L’anniversaire du GameCube, dont on a célébré hier les 25 ans tout pile, est aussi l’occasion de remettre en lumière sa ludothèque bigarrée. Si la console a pu, aux yeux du grand public, passer pour une machine destinée plutôt aux jeunes joueurs, Nintendo s’est donné du mal pour construire un catalogue allant à l’encontre de cette idée reçue, avec une place importante accordée aux jeux pour adultes. Eternal Darkness est de ceux-là.
Développé par Silicon Knights et sorti en 2002, le titre est l’un des rares jeux « oublié » sorti sur GameCube à n’avoir connu ni réédition, ni suite. En tout cas, jusqu’à aujourd’hui. Car Nightdive Studio, propriété d’Atari et grand spécialiste du portage de jeux classiques sur machines contemporaines (Blade Runner Enhanced Edition ; Turok ; System Shock 2: 25th Anniversary Remaster…) a, par la voix de son PDG, teasé un retour d’Eternal Darkness :
Peut-on dire qu’il était temps ? Malgré des ventes décevantes, symptomatiques de beaucoup de jeux GameCube (on parle de moins de 500 000 exemplaires écoulés), le titre a reçu un excellent accueil critique, avec un score Metacritic de 92, et de nombreux prix.
C’est Nintendo qui est venu chercher Denis Dyack, co-fondateur de Silicon Knights, réalisateur et producteur du jeu ; Big N avait en effet été impressionné par le précédent jeu de l’auteur, Blood Omen: Legacy of Kain, et souhaitait travailler avec lui sur un jeu plutôt orienté en direction du public adulte. Dyack est ainsi arrivé avec une proposition de jeu d’horreur qui éviterait soigneusement le survival horror (les sagas Resident Evil et Silent Hill occupaient déjà le terrain), et mêlerait les univers de Michael Moorcock (Elric, Hawkmoon…) et du Mythe de Cthulhu.
Un projet ambitieux dans lequel on incarnera pas moins de 12 personnages jouables à travers 2000 ans d’histoire. Alexandra Roivas, l’héroïne, vient de perdre son grand père dans des circonstances mystérieuses. Elle se rend alors dans l’état de Rhode Island (l’état où se trouve Providence, si chère à Lovecraft !) pour mener une enquête qui lui fera traverser l’histoire, de la Rome Antique au début du XXIème siècle à travers les yeux de différents personnages qui prendront tous part au combat contre une ancienne divinité malfaisante…
Fidèle au Mythe de Cthulhu et au jeu de rôle sur table qui en est tiré, le titre mettait en place une mécanique de santé mentale aussi originale qu’inspirée, le Sanity Effects. Au fur et à mesure que la jauge baissait, le personnage en ressentait les effets (il voyait les statues le suivre des yeux, du sang couler des murs…), mais le joueur aussi !
Le jeu faisait ainsi partager le destin des personnages au joueur, provoquant chez ce dernier des hallucinations lui laissant à penser que son écran et/ou sa console fonctionnai(en)t erratiquement : l’écran qui s’éteint tout seul, le son qui baisse progressivement jusqu’à disparaître, la sauvegarde qui s’efface quand on tente d’enregistrer sa partie…
Plusieurs suites ont été envisagées, mais aucune n’aura été au bout de son développement. Comme d’autres jeux GameCube (et peut-être aussi comme le GameCube lui-même, dans une certaine mesure !), Eternal Darkness aura été incompris à son époque, et ce n’est que plus tard que ses qualités auront été véritablement reconnue par le grand public.
On espère que le teasing de Nightdive Studio débouchera réellement sur un retour du jeu pour les machines contemporaine, avec, pourquoi pas, un système de Sanity Effects encore plus fou, tirant parti du tout connecté ?

Fiche de perso #40 – Le GameCube a 25 ans !
n1co_m

Après The Thing, Nightdive Studios souhaite proposer des remasters PS3 et X360
Bear

Atari rachète la compagnie Nightdive
La Plume
Fiche de perso #40 – Le GameCube a 25 ans !
Après The Thing, Nightdive Studios souhaite proposer des remasters PS3 et X360