Connu pour sa verve créative et ses propositions très souvent délirantes, Grasshopper Manufacture avait été acquis en 2021 par le groupe chinois NetEase. Une mise sous tutelle qui vient néanmoins de prendre fin ce mercredi 30 septembre. Le studio de Suda51 reprend enfin son indépendance, et c’est certainement pour son plus grand bien.
Poussé vers la sortie ?
Le lien entre NetEase et Grasshopper se rompt donc après cinq années de relation. Mais pas d’inquiétude à avoir, loin de connaître une fin brutale, le studio maintient son existence et retourne à un état qu’il n’avait plus connu depuis 2013, date à laquelle il avait été acheté par le groupe japonais GungHo Online Entertainment. D’ailleurs, il semblerait que cette décision émane du développeur lui-même :
“Cette décision a été prise à l’issue de discussions approfondies avec NetEase Games, qui nous a apporté son généreux soutien.[…] Ayant perfectionné notre savoir-faire en matière d’auto-édition, nous disposons désormais d’un large éventail d’options, et quel que soit le mode de publication de nos jeux, nous restons déterminés à créer des titres uniques offrant l’expérience de jeu « NO GAME NO LIFE ».”
Cependant, le récit partagé publiquement peut être contesté. Certains avanceront plutôt l’échec commercial de Romeo is a Dead Man, la dernière œuvre créée sous l’égide de NetEase. Pour eux, c’est cette performance qui aurait accéléré la décision. Néanmoins, les faits ne leur donneront pas forcément raison. Certes, quand l‘on regarde l’accueil critique qui lui a été fait, le jeu ne fait pas l’unanimité. Mais, en termes de vente, le constat semble un peu différent, du moins est-ce le cas avec les chiffres que l’on a.
SteamDB, par exemple, fournit une fourchette située entre 41 000 et 100 000 exemplaires vendus. C’est très large et probablement très bas, mais cela reste honorable pour une production à la Suda51. Ce qui aurait possiblement motivé la scission s’apparente alors moins au nombre de ventes qu’ à ce que représente Grasshopper, qui n’aura probablement jamais été un modèle de rentabilité. Et cette perspective ne correspond nullement aux intentions de la firme chinoise.
En effet, depuis plusieurs mois, NetEase traverse une phase de restructuration, à l’image d’autres gros noms de l’industrie. L’éditeur, naguère soucieux de s’agrandir en rachetant ou créant par-ci par-là des studios, aurait fini par être rattrapé par son ambition. En tout cas, les faits appuient une telle vision. Et les exemples sont nombreux : on peut citer Nagoshi Studio (Gang of Dragons) dont le financement a cessé ou Fantastic Pixel Castle et Ouka Studios, qui ont tous deux fermé, mais aussi Anchor Point Studios, devenu indépendant début 2026.
Mais, qu’importe finalement la raison qui a conduit à la séparation, Grasshopper Manufacture est de nouveau seul maître en sa demeure et peut-être qu’il n’en sera que libéré sur le plan créatif. De ce point de vue, et au regard de leur palmarès (Lollipop Chainsaw, No More Heroes ou Killer7), on ne peut que se réjouir. L’industrie a besoin d’un trublion libre…