Pour leur nouveau jeu, les développeurs de Weird Beluga ont misé sur la nostalgie. Mais pas besoin de remonter aux calendes grecques : le studio s’est appliqué à reproduire fidèlement l’âge d’or de l’ère PlayStation 2. Kingdom Hearts, Jak and Daxter, Ratchet & Clank… Tout un panel de licences devenues légendaires, dont certaines occupent encore le devant de la scène, tandis que d’autres laissent leurs fans en berne, à la recherche du remake oublié.
C’est donc avec un a priori plutôt mitigé que l’on s’est lancé dans Duskfade, freiné par le rejet spontané que peut inspirer une proposition au premier abord un peu générique. On en ressort pourtant ragaillardi, et c’est désormais à notre tour de vous convaincre que, malgré ses défauts, l’expérience vaut au moins un peu le détour.
(Test de Duskfade réalisé sur PC à partir d’une copie du jeu fournie par l’éditeur)
Une belle horloge d’époque
On ressent ces influences majeures dès les premières minutes de jeu : le personnage principal et ses animations font évidemment penser à Sora, tout comme son épée, Minutero, évoque immédiatement une Keyblade. De la même manière, les adversaires s’inspirent fortement des Sans-cœurs dans leur forme, leurs teintes et jusqu’à leur animation de mort. Même la découverte des différents collectibles s’accompagne d’une récompense visuelle très proche des célèbres piles d’énergie d’un Jak and Daxter.
Ces références, bien heureusement, soutiennent aussi le gameplay. Un poil modernisé, le système de combat s’appuie sur des basiques solides : combo attaque légère/lourde, esquive et un brin de magie sous la forme de quatre capacités dédiées. Si l’ensemble paraît classique, le combat design s’avère au final particulièrement réussi. Il peine simplement à emballer dans ses premiers chapitres, la progression manquant un peu de rythme en nous laissant trop longtemps avec un enchaînement de base un peu chiche.
Et puis, il y a la plateforme : le gros morceau du titre. Une composante si chère aux développeurs qu’ils se sont sentis obligés d’en garnir les affrontements contre les boss qui s’en seraient pourtant très bien passés. Cette partie saut et mouvement reste néanmoins très réussie : les idées jouent sur des mécanismes simples et déjà vus ailleurs, mais dans une formule finale suffisamment revisitée et fonctionnelle pour être agréable à parcourir. Le level design y est pour beaucoup, avec un chemin critique propre et bien pensé, même s’il a tendance à se fragiliser au fil de l’histoire. Plus clivant, le titre use fréquemment de backtracking, arborant presque de faux airs de metroidvania, le monde ouvert en moins.
Pas une minute à perdre !
Au fil de l’exploration, on découvre diverses monnaies d’échange ayant toutes leur utilité auprès des PNJ. On peut ainsi personnaliser son arme, modifier son apparence, améliorer ses capacités et même collectionner des cartes. C’est complet et poussé (notre look change dans les cutscenes comme sur le petit portrait lors des dialogues), mais c’est parfois un peu poussif : faire un détour long comme le bras simplement pour débloquer une image… on souffle un peu.
Pourtant, ces détours, on est plutôt content de les faire dans des décors artistiquement redoutables. On soulignera certes l’omniprésence du violet et du jaune, qui donne parfois l’impression d’un environnement qui bégaye, ainsi que la similarité frappante des premières minutes de chacun des quatre mondes clés. Malgré cela, le studio signe des panoramas superbes dont il est difficile de dire du mal tant la composition force le respect.
Dommage qu’une quantité non négligeable de configurations doive se confronter à une optimisation bancale qui empêche de voir ces paysages sous leur meilleur jour. N’ayez crainte cependant : même avec des réglages calibrés pour le Steam Deck, le titre se débrouille suffisamment bien pour nous emporter dans son univers.
On ne badine pas avec le temps
Cousue de fil blanc, prévisible à des kilomètres à la ronde, grosse comme une maison… Vous avez l’idée : l’histoire de Duskfade ne révolutionne rien. La sœur de Zilian a disparu, et il faut la retrouver. Malgré cette trame convenue, on souligne quelques thématiques bien abordées et un propos globalement adapté à sa cible principale : les enfants.
Parce que oui, la proposition de Weird Beluga constitue une excellente porte d’entrée pour le jeune public dans le monde du jeu de plateforme et d’action, les options de difficulté s’échelonnant intelligemment de très corsé à totalement trivial. Un bel hommage qui saura toucher les nostalgiques tout en initiant une nouvelle génération.
Vous l’aurez remarqué, Duskfade n’est clairement pas exempt de défauts : une optimisation un peu mollassonne, une progression en dents de scie et une histoire un peu facile… Autant d’écueils qui pourraient nous pousser à ne pas vous recommander le jeu, surtout quand d’autres titres existent (à commencer par les classiques dont s’inspire celui-ci).
Mais quand même… nous avons passé un vrai bon moment. Porté par des séquences de combat réussies, des environnements envoûtants et une vibe globale qui sent bon l’âge d’or de la PlayStation 2, Duskfade est un titre qui a définitivement du charme.


