Quand en 2009, FromSoftware développa pour la PS3 Demon’s Souls, personne ne croyait en l’ascension du studio aujourd’hui dirigé d’une main de maître en la personne de Hidetaka Miyazaki, pas même Shuhei Yoshida, à l’époque président de PlayStation qui avait alors qualifié le jeu de « mauvais ». Pourtant, après presque deux décennies durant lesquelles le studio a obtenu deux titres de GOTY avec Sekiro: Shadows Die Twice et Elden Ring, tout le monde semble vouloir travailler avec, y compris Nintendo qui lui a commandé The Duskbloods.
Annoncé lors du Nintendo Direct de présentation de la Switch 2, le titre a d’abord fait saliver les fans de Souls à travers le globe, et plus précisément de l’incroyable Bloodborne dont les premières images semblaient annoncer son digne héritier. Des espoirs rapidement douchés lorsqu’on a compris qu’il s’agissait finalement d’un jeu exclusivement multijoueur. Un titre qui s’est fait particulièrement discret et dont, à la faveur de tests réseau que le studio a pris l’habitude d’organiser en amont de ses sorties, nous avons pu découvrir les premiers contours.
(Durant nos sessions de test, aucun partage de nos prises de vue n’était autorisé. Les images illustrant cet article sont donc issues des illustrations officielles du studio)
La chasse est ouverte (mais en bêta fermée)
On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre avec The Duskbloods, notamment sur la forme qu’allait prendre son « PVPVE », joueur contre joueur contre environnement. En pratique, une partie se décompose en quatre phases durant lesquelles huit joueurs, au cours des trois premières, devront augmenter leur vertu. Dans l’idée, il s’agit de visiter la carte, battre des monstres ou boss disséminés dans ses recoins, ramasser des bonus, acquérir de l’expérience… bref, se forger un personnage à même de survivre à la dernière phase.
Durant ces premières phases, il est toujours possible d’attaquer ses concurrents, et selon la situation, cela permet de gagner en vertu, mais bien souvent, ce sont des alliances de circonstance qui se formeront afin de combattre une abomination majeure (l’un des boss importants de la zone) afin d’en obtenir ses bonus.
Il s’agit d’un équilibre fragile entre affrontement et coopération, chacun ayant pour objectif de terminer sur le podium à la fin de la troisième phase. S’amorce alors une lutte à mort, conclusion de ce battle royal, entre les trois survivants. Après une trentaine de minutes, la bataille crépusculaire arrive à son terme et seul un élu obtiendra le graal.
Rogue-like multijoueur
Après quelques heures à expérimenter, rager, exulter même lors de nos rares victoires, difficile de dire que nous avons été pleinement convaincus par The Duskbloods. On sent que le titre en a encore sous le pied (de nombreux éléments étant inaccessibles durant cette bêta), et si jusqu’à présent, il nous laisse encore dubitatifs, le potentiel est là.
Durant notre preview, une seule carte était disponible (trois étant prévues au lancement), et si elle dispose de plusieurs niveaux de lecture, force est de constater qu’on en fait assez vite le tour. Bien sûr, l’emplacement de certains éléments à dénicher est aléatoire, tout comme les événements durant une partie, mais si en quelques heures, on en ressent déjà fortement la répétitivité, ce ne sont sans doute pas deux cartes supplémentaires pour sa sortie qui changeront fondamentalement la donne.
Aussi, le titre gagnerait à mieux introduire et expliquer ses mécaniques. Tout est si mal abordé qu’il faudra passer par une période d’apprentissage « à la dure » pas des plus plaisantes. Il y a bien des « missions » solo servant de tutoriel, mais elles ne suffisent pas, à elles-seules, pour découvrir le jeu.
S’apparentant presque à un Rogue-like, on a néanmoins pu aussi observer une partie de la richesse du jeu. Entre les récompenses aléatoires, les événements inattendus, les Sigils, des missions individuelles, attribuables à son personnage… chaque partie peut être très différente de la précédente. Mais cette densité en fait aussi sa complexité, le rendant particulièrement difficile à aborder, même en ayant compris ses règles générales.
Heureusement, The Duskbloods excelle dans ce qui fait la force de FromSoftware. La direction artistique entrevue est somptueuse, les boss rencontrés sont réussis et, techniquement, même si l’ensemble est perfectible, le titre tient la route sur Switch 2.
Les personnages proposés (au nombre de six sur, vraisemblablement, quatorze) sont suffisamment différents et intéressants pour que l’expérience puisse varier entre les parties (quoiqu’un travail d’équilibrage soit nécessaire en l’état). Chacun d’entre eux est simple à prendre en main et on apprécie le dynamisme de chacun d’entre eux. On retrouve les sensations habituelles d’un Souls mais en beaucoup plus rapide, avec notamment un triple saut permettant de traverser la carte avec aisance.
Reste que la grande interrogation pour le moment est de savoir quel est l’intérêt réel de lancer une nouvelle partie ? La partie histoire est encore nimbée de mystère et on se demande aussi si on tirera quelques récompenses concrètes entre chaque session. Comme nous l’avons évoqué, le potentiel est là, et on peut comprendre qu’une certaine forme d’attraction puisse se former autour du jeu, mais la formule, en l’état, n’a pas fonctionné sur nous.
Si vous faites toutefois partie des joueurs qui combattent derrière l’arène de Sulyvahn de Dark Souls 3, aiment envahir les mondes d’autres personnes ou apprécient Elden Ring Nightreign, le nouveau titre de FromSoftware pourrait répondre à vos attentes. Pour les autres, appréciant plus le feutré des aventures en solitaire à Yharnam ou dans l’Entre-Terre, The Duskbloods semble, à la lumière des éléments disponibles durant cette preview, difficilement recommandable.

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