Ce n’est une nouvelle pour personne : le support physique (chez Sony tout du moins) vit ses dernières heures. Alors que le géant japonais redouble d’arguments plus ou moins recevables quant à l’arrêt de la production de Blu-Ray les joueurs, eux, persistent et signent et montrent bel et bien qu’ils portent une attention toute particulière au support disque.
Quand les griffes et la brume donnent tord à Sony
C’est grâce au média The Game Business que nous avons pu mettre les yeux sur une analyse de marché de l’institut Ampere quant aux ventes de jeux vidéo en ce début de fin d’année (!). Les deux cas de figure qui vont nous intéresser sont deux sorties qui étaient attendues au tournant : Marvel’s Wolverine et Silent Hill: Townfall. Sans parler de leur accueil par la presse, les deux titres se sont plutôt bien défendus sur le marché du physique. D’après les statistiques, les ventes physiques de Marvel’s Wolverine représentent 35 % des ventes mondiales totales. Si nous voulons aller encore plus loin, en Europe, les aventures de James Howlett auraient atteint les 51 % de ventes physiques, et en France, ce n’est pas moins de 66 % des ventes qui ont eu lieu en magasin.
Dans le cas de Silent Hill: Townfall nous serions proches des 45 % de ventes de par le monde. Et, pour enfoncer encore un peu plus les portes ouvertes quant à l’importance du maintien du support physique, The Blood of the Dawnwalker et le dernier Onimusha se seraient, respectivement, écoulés à 36 % et 30 % en version physique. Une certaine tendance semble se dessiner en Europe, où le support disque reste une tendance marquée. Même si nous sommes conscients que cet élan est probablement marqué par la précédente annonce de Sony, les joueurs sont attachés au physique, qu’il s’agisse d’une question de possession pure et simple, de collection, de revente ou de prêt.
Il est néanmoins intéressant de souligner les méthodes de vente des supermarchés, qui pratiquent une politique de tarifs agressifs sur les nouveautés, un argument de vente qui peut biaiser les comportements : certains joueurs peuvent se diriger vers les éditions physique en grande distribution uniquement pour des raisons tarifaires, sans lien avec une préférence particulière pour les jeux en boîte.
Les stratégies éditeurs pour pousser les joueurs vers le numérique
À l’inverse des titres précédemment cités, les pontes du genre sportif que sont EA Sports FC et NBA 2K ne se sont écoulés qu’à 7 % et 8 % en physique. La raison ? Les éditeurs de ces jeux en particulier attirent les potentiels joueurs avec des versions numériques promettant des accès anticipés, quelques réserves de monnaies virtuelles et autres bonus en jeu, chose dont la plupart des versions physiques sont privées. Est-ce là les prémices des futures stratégies employées par les éditeurs et les développeurs ? Promettre des denrées virtuelles en quantité si les joueurs mettent un peu plus la main au porte-monnaie et se tournent vers le numérique. Dans le cas de Sony, le public n’aura pas trop le choix. Mais pour ses principaux concurrents ?
Mais nous ne sommes pas dupes : pour Sony, 35 % de ventes au format physique pour Wolverine est très loin d’être un symbole de résistance face au sort prochain du Blu-ray. Ce n’est qu’une minorité de joueurs qui, pour l’éditeur, se tourneront bon gré mal gré vers le numérique en l’absence de choix. Absence de choix qui prive les joueurs d’une quelconque propriété et de la possibilité d’acheter leurs jeux moins chers à la sortie. A contrario, certains éditeurs continuent de proposer leurs jeux en dessous des prix habituels du marché. Récemment, Silent Hill: Townfall était proposé à 49,99 € et Hellraiser: Revival à 39,99 €. Bien que ces jeux soient proposés au même prix en magasin et sur les stores en ligne, une petite tendance se dessine : les joueurs ne sont pas prêts de laisser tomber le support physique.

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