Nous sommes les premiers à râler face au manque d’originalité des simulations cosy de vie à la ferme. Le genre semble prisonnier des mêmes mécaniques, et chaque jeu semble réutiliser encore et encore les mêmes ficelles. C’est donc avec peu d’attentes qu’on s’était lancés dans Fields of Mistria, qui vient de sortir officiellement après deux ans d’accès anticipé.
Le titre nous avait néanmoins tapé dans l’œil avec sa direction artistique proche des shojos des années 90, ainsi que la présence de la magie qui promettait une identité propre au jeu. Et alors qu’on pensait que Fields of Mistria ne serait qu’une copie version pastel de ses prédécesseurs, c’est finalement un petit coup de coeur que nous avons eu manette en main.
(Test de Fields of Mistria réalisé sur PC à partir d’une copie commerciale)
Retour aux sources
Commençons par parler de l’éléphant dans la pièce : oui, Fields of Mistria ressemble beaucoup à Stardew Valley. À tel point que sur certaines vidéos diffusées sur les réseaux, des utilisateurs demandent s’il s’agit d’un mod pour changer l’apparence du jeu de Concerned Ape. Que ce soit l’UI, le design ou même le gameplay, on retrouve beaucoup de similarités. Comme dans tous les jeux du style, l’histoire commence de la même façon : notre personnage arrive dans une petite ville et récupère un grand terrain sur lequel il pourra construire sa ferme. Au fil des saisons, il faut cultiver ses plantations, forger des liens avec les habitants ou décorer sa maison. Rien de très original ici.
En plus de ces activités, on retrouve également les classiques : pêche, cuisine, exploration, chasse aux insectes, forge… Il faut donc bien organiser son temps pour accomplir tout ce qu’on veut dans la journée, gérer sa fatigue et choisir ses priorités. Chaque activité est liée à une compétence, et chaque compétence peut-être améliorée, à la manière d’un RPG.
Lutter pour l’amour et la justice
Que serait un farming sim sans romance ? Fields of Mistria nous permet de choisir parmi douze prétendants (cinq hommes et cinq femmes… ainsi que deux personnages bonus à découvrir) qu’il faudra courtiser à coups de cadeaux quotidiens jusqu’au mariage. En plus des personnages romançables, la ville est remplie d’habitants attachants, dont les designs semblent tout droit sortis de Sailor Moon.
On apprécie la diversité des profils, ainsi que le fait que Mistria et ses résidants vivent sans nous : on peut les retrouver en train de jouer à une partie de jeu de rôle à l’auberge ou à discuter ensemble au marché. Par contre, on regrette que les romances soient les seules relations vraiment significatives dans le jeu. Dommage que les personnages avec qui on ne peut « que » se lier d’amitié n’aient pas (encore) droit à leurs scènes uniques.
La touche Mistria
Ce sont surtout tous les petits à-côtés qui donnent à Fields of Mistria son identité propre. Au fur et à mesure de la progression, notre personnage débloque des sorts pour faciliter la vie à la ferme, par exemple pour faire tomber la pluie ou faire pousser les cultures plus rapidement. L’exploration des mines (et les combats pénibles qui vont avec…) nous emmène dans une longue quête qui, sans être très difficile, a le mérite d’être agréable à découvrir.
Le jeu marque aussi des points grâce à sa qualité de vie. Sans prendre le joueur par la main, tout est fait pour réduire les frictions et les frustrations inutiles habituelles du genre. Les boutiques sont toutes accessibles 24h/24, on peut modifier absolument toutes les personnalisations (jusqu’à notre nom et celui de la ferme) à tout moment, on peut très facilement suivre les cadeaux aimés des PNJs, ou encore allonger la durée des journées.
Enfin, même si on peut évidemment choisir de faire pousser des cultures rentables et d’optimiser chaque parcelle de terrain, on a eu l’agréable sensation que Fields of Mistria était un jeu réellement cosy sur ce point : les autres simulateurs de fermes nous poussent rapidement à transformer notre petit carré potager en véritable exploitation industrialisée et automatisée. Ici, on a davantage eu l’impression qu’on pouvait réellement prendre notre temps et profiter du jeu sans chercher à devenir riche rapidement. L’expérience n’en est que plus agréable.
Malgré les similarités inévitables avec d’autres jeux du genre, Fields of Mistria se démarque sur bien des aspects, en reprenant une recette efficace, en la transposant dans un univers magique et en ajoutant sa propre patte. Ajoutez à cela la grande variété d’activités à faire tous les jours, le plaisir de voir le passage des saisons, la fabrication d’objets en tout genre, la découverte de la quête principale et la romance, et vous obtiendrez un jeu parfaitement addictif. On termine chaque journée dans le jeu en pensant déjà à ce qu’on veut faire le lendemain, et on se dit « encore une et j’arrête » pour finalement rejouer quelques heures de plus.


