l’expérience pour apporter une variance bienvenue. Certains s’avèrent même plutôt filous, s’amusant à dissimuler les boucliers et les pièges derrière des astuces visuelles bien malignes.
Mais la vraie force de proposition du titre, c’est sa capacité à emmener le joueur dans les méandres du flow. Les feedbacks sont violents, la musique pulse et l’action frénétique pousse les doigts à s’agiter de manière purement réflexe pour gratter le moindre point. Parfois même, certains bonus permettent de lâcher toute sa colère sur le clavier, rendant l’expérience presque cathartique. À tel point qu’on ressort d’une session complètement lessivé.
En somme, Kaz est une expérience brute, presque barbare, et particulièrement accueillante pour quiconque voudrait défouler ses nerfs. Malheureusement, le titre est aussi terriblement de niche. On parle ici d’un pur jeu d’arcade entièrement tourné vers le scoring. Le gamefeel a beau être poli au maximum, ce ne sont pas les mécaniques de base qui vous donneront énormément de matière sur le long terme.
Il faut plutôt penser à Kaz comme à un héritier spirituel de l’immanquable Super Hexagon, livré par Terry Cavanagh il y a maintenant plus de dix ans : un titre aux parties éclair qu’on relance de temps en temps pour se dégourdir les doigts. Une gourmandise arcade idéale pour meubler un téléchargement, une visio qui prend du retard ou une pause déj qui s’éternise.


