Si vous n’êtes pas un habitué des forums Reddit, des mèmes et de la culture internet, vous n’avez probablement jamais entendu parler de la SCP Foundation. Derrière l’acronyme signifiant Secure, Contain, Protect (sécuriser, contenir, protéger) se cache un projet multimédia collectif protéiforme construit sur les bases d’une organisation fictive : la SCP Foundation, donc, qui a pour devoir de protéger le public contre des anomalies surnaturelles tout en œuvrant à garder leur existence secrète.
Possédant un lien de parenté assez évident avec la série télé X-Files, la mythologie de la SCP Foundation se raconte à travers des nouvelles, des photos postées sur des forums dédiés, des jeux vidéo… Et elle pourrait prochainement arriver sur grand écran via un projet d’A24, le studio indépendant très à la mode ces dernières années (Midsommar, Everything Everywhere All at Once, The Drama, ou en ce moment L’invitation et Primetime…),
Le studio n’en serait pas à son coup d’essai, puisqu’il vient de sortir Backrooms, un film d’horreur basé sur la mythologie des espaces liminaux, une autre légende collective née sur internet et cousine de celle de la fondation SCP (les deux projets pouvant, de temps à autres, se croiser). C’est d’ailleurs probablement le succès de Backrooms qui a poussé ensuite A24 à s’intéresser à la fondation SCP.
Mais voilà : derrière la fondation SCP fictive, il y a une autre organisation, bien réelle, celle de la licence Creative Commons (CC). Concrètement, cette licence implique que n’importe qui peut exploiter la « marque » SCP Foundation, même pour gagner de l’argent, mais doit, dans le même temps, publier son travail sous licence Creative Commons. Et donc en autoriser de fait la copie, la distribution libre, etc.
Soit, si A24 sortait un film SCP Foundation sous licence Creative Commons, le studio devrait accepter que le film se retrouve aussitôt et tout à fait légalement diffusé sur internet, sans que l’on puisse parler de « piratage ». La communauté SCP Foundation a publié un communiqué déclarant qu’A24 n’a pas cherché à la contacter, et ce, « malgré ses propres efforts » (signifiant que les auteurs de la fondation ont, eux, tenter de joindre le studio de cinéma).
Le projet semble relativement bien avancé, certains noms y étant déjà accolés. A24 va-t-il, s’appuyant sur sa puissance financière, passer outre les considérations de la licence CC ? Il risquerait alors de se mettre les membres de la communauté à dos, ce qui ne serait pas la meilleure façon de garantir un bon accueil au film. Il pourrait aussi se plier aux exigences de la licence, et prendre le risque de sortir conjointement le film en salle et sur YouTube, pariant sur un public qui jouerait le jeu. Il s’offrirait en même temps un joli coup de projecteur, confirmant son image de studio « disruptant » Hollywood.
La sortie du film V/H/S: SCP est programmée pour 2027. En attendant, vous pouvez vous essayer aux ARG inspirés des récits de la fondation SCP, par exemple à cette adresse.
L’image à la une, The Drowning Creature, est signée de l’artiste Trevor Henderson

Jeux vidéo et cinéma – Un mariage d’argent, mais pas seulement
n1co_m

Iron Lung – L’indépendance, futur des adaptations au cinéma ?
Kivy

L’échec visionnaire de Final Fantasy: The Spirits Within au cinéma
ElMama
Jeux vidéo et cinéma – Un mariage d’argent, mais pas seulement
Iron Lung – L’indépendance, futur des adaptations au cinéma ?