Il y a du mouvement du côté de PlayStation. Marvel’s Wolverine, prévu pour le 15 septembre, a eu droit à un trailer inédit diffusé durant la D23. Phantom Blade Zero, autre exclusivité console PS5, qui sortira le mois suivant, n’est pas en reste puisqu’un trailer a également été publié suite à l’ouverture des précommandes.
PlayStation place donc ses pions pour l’automne et les réseaux sociaux n’ont pas attendu pour réagir. L’un des jeux (celle aux griffes acérées) est déjà vu comme une déception certaine, l’autre comme une franche réussite. Ce qui amène à nous demander pourquoi. Pourquoi une partie des joueurs s’avère aussi catégorique, poussant même une partie des employés d’Insomniac Games à fuir les réseaux sociaux ?
Deux jeux similaires pour un public pas si différent
Par leur direction artistique, les titres diffèrent mais leur gameplay sont comparables à l’instar de leur narration. Il s’agit de jeux linéaires, c’est-à-dire un ensemble de niveaux à traverser dans un ordre défini afin de progresser dans l’histoire principale. Ils s’opposent donc à l’open world qui se définit plutôt comme un espace ouvert dans lequel le joueur est libre de parcourir les différentes zones à sa guise.
Il s’agit surtout de deux jeux d’aventure à tendance beat them all qui mettent l’accent sur la violence graphique, se destinant donc à un public avertis. Ils proposent des affrontements avec un système de combat classique : coup faible, coup fort, esquive, contre… Phantom Blade Zero semble suivre la mouvance des jeux chinois qui s’inspirent du Souls-like (Black Myth: Wukong), alors que Marvel’s Wolverine est davantage un héritier des jeux d’aventure AAA (Uncharted).
Et c’est peut-être cette différence qui a scellé la manière dont on les perçoit de prime abord. Qu’un Souls-like soit linéaire c’est plutôt convenu, mais rares sont les jeux de super-héros appréciés par le grand public qui ne soient pas en monde ouvert.
Le format linéaire est-il toujours porteur de ventes ?
Phantom Blade Zero semble suivre la voie de Black Myth: Wukong, le succès chinois à trente millions de ventes, qui ne lésinait pas sur les cinématiques et les QTE. Après un aperçu de son gameplay, notamment le duel sur la charrette, beaucoup de joueurs se sont extasiés devant les animations spectaculaires et la mise en scène présentées.
Pourtant est-ce vraiment impressionnant ? En terme de jeu pur, il ne se passe pas grand chose qui soit du fait du joueur. Un point déjà reproché à Marvel’s Wolverine qui s’ouvre sur une scène de débarquement durant laquelle le personnage se contente d’aller tout droit sans chercher à éviter les tirs, qui de toute façon ne sont pas dirigés vers lui. Un reproche qui va de paire avec une mise en scène des combats datée comme celle de la colossale sentinelle.
Assiste-t-on à un revirement de l’opinion des joueurs qui ne se satisferaient plus de la mise en scène occidentale jugée trop sobre ? Ou serait-ce un rejet du linéaire au profit des mondes ouverts toujours plus vides : une recherche d’une expérience plurielle plutôt que l’unicité. Peut-être qu’une partie des joueurs ne supportent pas l’accessibilité d’un Wolverine et lui préfère Phantom Blade Zero vendu pour son côté « challengeant », alors même qu’il sera possible de jouer en mode facile à ce boss rush dont la structure est, avouons-le, un peu réchauffée. Peut-être que le genre action-aventure est devenu depassé.
Par son statut d’exclusivité, Marvel’s Wolverine porte les déceptions du public vis-à-vis de PlayStation et de sa politique décriée d’abandonner le support physique. De plus, si le succès commercial de Marvel’s Spider-Man 2 est indéniable, son succès critique est plus nuancé avec une forme de rancœur se créant autour du studio qui est vu comme une « machine à faire du Marvel ». Même s’il est bon de rappeler que Ratchet & Clank: Rift Apart est sorti entre les deux jeux Spider-Man, on peut aisément admettre qu’Insmoniac Games ne prend pas trop de risques concernant ses récents projets.
Faute de pouvoir juger l’expérience définitive de Phantom Blade Zero et Marvel’s Wolverine, nous nous contenterons d’affirmer que l’exubérance orientale semble davantage convaincre le public, alors même que le personnage occidental sort littéralement d’une BD. À voir si les critiques se cantonneront (ou pas) aux réseaux sociaux, lieu de déperdition souvent déconnecté des réalités.

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