Après un Nacon Connect aux airs d’écran de fumée, les déboires judiciaires se poursuivent pour l’éditeur. Après avoir sacrifié le studio Spiders et laissé en suspens le destin de Cyanide, KT Racing et Nacon Tech, l’éditeur Nacon est en train de laisser couler une autre de ses filiales : Big Bad Wolf. Toujours dans la tourmente, faute d’investisseurs, l’éditeur poursuit sa lente et douloureuse chute. La Nacon Connect n’était-il que le gigantesque arbre dissimulant de nouvelles prises de décision bien tristes pour l’industrie ?
Un énième studio sacrifié
L’information est rapportée par le média français Origami, le même qui avait déjà dévoilé au public le funeste destin de Spiders le mois dernier. Big Bad Wolf, l’antenne bordelaise du studio Cyanide, serait donc la prochaine à faire les frais du redressement judiciaire de Nacon. La filiale de Cyanide faisait partie des achats faits à la volée par Nacon pour récupérer les parts de marché de Focus, ancien éditeur de Cyanide. Opération plutôt risquée qui se solde aujourd’hui par une bérézina, malheureusement trop rare dans l’industrie actuelle.
Est-ce que la décision de fermer les portes de Big Bad Wolf a été mûrement réfléchie ? Ou est-ce à cause des retours plutôt tièdes entourant leur dernier jeu ? En effet, Cthulhu: The Cosmic Abyss n’a pas réellement emballé la critique et les joueurs. Avec un score Metacritic de 67 et moins de 5 000 copies vendues en à peine 3 semaines, les aventures de Noah face aux grands anciens est probablement le clou qui a amorcé la fermeture du cercueil de Big Bad Wolf. Ou est-ce le faible nombre de jeu développé (The Council et Vampire: The Masquerade – Swansong) et les retours bons sans être dithyrambiques qui ont accélérer la décision de Nacon ?
Un studio aussi « peu » productif que celui de Bordeaux ne représente pas une source de revenu suffisamment importante et Cthulhu était le dernier pion à jouer pour Big Bad Wolf, son éditeur a vite redistribué les cartes.
La stratégie Nacon synonyme de roublardise ?
C’est presque en parallèle de la Nacon Connect ayant eu lieu le 7 mai dernier que plusieurs annonces et déclarations viennent pointer du doigt la gestion plus que laborieuse d’Alain Falc, le directeur général de Bigben Interactive (maison mère de Nacon). Le destin de Big Bad Wolf était déjà presque tout tracé et la réunion organisée par le CSE de l’entreprise devant annoncer les licenciements, normalement prévue pour le 6 mai, a été repoussée de 10 jours, sûrement pour éviter de faire de l’ombre à la Nacon Connect. C’est dans ce contexte de constante interrogation que le STJV a pris la parole en accusant Nacon de ne pas trop savoir quoi faire avec ses équipes et son argent :
« C’est malheureusement la suite logique du vide stratégique de Nacon, et de la politique financière choisie par sa direction depuis plusieurs années, qui consiste à être en permanence au bord de la banqueroute. En investissant massivement dans le jeu vidéo à coup de rachats de studios, Nacon et sa direction ont cherché à faire de l’argent facile, sans stratégie sur le long terme pour ces studios, leurs projets et leurs équipes […] »
Les mots sont durs mais pas forcément éloignés de la vérité. Nacon continue de tromper son monde en dévoilant l’existence de plusieurs jeux ayant l’air tout à fait sympathiques, comme pour cacher ce qui se trame en arrière-plan. L’éditeur et ses filiales sont dans le rouge, et des décisions toutes plus inhumaines et incompréhensibles les unes que les autres sont prises chaque jour. Mais comme l’a justement souligné le STJV, c’est en partie la marque de fabrique de Nacon, acquérir des talents et des marques sans quoi savoir en faire pour, en fin de compte, déclarer forfait.
Espérons que les studios de développement mis en lumière lors de la Nacon Connect ne connaissent pas le même destin que Spiders et Big Bad Wolf. L’industrie du jeu vidéo connaît en ce moment même des heures sombres et il en va aux studios d’accorder plus de confiance à leurs talents. Le motif pécunier est encore et toujours une mesure importante à prendre en compte mais ce qui manque cruellement aujourd’hui à cette industrie, c’est l’originalité et les prises de risques récompensées.

Faute d’investisseurs, le studio Spiders (GreedFall, Steelrising) va fermer ses portes
Bear

Après Nacon, Spiders (GreedFall) et Cyanide (Styx) en redressement judiciaire
n1co_m

Ubisoft poursuit sa restructuration sauvage et ferme les portes d’Ubisoft Halifax
Bear