Suite aux difficultés financières rencontrées par le géant BigBen Interactive, la filiale autonome Nacon, elle-même placée en redressement judiciaire, avait tenté un dernier coup de poker en essayant de trouver repreneurs pour certains de ses studios de développement. Et aujourd’hui, nous apprenons que les négociations n’ont pas abouti pour l’un d’entre eux : Spiders. Le studio français fondé en 2008 n’ayant pas trouvé repreneur, Nacon doit donc procéder à la liquidation des activités et au licenciement du personnel.
Nacon dans la tourmente
Depuis le début de ses déboires financiers et judiciaires fin février 2026, l’éditeur Nacon avait malheureusement entraîné avec lui certaines de ses filiales : Cyanide, KT Racing, Spiders et Nacon Tech. Suite à un prêt refusé pour tenter de rembourser la dette, Nacon, a donc décidé de céder deux des quatre filiales en difficultés et le sort a choisi Spiders et Nacon Tech. L’éditeur avait jusqu’à la mi-avril pour trouver repreneur, et sans nouvelles d’un potentiel investisseur, le tribunal a tranché pour une liquidation judiciaire pure et simple devant prendre effet dans les quinze jours.
Cette bien mauvaise nouvelle entraîne avec elle la perte d’emploi des 70 employés du studio qui, conscients de la situation actuelle, avaient déjà commencé à mettre à jour leur CV. Qu’est-ce qui a bien pu démotiver les investisseurs à se lancer dans l’aventure Spiders ? Le studio français vieux de 18 ans avait de nombreuses cordes à son arc avec des propositions plus qu’intéressantes comme Le Testament de Sherlock Holmes, mais surtout Steelrising et GreedFall. Est-ce à cause des retours concernant GreedFall 2 ? Ou tout simplement dû à la situation actuelle plus que chaotique du marché du jeu vidéo ?
Des propositions à l’opposé des souhaits des joueurs ?
C’est un fait, GreedFall 2: The Dying World n’a pas su toucher le cœur des joueurs. Avec une moyenne metacritic de 65 et environ 19 000 copies vendues, le jeu ne fut pas le succès escompté. De plus, le développement de cette suite avait connu un grand nombre de rebondissements et de changements de direction notamment suite à des retours compliqués lors de son accès anticipé. Repoussé de presque deux ans, GreedFall 2 est donc sorti dans une certaine indifférence. Même constat pour le bon Steelrising qui s’est écoulé à 200 000 exemplaires, loin encore une fois des attentes du studio.
Avec ces succès manqués et problèmes en interne, il y a fort à parier que les différents investisseurs aient claqué des dents avant de mettre le doigt dans l’engrenage. Le développement de jeux AA est complexe, et beaucoup de studios se lançant dans cette aventure n’ont pas forcément les mêmes filets que leurs confrères planchant sur des AAA. Une erreur de développement, comme celle de Spiders sur GreedFall 2, a dû beaucoup peser dans la balance.
Nacon est également en partie responsable du sort de Spiders. En ayant procédé à un regroupement de trésorerie sauvage des quatre filiales en danger, l’éditeur a fait le choix d’une solution commune sans être sûr de la finalité. En suivant la logique de cette décision, l’avenir des autres filiales concernées par le redressement judiciaire est également bien sombre. Cyanide, par exemple, qui vient de proposer la suite de Styx, peine à vendre son jeu et les investisseurs ne mettront probablement pas la main au portefeuille aux vues de sa situation.
Une nouvelle page bien terne se tourne sur l’industrie du jeu vidéo français. Les mauvaises décisions des actionnaires transforment de plus en plus la sphère en désert où la moindre proposition un tant soit peu originale se retrouve vite balayée pour faire plaisir à ce qui fera de l’œil à la presse ou aux actionnaires, mais nettement moins aux joueurs à la recherche de jeux faits avec le cœur.

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broccomilie

Après Nacon, Spiders (GreedFall) et Cyanide (Styx) en redressement judiciaire
n1co_m

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Drakyng