Fiche de perso est une rubrique dans laquelle nous tirons le portrait d’acteurs du jeu vidéo, réels ou fictifs, qui pèsent ou ont pesé sur l’industrie. Aujourd’hui, et à l’occasion des 25 ans du GameCube, on revient sur l’histoire et l’héritage de la petite console violette de Nintendo, souvent décrite comme un « échec », et pourtant si importante pour les joueurs…
C’est le 14 septembre 2001 que sortait le GameCube au Japon. Il faudra attendre presque un an pour que la console arrive en France, le 3 mai 2002, et que débute à la fois la sixième génération chez Nintendo, et le débat très franco-français sur le genre de la console : faut-il dire la GameCube (parce que c’est une console) ou le GameCube (parce que cube, c’est masculin) ? Le débat est tranché par Nintendo, qui, sur son site officiel, utilise un article masculin.
Une petite console pas comme les autres
La console débarque avec l’ambition de faire la différence : Steam Machine avant l’heure, elle promet d’apporter la puissance de la sixième génération (PS2, Dreamcast, Xbox) dans un petit boitier (presque) carré de 15 cm de côté. Une poignée située à l’arrière, et que personne n’a jamais vraiment utilisée, venait souligner l’aspect miniature et transportable de la console, face à une Xbox massive et à une PS2 surnommée « le monolithe ».
Une originalité qui s’exprime aussi à travers sa manette, qui, au-delà des 4 boutons A/B/X/Y à l’asymétrie totale (formes et positions), possède deux protubérances accueillant la croix directionnelles et le second stick analogique, qui finissent de donner un look extra-terrestre au périphérique. Une petite audace qui a payé : la manette reste, 25 ans après sa sortie, très appréciée, notamment pour sa prise en main.
Grace à un tarif agressif permettant de se placer comme la console current gen la moins chère du marché (et qui a rapidement forcé Xbox a baisser drastiquement ses prix !), le démarrage en Europe se passe plutôt bien, commercialement. Cependant, les audaces de Nintendo concerneront aussi le catalogue, ce qui ne sera pas du goût de tout le monde.
Your plumber is in another castle
Le jeu de lancement de la machine, son « system seller », n’est, pour la toute première fois dans l’histoire de Nintendo, pas un jeu Mario : c’est Luigi’s Mansion. Au-delà des qualités ou des défauts du jeu, compter sur un « second couteau » pour le lancement de la machine pouvait envoyer un message contre-productif aux joueurs. De même que la nouvelle licence à laquelle Nintendo donnait naissance à l’occasion de la sortie de la machine, Pikmin, avait beau être géniale (et l’est toujours !), elle restait difficile à marketer.
C’est ce même catalogue qui sera partiellement tenu pour responsable du relatif échec commercial de la machine. Car malgré un démarrage assez solide, les ventes ralentiront rapidement, et le GameCube finira sa carrière en 2007 avec un peu moins de 22 millions d’unités vendues, derrière la Xbox (24,56 millions) et loin derrière la PS2 et ses 160 millions de machines écoulées. Point de comparaison : en à peine plus d’un an, et malgré un démarrage controversé, la Switch 2 s’est déjà écoulée à un plus grand nombre d’exemplaires que le GameCube durant toute sa commercialisation…
Mario finira par arriver, mais avec un épisode discuté : Super Mario Sunshine. De même pour l’épisode GameCube de Zelda, The Wind Waker. Si l’accueil critique est très bon (un joli 96 sur Metacritic), le jeu divise entre autres à cause de sa direction artistique, et se vendra presque deux fois moins que Ocarina of Time.
Succès d’estime, semi-échec, ou les deux ?
Le souvenir du GameCube est probablement doux-amer pour Nintendo, avec beaucoup de déceptions commerciales, mais un héritage important. Metroid, après avoir zappé la Nintendo 64, est revenu au premier plan avec Metroid Prime, et comme Pikmin, c’est sur GameCube qu’Animal Crossing est né !
C’est aussi sur GameCube qu’est apparu le Capcom Five, une série de cinq exclusivités signées Capcom à destination de la console Nintendo, et dont le destin en demi-teinte est à l’image de la console. Finalement, seuls quatre des cinq titres prévus sont effectivement sortis (le jeu annulé s’intitulait Dead Phoenix, un shoot’em up), et un seul est resté exclusif au GameCube : P.N.03, un TPS un peu étrange signé Shinji Mikami qui mêlait tir et jeu de rythme. Les trois autres étaient Resident Evil 4 (un contrat d’exclusivité GameCube devait lier Capcom et Nintendo pour les jeux Resident Evil, mais le contrat fut rompu juste avant la sortie de RE4 ; une « nouvelle trahison » de Capcom pour Nintendo, après le portage de Street Fighter II sur Mega Drive !), Viewtiful Joe, et Killer 7, qui n’est autre que le tout premier jeu de Suda51 à sortir à l’international !
Signe de l’importance de la console dans la culture jeu vidéo : son violet caractéristique, désigné officiellement comme « indigo », est toujours, 25 ans plus tard, immédiatement reconnu comme la nuance GameCube par les joueurs, et peu de machines peuvent se targuer d’être ainsi identifiée uniquement par la couleur !

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